Philip. 11, 12. — 2. Idem
lème : mais nous croyons qu'il se sert de la seconde dans la rémission qu'il accorde aux baptisés qui retombent dans le péché , y étant forcé en quelque manière par l'ingratitude de ceux qui ont abusé de ses premiers dons; de sorte C|u'ils ont à soull'rir quelque jieine temporelle , bien que la peine éternelle leur soit remise.
Il ne faut pas conclure de là que Jésus-Christ n'ait pas entièrement satisfait pour nous ; mais au contraire, qu'ayant acquis sur nous un droit absolu, par le prix inlini qu'il a donné |)our notre salut , il nous accorde le pardon, à telle condition, sous telle loi, et avec telle réserve qu'il lui jdait.
Nous serions injurieux et ingrats envers le Sauveur, si nous osions lui disputer l'infinité de son mérite, sous prétexte qu'en nous pardonnant le péché d'Adam , il ne nous décharge pas en môme temps de toutes ses suites, nous laissant encore assujétis à la mort et à tant d'infirmités corporelles et spirituelles que ce péché nous a causées. Il suflit que Jésus-Christ ait payé une fois le prix par lequel nous serons un jour entièrement délivrés de tous les maux qui nous accablent; c'est à i)ous à recevoir avec humilité et avec actions de grâces chaque partie de son bienfait, en considérant le progrès avec lequel il lui plait d'avancer notre délivrance, selon l'ordre que sa sagesse a établi pour notre bien , et pour une plus claire manifestation de sa bonté et de sa justice.
Par une semblable raison , nous ne devons pas trouver étrange si celui qui nous a montré une si grande facilité dans le lîaptôme , se rend plus difficile envers nous, après que nous en avons violé les saintes promesses. Il est juste , et môme il est salutaire pour nous, que Dieu, en nous remettant le péché avec la peine éternelle que nous avions méritée, exige de nous quelque peine temporelle, pour nous retenir dans le devoir; de peur que, sortant trop promptement des liens de la justice, nous ne nous abandonnions à une téméraire confiance, abusant de la facilité du pardon.
C'est donc pour satisfaire à cette obligation que nous sommes assujétis à quelques œuvres pénibles, que nous devons accomplir en esprit d'humilité et de pénitence; et c'est la nécessité de ces œuvres satisfactoircs, qui a obligé l'Eglise ancienne à imposer aux pénitents les peines qu'on appelle canoniques.
Quand donc elle impose aux pécheurs des œuvres pénibles et laborieuses, cl qu'ils les subissent avec humilité, cela s'appelle Satisfaction; cl lorsque ayant égard, ou à la ferveur des pénitents, ou à d'autres bonnes œuvres qu'elle leur prescrit, elle relâche quelque chose de la peine qui leur est due, cela s'appelle Indulgence.
Le concile de Trente ne propose autre chose à croire sur le sujet des indulgences, sinon que « la » puissance de les accorder a été donnée à l'Eglise » par Jésus-Christ, et que l'usage en est salutaire; » à quoi ce concile ajoute « qu'il doit être retenu , » avec modération toutefois, de peur que la disci- » pline ecclésiastique ne soit énervée par une exces- )) sive facilité' : » ce qui montre que la manière de dispenser les indulgences regarde la discipline.
(lieux qui sortent de cette vie avec la grâce et la