Cunlin. Sess. x.w, decr. de Induhj
DE L'EGLISE CATIioLIQUE.
charilé, mais loulefois redevables encore des peines que la justice divine a réservées, les souffrent eu l'autre vie. C'est ce qui a obligé toute l'antiquité chrétienne à olTrir des prières , des aumônes et des sacrifices pour les fidèles qui sont décédés en la pais et en la communion de l'Eglise, avec une foi certaine qu'ils peuvent être aidés par ces moyens. C'est ce que le concile de Trente nous propose à croire touchant les âmes détenues dans le purgatoire', sans déterminer en quoi consistent leurs peines, ni beaucoup d'autres choses semblables, sur lesquelles ce saint concile demande une grande retenue , blâmant ceux qui débitent ce qui est incertain et suspect.
Telle est la sainte et innocente doctrine de l'Eglise catholique touchant les satisfactions , dont on a voulu lui faire un si grand crime. Si , après cette explication , messieurs de la religion prétendue réformée nous objectent que nous faisons tort à à la satisfaction do Jésus-Christ, il faudra qu'ils aient oublié que nous leur avons dit, que le Sauveur a payé le prix entier de notre rachat; que rien ne manque à ce prix, puisqu'il est infini; et que ces réserves de peines , dont nous avons parlé, ne proviennent d'aucun dél'aut de ce paiement, mais d'un certain ordre qu'il a établi pour nous retenir par de justes appréhensions et par une discipline salutaire.
Que s'ils nous opposent encore que nous croyons pouvoir satisfaire par nous-mêmes à quelque partie de la peine qui est due à nos péchés, nous pourrons dire avec confiance que le contraire paraît par les maximes que nous avons établies. Elles font voir clairement que tout notre salut n'est qu'une œuvre de miséricorde et de grâce; que ce que nous faisons par la grâce de Dieu n'est pas moins à lui que ce qu'il fait tout seul par sa volonté absolue; et qu'enfin ce que nous lui donnons ne lui appartient pas moins que ce qu'il nous donne. A quoi il faut ajouter que ce que nous appelons satisfaction , après toute l'Eglise ancienne, n'est, après tout, qu'une application de la satisfaction de Jésus-Christ.
Cette même considération doit apaiser ceux qui s'offensent, quand nous disons que Dieu a tellement agréable la charité fraternelle , et la communion de ses saints , que souvent même il reçoit les satisfactions que nous lui olïrons les uns pour les autres. Il semble que ces messieurs ne conçoivent pas combien tout ce que nous sommes est à Dieu: ni combien tous les égards que sa bonté lui fait avoir pour les fidèles, qui sont les membres de Jésus-Christ, se rapportent nécessairement à ce divin Chef. Mais certes , ceux qui ont lu et qui ont considéré que Dieu même inspire à ses serviteurs le désir de s'aflliger dans le jeune, dans le sac et dans la cendre, non-seulement pour leurs péchés, mais pour les péchés de tout le peuple, ne s'étonneront pas si nous disons, que, touché du plaisir qu'il a de gratifier ses amis , il accepte miséricordieusement l'humble sacrifice de leurs mortifications volontaires, en diminution des châtiments qu'il préparait à son peuple : ce qui montre que, satisfait par les uns, il veut bien s'adoucir envers les autres, honorant par ce moyen son Fils Jésus-Christ dans la communion de ses membres, et dans la sainte société de son corps mystique.