‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 3)Chapitre 570 sur 609 · ORDONNANCE · texte numérisé non relu

ORDONNANCE

Pour réprimer des abus qui s'étaient introduits à l'occa' sion de la fête du monastère de Cerfroid.

Jacques-Bémgne, par la permission divine, évêque de Meaux, conseiller du Roi en ses conseils, ci-devant précepteur de monseigneur le Dauphin, premier aumônier de madame la Daupliine, à tous les fidèles que le Saint-Esprit a soumis à notre conduite, salut en Notre Seigneur. Il nous a été représenté parles prieurs et religieux de la maison et couvent de Cerfroid , chef de l'ordre de la très-sainte Trinité et Rédemption des captifs, que le jour el fête de la très-sainte Trinité il se tenait une espèce de marché devant la porte de cette maison, où , iien loin de solenniser cette fête , on commet mille impiétés, on exerce un honteux commerce, on prend des rendez-vous scandaleux, on fait des danses dangereuses; et que par de fréquentes ivrogneries il s'y excite des tumultes et des batteries qui blessent les consciences, scandalisent le peuple, et troublent le service divin : requerraient lesdits prieur et religieux qu'il nous plût confirmer l'Ordonnance que nous avions faite l'année précédente pour obvier à ces désordres, de peur qu'un si grand mal, qui n'est pas encore déraciné, ne se renouvelle, si nous ne continuons à le réprimer. Nous, à qui il est enjoint d'en-haul de nous opposer d'autant plus à l'iniquité qu'elle est plus publique et plus scandaleuse, désirant empêcher la perdition des âmes, dont Dieu nous demandera un compte si rigoureux, déclarons de nouveau à tous ceux qui vendent ou qui achètent à ce marché , y portent et débitent leurs marchandises, à leurs adhérents et fauteurs, qu'ils pèchent mortellement en profanant le dimanche, jour que Dieu a sanctifié, et encore un dimanche aussi saint que celui où l'on honore la Trinité adorable i]ui est le mystère de l'incompréhensible hauteur de Dieu, et le fondement de la foi des chrétiens : défendons à tous les fidèles par l'autorité du Saint-Esprit, de fréquenter ce marché, y vendre et acheter, y porter et débiter leurs marchandises sous peine de la damnation éternelle : faisons pareille déclaration et défense à tous taverniers et vendant vin; leur dénonçant qu'ils sont d'autant plus coupables, qu'ils ajoutent au crime de la profanation d'un si saint jour, celui de participer aux ivrogneries qui s'y commettent, et-aux crimes qui s'en ensuivent : dénonçons pareillement à tous ceux qui profanent ce jour sacré par leurs impuretés, leurs danses scandaleuses, leurs ivrogneries, leurs querelles et leurs blasphèmes, el qui, en quelque manière que ce soit, troublent le service divin et les prières des fidèles, que leur crime est d'autant plus énorme, qu'ils choisissent pour le commettre un jour si célèbre. Permettons auxdits religieux d'avoir recours aux seigneurs et juges des lieux pour empêcher de tels excès : Exhortons lesdits seigneui^s et juges à signaler leur piété en cette occasion, et à faire le devoir de leur charge; leur dénonçant, au nom de Noire Seigneur, que conformément aux lois divines el humaines, même aux ordonnances des rois dont ils sont les exécuteurs, ils sont obligés en conscience d'empêcher de tels excès, à peine de s'en rendre coupables, el d'en rendre compte au sé\ère jugement de Dieu. Enjoignons aux curés du voisinage, qui en seront requis par lesdits prieur et religieux, de publier le présent Mandement les dimanches

PIÈCES CONCERNANT L'ABBAYE DE JOUARRE

Précédant la fête de la très-sainle Trinité, et de faire entendre au peuple par do graves remontrances , que rion no provoque tant la juste colère de Dieu, que quand on emploie à l'olFenser, les jours (fu'il a établis pour sancti-

fier son saint nom, et détourner ses vengeances. Donné àGermigny, le vingt-neuvième de mai mdclxxxv. -[- J. BÉNIGNE, év. de Meaux. Par mondit saiijncur, Rover.

PIÈGES CONCERNANT L'ÉTAT DE L'ABBAYE DE JOUARRE

POUR MESSIRE JACQUES -BÉNIGNE BOSSDET, ÉVÈQUE DE MEAUX, CONTRE liÉVÉIiENDE DAME IIENJUETTE DE LORRAINE, ADRESSE DE JOUARRE.

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