liép., p. 7. — 2. Pau. 783. — 3. Réi,., p
Quand noire auteur compare ces expressions à celles de cette proposition : Un de la Trinité est mort, il ne songe pas que ce qui souleva d'abord quehiucs esprits contre celte proposition, c'est qu'elle parut nouvelle dans sa forme ; mais que les pro])ositions dont il s'agit : Un Dieu est né, un Dieu est mort, ont toujours été en ces mêmes mots, dans la bouche de tous les fidèles, comme l'unique fondement de leur espérance, et qu'on n'en a non plus été surjjris que de celle-ci : Un Dieu est homme, sans laquelle il n'y a point de christianisme.
Voilà donc non-seulement dans la Bibliothèque de l'auteur, mais dans ses dernières réponses, de nouvelles matières de censures, et ses défenses sont des erreurs. Mais après tout et dans le fond, il donne le change : ce qu'il veut maintenant avoir dit , c'est que quelques catholiques ont rejeté cespropositions : ce qu'il a dit en eflel dans son Histoire du concile d'Ephèse , c'est qu'elles sont excessives , et qu'on ne les a pas suivies depuis. Ces deux choses n'ont rien de commun entre elles, sinon qu'elles sonl mauvaises et insoutenables toutes deux, mais la dernière beaucoup plus, puisqu'elle est formellement hérétique.
Et pour montrer que notre auteur ne s'en peut laver, songeons seulement au dessein qu'il s'était proposé. Il entreprenait de faire voir la cause des différends entre les Orientaux et les Egyptiens : et il la fait consister en ce que les Orientaux ne comprenaient pas « comment on pou- » vait attribuer à Dieu les qualités de la nature » humaine, et qu'au contraire les Egyptiens pous- » saient cette communication d'idiomes à des excès » qu'on n'a pas suivis depuis. » C'est ce qu'il avait à expliquer; et pour le faire, il ajoute : « Nestorius » rejetait ces expressions, un Dieu est né, il est » MORT : les évèques d'Orient avaient aussi quelque » peine à les admettre, et ils voulaient qu'on y » ajoutât quelques modifications. Saint Cyrille et » les Egyptiens s'en servaient en toutes sortes d'oc- » casions : ils ne faisaient point de difficulté de » dire, l'Immortel est mort, un Dieu est crucifié. » C'étaient donc là ces excès des Egyptiens qu'il nous voulait expliquer, et que la postérité n'a pas suivis. Ces excès étaient de dire en toutes sortes d'occasions, UN Dieu est né, un Dieu est mort' : il ne le fallait pas dire si souvent, pour épargner les oreilles des amis de Nestorius : saint Cyrille et les Egyptiens y devaient trouver la même difficulté qu'y trouvaient les Orientaux. C'est à quoi tendent tous les discours de M. Dupin. Encore à présent et dans sa Réponse au Mémoire, il ne sait presque quel parti ijrendre sur ces propositions , quoiqu'elles soient aussi certaines que celles-ci : Un Dieu est homme : elles peuvent être vraies, il ne les condamne pas absolument : quelques calholiques les ont rejetées : chacun avait ses raisons : ce sont là des questions de subtilité, sur lesquelles on ne s'entend pas, tant la matière est abstraite. C'est le langage que les sociniens tâchent do mettre à la mode , quand ils parlent des grands mystères qui font l'objet de notre foi. M. Dupin n'est pas de leur sentiment, je le crois; mais c'est toujours trop à un catholique et à un docteur d'en avoir pris une si forte teinture.
DES CONCILES D'ÉPHÈSE ET DE GHALCÈDOINE
C'est encore un manifeste afTaiblissement de la saine doctrine, que de ranger, comme il a fait', ces propositions : Un Dieu est ne', un Dieu est mort, parmi celles que l'usage de l'Eglise a introduites-. Car c'est avoir oublié que l'Eglise même a démontré aux nestoriens, par la bouche de saint Cyrille et de ses autres docteurs, que ces propositions, qu'on prétend introduites par l'usage, sont de l'Ecriture, et formellement les mêmes que celle-ci de saint Paul : Celui qui est sorti des Juifs selon la chair, est Dieu béni au-dessus de tout^, et que celle-ci du même apôtre : Celui qui était en la forme de Dieu et égal à Dieu, a été obéissant jusqu'à la mort\ et que celle-ci encore du même saint Paul : Dieu manifesté en chair ^, qui constamment était dès lors dans le texte grec , et cent autres de cette force , pour ne point parler de celle-ci de saint Jean : Le Verbe est Dieu, et ce même Verbe, qui est Dieu, a été fait homme'^.