‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 229 sur 545 · Voyez à la fin de ce livre vi. — 2. Inslr., n · texte numérisé non relu

Voyez à la fin de ce livre vi. — 2. Inslr., n

de la bonne chère qu'on faisait dans les assemblées de l'Empire où il était oliligé de se trouver'. Y mener une femme de la qualité de la sienne, c'était un trop grand embarras. Quand ses prédicateurs lui remontraient qu'il devait punir les adultères el les autres crimes semblables : « Comment, disait-il, » i)unir les crimes où je suis plongé moi-même? » Lorsque je m'expose à la guerre pour la cause de » l'Evangile , je pense que j'irais au diable si j'y » étais tué par quelque coup d'épée ou de mous- » quel-. Je vois qu'avec la femme que j'ai, ni je » NE PUIS, NI JE NE VEUX Changer de vie, dont je » PRENDS Dieu a témoin; do sorte que je ne trouve » aucun moyen d'en sortir que par les remèdes que » Dieu a permis à l'ancien peuple', » c'était-à-dire la polygamie.

IV. Suite de l'instruction. Le landgrave promet à Luther les biens des monastères, si on favorise son dessein. — Là il rapporte les raisons qui lui persuadent qu'elle n'est pas défendue sous l'Evangile^; cl ce qu'il y a de plus mémorable, c'est qu'il dit « savoir que Luther et Mélanchton ont conseillé » au roi d'Angleterre de ne point rompre son raa- » riage avec la reine sa femme , mais avec elle d'en » épouser encore une aulre^. » C'est là encore un secret que nous ignorions. Mais un prince si bien instruit dit qu'il le sait, et il ajoute qu'on lui doit d'autant plutôt accorder ce remède , qu'il ne le demande que ;:)OMr le salut de son âme. « Je ne veux » pas, poursuit-il, demeurer plus longtemps dans » les lacets du démon, je ne puis, ni ne veux m'en » tirer que par cette voie : c'est pourquoi je demande » à Luther, à Mélanchton et à Bucer même , qu'ils » me donnent un témoignage que je la puis em- » brasser*. Que s'ils craignent que ce témoignage » ne tourne à scandale en ce temps, el ne nuise aux » alTaires de l'Evangile, s'il était imprimé, je sou- » haite tout au moins qu'ils me donnent une décla- » ration par écrit, que si je me mariais secrètement, » Dieu n'y serait point offensé, et qu'ils cherchent » les moyens de rendre avec le temps, ce mariage » public; en sorte que la femme que j'épouserai ne I) passe pas pour une personne malhonnête; aulre-

! » ment, dans la suite du temps, l'Eglise en serait

j » scandalisée'. »

Après il les assure « qu'il ne faut pas craindre » que ce second mariage l'oblige à maltraiter sa » première femme , ou même de se retirer de sa » compagnie; puisqu'au contraire il veut en cette » occasion porter sa croix , el laisser ses Etats à » leurs communs enfants. Qu'ils m'accordent donc. » continue ce prince, au nom de Dieu, ce que je » leur demande, afin que je puisse plus gaiement » vivre et mourir pour la cause de l'Evangile el en » entreprendre plus volontiers la défense; et je ferai » de mon côté loul ce qu'ils m'ordonneront selon » la raison, soit(iu'ils me demandent les biens des » iMONA.sTÈuES , ou d'autres choses semblables*'. »

V. Continuation. Le landgrave se propose d'avoir recours à l'empereur, et même au Pape, si on le refuse. — On voit comme il insinue adroitement les raisons dont il savait, lui qui les connaissait si intimement, qu'ils pouvaient être touchés; et

I. Insu-., n. 3. — 2. Idem, n. 5. — 3. Ibid., n. 6. — 4. Ihid., n. (i el si'i. — 5. Ibid.. n. 10. — 0. Ibid., n. II. — 7. Ibid., n. 12. —S. Ibid., n. 13.

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