Pag. 29S. — 2. //. Tim., m
UH LA TRADITION <)U UE LA l'AKOLI'; NON ELlUITE.
choses : il parlo plus fortenienl; et comme on dit en gonoral, ([uo tout homme est capable de raisonner, il dit , en descendant au particulier, que toute Ecriture divinement inspin'e est utile à tous ces elTets. Mais ces paroles ainsi proposées détruisent trop évidemment les prétentions des ministres; car on ne peut soutenir que chaque livre de l'Ecrilure renferme cette plénitude. Il a donc fallu nécessairement qu'ils atTaiblissent le sens de l'Apôtre; et ils ont dissimulé la louange qu'il a donnée effectivement à chaque livre particulier de l'Ecriture; parce qu'ils voulaient attribuer à l'Ecrilure en général, une suffisance absolue, dont saint Paul ne parle en aucune sorte.
Pour nous , nous nous renfermons dans les termes de saint Paul, et admirant l'exactitude précise avec laquelle il s'explique, nous reconnaissons avec lui, non-seulement que toute l'Ecriture en général, mais encore que chaque partie de l'Ecriture inspirée de Dieu , est propre ii tous les effets que cet apôtre rapporte. Car nous adorons dans chaque partie de cette Ecriture, une profondeur de sagesse, une étendue de lumière, un suite de vérités si bien soutenue, qu'une partie servant à éclaircir l'autre, chaque partie concourt à conduire l'homme de Dieu à sa perfection. Que nos frères ne pensent donc pas que nous voulions diminuer la force, ou déroger à la perfection de l'Ecriture divine. Nous croyons que non-seulement tout le corps de cette Ecriture, mais encore que chaque parole sortie de la bouche du Fils de Dieu qui nous y est rapportée, et chaque sentence écrite par les apôtres et par les prophètes, est propre à nous porter à toute vertu, et à disposer notre cœur à recevoir toute vérité. Ceux qui adorent en cette forme toutes les parties de l'Ecriture, voudraient-ils rabaisser l'idée de la perfection du tout? Aussi employons-nous l'Ecriture sainte à toute bonne œuvre, selon ce que dit l'Apôtre dans le passage que nous traitons. Nous employons l'Ecriture, à établir les principes essentiels et de la .'ai et des mneurs, et nous croyons qu'elle en comprend tous les fondements. Si l'anliquilé chrétienne nous apporte quelque doctrine dont l'Ecriture se taise , ou dont elle ne parle pas assez clairement, c'est l'Ecriture elle-même qui nous apprend à la respecter et à la recevoir des mains de l'Eglise. L'anonyme dit', que « messieurs de l'Eglise romaine sont si peu » fermes sur leurs principes de la Tradition, ou du » moins qu'ils reconnaissent si bien que la Tradi- » tion ne peut aller de pair avec l'Ecriture, que » lorsqu'on les presse touchant les Traditions par- » ticulières, il n'y en a presque pas une seule qu'ils » ne trichent d'appuyer de l'autorité de l'Ecriture. » Quelle pernicieuse conséquence t et comment un homme sincère a-t-il pu dire que nous affaiblissions ou l'Ecrilure ou la Tradition séparément prises, en montrant qu'elles se défendent l'une l'autre? Mais du moins ne peut-il nier, puisqu'il parle ainsi, que nous ne reconnaissions combien l'Ecriture est propre à tout bien. En effet, nous soutenons que nonseulement les traditions en général, mais encore les traditions i|uo nous enseignons en particulier, ont des fondements si certains sur l'Ecriture, et des rapports si nécessaires avec elle, ([u'on ne peut les détruire ni les attaquer, sans faire une violence