PROPRIÉTÉS DES TERMES
I. Les termes signifient immédiatement les idées et médiatement les choses mêmes.
II. Le terme naturellement est séparable de l'idée; mais l'habitude fait qu'on ne les sépare presque jamais.
III. La liaison des termes avec les idées fait qu'on ne les considère que comme un seul tout dans le discours; l'idée est considérée comme l'âme, et le terme comme le corps.
IV. Les termes dans le discours sont supposés pour les choses mêmes ; et ce qu'on dit des termes, on le dit des choses.
V. Le terme négatif présuppose toujours quelque chose de positif dans l'idée : car toute idée est positive. Le mot d'ingrat présuppose qu'on n'a point de reconnaissance , et qu'il y a un bienfait oublié ou méconnu. Le mot d'incurable présuppose un empêchement invincible à la santé.
VI. Les termes précis ou abstraits s'excluent l'un l'autre. L'humanité n'est pas la science ; la santé n'est pas la géométrie.
VIL Les termes concrets peuvent convenir et s'assurer l'un de l'autre ; l'homme peut être savant ; celui qui est sain peut être géomètre.
VIII. Tout terme universel s'énonce univoquement de son inférieur.
IX. Les termes génériques et spécifiques s'énoncent substantivement. On dit : l'homme est animal, Pierre est homme.
X. Les termes qui signifient les différences, les propriétés et les accidents, s'énoncent adjectivement. On dit : l'homme est raisonnable; il est capable de discourir; il est savant et vertueux.