‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 320 sur 545 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

Histoire abréoée des Albijieois, dos Vaudois, des VicléUstes et des Hussites.

Sommaire. — Histoire abrégée des Albigeois et des Vaudois. Que ce sont deux sectes Irés-dilîérenles. Les Albigeois sont de parfaits .Manichéens. Leur origine est expliquée. Les Pauliciens, branche des Manichéens en Arménie, d'où ils passent dans la Bulgarie, de là en Italie et en Allemagne où ils ont été appelés Cathares, et en France où ils ont pris le nom d'Albigeois. Leurs prodigieuses erreurs et leur hypocrisie sont découvertes par tous les auteurs du temps. Les illusions des protestants qui tâchent de les excuser. Témoignage de saint Bernard , qu'on accuse mal à propos de crédulité. Origine des Vaudois. Les ministres les font en vain disciples de Bérenger. Ils ont cru la transsubstantiation. Les sept sacrements reconnus parmi eux. La confession et l'absolution sacramentale. Leur erreur est une espèce de donatisme. Us font dépendre les sacrements de la sainteté de leurs ministres, et en attribuent l'administration aux laïques gens de bien. Origine de la secte appelée des Frères de Bohème. Qu'ils ne sont point Vaudois, et qu'ils méprisent cette origine. Qu'ils ne sont point disciples de Jean Hus, quoiqu'ils s'en vantent. Leurs députés envoyés par tout le monde p lur y chercher des chrétiens de leur croyance, sans en pouvoir trouver. Doctrine impie de Wiclef. Jean Hus qui se glorifie d'être son disciple, l'abandonne sur le point de l'Eucharistie. Les disciples de Jean Hus divisés en Taboriles et en Calixlins. Confusion de toutes ces sectes. Les protestants n'en peuvent tirer aucun avantage pour établir leur mission, et la succession de leur doctrine. Accord des luthériens , des bohémiens et des zwingliens dans la Pologne. Les divisions et les réconciliations des sectaires font également contre eux.

I. Quelle est la siiccession des protestants. — Ce qu'ont entrepris nos rcrorinés, pour se donner des prédécesseurs dans tous les siècles passes, est inouï. Encore qu'au quatrième siècle le plus éclairé de tous, il ne se soit trouvé qu'un seul Vigilance qui se soit opposé aux honneurs des sainls et au culte de leurs reliques, il est considéré par les protestants cornmc celui qui a conservé le dépôt, c'est-à-dire , la succession de la doctrine apostolique; et il est préféré à saint Jérôme, qui a pour lui toute l'Eglise. Aèrius par cette raison, devait aussi être regardé comme le seul que Dieu éclairait dans le môme siècle, puisque seul il rejetait le sacritice qu'on offrait partout ailleurs, et en Orient comme en Occident, pour le soulagement des morts. Par malheur il était arien; et on a eu honte de compter parmi les témoins de la vérité un homme qui niait la divinité du Fils de Dieu. Mais je m'étonne qu'on n'ait point passé par-dessus celte considération. Claude de Turin était arien et disciple de Félix d'L'rgel', c'est-à-dire, nestorien de plus. Mais parce qu'il a brisé les images, il est compté parmi les prédécesseurs des protestants. Les autres iconoclastes ont eu beau aussi bien que lui oulrer la matière , jusqu'à dire que la peinture et la sculpture étaient des arts défendus de Dieu : c'est assez qu'ils aient accusé le reste de l'Eglise d'idolâtrie, pour mériter un rang honorable parmi les témoins de la vérité. Bérenger n'alta(]ua jamais que la présence réelle , et laissa tout le reste en son entier : mais c'est assez qu'il ait rejeté un seul dogme pour en faire un calviniste, et le compter jiarmi les docteurs de la vraie Eglise. Wiclcf y tiendra sa place, malgré les impiétés que nous ver-

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