‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 339 sur 545 · LIVRE XL — HISTOIRE DES ALBIGEOIS, DES VAUDOIS, ETC · texte numérisé non relu

LIVRE XL — HISTOIRE DES ALBIGEOIS, DES VAUDOIS, ETC

sans démentir eux-mêmes leur propre doctrine.

ex. La Confession. — Voilà donc déjci trois sacrements dont les Vaudois approuvaient le fond , le Baptême, la Confirmation et l'Extrème-Onction. Nous avons tout le sacrement de Pénitence dans leur confession secrète, dans les pénitences imposées, dans l'absolution reçue pour avoir la rémission des péchés ; et s'ils disaient que la confession de bouche n'était pas toujours nécessaire lorsqu'on avait la contrition dans le cœur, ils disaient vrai au fond et en certains cas; encore que très-souvent, comme on a pu voir, ils abusassent de cette maxime en différant trop longtemps de se confesser.

CXI. L'Eucharistie. — Il y avait une secte qu'on appelait des Siscidenses, « qui ne différait presque » en rien d'avec les Vaudois; si ce n'est, dit Renier, » qu'ils reçoivent l'Eucharistie. » Ce n'est pas qu'il veuille dire que les Vaudois ou les pauvres de Lyon ne la reçussent pas, puisqu'au contraire il fait voir qu'ils y reçoivent jusqu'à la transsubstantiation. Il veut donc dire seulement qu'ils avaient une extrême répugnance à recevoir ce sacrement des mains de nos prêtres, et que ces autres en faisaient moins de difficulté, ou peut-être point du tout.

CXII. Le Mariage. Si Renier a calomnié les Vaudois. — Les protestants accusent Renier de calomnier les Vaudois, en leur reprochant qu'Jis condamnent le mariage : mais ces auteurs tronquent le passage , et le voici tout entier : « Ils condamnent » le sacrement de Mariage, en disant que les mariés » pèchent mortellement lorsqu'ils usent du mariage » pour une autre fin que pour avoir des enfants'; » par où Renier fait voir seulement l'erreur de ces superbes hérétiques, qui, pour se montrer au-dessus de l'infirmité humaine, ne voulaient pas reconnaître la seconde fln du mariage, c'est-à-dire celle de servir de remède à la concupiscence. C'est donc à cet égard seulement qu'il accuse ces hérétiques de condamner le mariage, c'est-à-dire d'en condamner cette partie nécessaire, et d'avoir fait un péché mortel de ce que la grâce d'un état si saint rendait pardonnable.

CXIII. Démonstration que les catholiques n'ont ni ignoré ni dissimulé la doctrine des Vaudois. — On voit maintenant quelle a été la doctrine des Vaudois ou des pauvres de Lyon. On ne peut accuser les catholiques ni de l'avoir ignorée, puisqu'ils étaient parmi eux, et tous les jours en recevaient les abjurations; ni d'en avoir négligé la connaissance , puisqu'au contraire ils s'appliquaient avec tant de soin à en rapporter jusqu'aux minuties; ni entln de les avoir calomniés, puisqu'on les a vus si soigneux, non-seulement de distinguer les Vaudois d'avec les cathares et les autres manichéens , mais encore de nous apprendre tous les correctifs que quelques-uns d'entre eux apportaient aux excès des aiilres; et enlin de nous raconter avec tant de sincérité ce qu'il y avait de louable dans leurs mœurs , qu'encore aujourd'hui leurs partisans en tirent avantage : car nous avons vu qu'on n'a pas dissimulé les spécieux commencements de Valdo, ni la première simplicité de ses sectateurs. Renier, qui les blâme tant, ne feint pas de dire, « qu'ils vivaient » justement devant les hommes; qu'ils croyaient de

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