‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 60 sur 545 · Ciiti'xli. Jjim.53. — 2. Coiifess. Ue foi, an. :W · texte numérisé non relu

Ciiti'xli. Jjim.53. — 2. Coiifess. Ue foi, an. :W

DE L'EGLISE CATHOLIQUE

géant que ce ne serait pas assez qu'il nous montrât, par quelque signe, que nous eussions part à son sacrifice, ils disent expressément que le corps du Sauveur, qui nous est donné dans la Gène', nous le certifie : paroles très-remarquables que nous examinerons incontinent.

Voilà donc le corps et le sang de Jésus-Glirist présents dans nos mystères, de l'aveu des calvinistes : car ce qui est communiqué selon sa propre substance doit être réellement présent. Il est vrai qu'ils expliquent cette communication, en disant qu'elle se fait en esprit et par loi; mais il est vrai aussi qu'ils veulent qu'elle soit réelle. Et parce qu'il n'est pas possible de faire entendre qu'un corps, qui ne nous est communiqué qu'en esprit et par foi, nous soit communique réellement et en sa propre substance , ils n'ont pu demeurer fermes dans les deux parties d'une doclrine si contradictoire; et ils ont été obligés d'avouer deux choses, qui ne peuvent èlre véritables, qu'en supposant ce que l'Eglise calliolique enseigne.

La première est, que Jésus-Christ nous est donné dans l'Eucharistie d'une manière qui ne convient, ni au Baptême, ni à la prédication de l'Evangile, et qui est ton le propre à ce mystère. Nous allons voir la conséquence de ce principe; mais voyons auparavant comme il nous est accordé par messieurs de la religion prétendue réformée.

Je ne rapporterai ici le témoignage d'aucun auteur particulier, mais les propres paroles de leur Catéchisme, dans l'endroit où il explique ce qui regarde la Gène. Il porte en termes formels, non-seulement que Jésus-Christ nous est donné dans la Gène en vérité, et selon sa propre substance'^; mais qu'encore qu'il nous soit rraimcnt communiqué , et par le Baptême et par l'Evangile , toutefois ce n'est qu'en partie, et non pleitiement^. D'où il suit qu'il nous est donné dans la Cène pleinement, et non en partie.

Il y a une extrême différence entre recevoir en partie, et recevoir pleinement. Si donc on reçoit Jésus-Christ partout ailleurs en partie, et qu'il n'y ait que dans la Cène où on le reçoive pleinement ; il s'ensuit, du consentement de nos adversaires, qu'il faut chercher dans la Gène une participation qui soit propre à ce mystère, et qui ne convienne pas au Baptême et à la prédication : mais en même temps il s'ensuit aussi que cette participation n'est pas attachée à la foi , puisque la foi se répandant généralement dans toutes les actions du chrétien , se trouve dans la prédication et dans le baptême, aussi bien que dans la Gêne. En effet, il est remarquable, que qucl(|ue désir qu'aient eu les prétendus réformateurs d'égaler le Baptême et la prédication" à la Cène, en ce que Jésus-Christ nous y est vraiment communiqué; ils n'ont osé dire dans leur Catéchisme, que Jésus-Christ nous fût donné en sa propre substance dans le Baptême et dans la prédication, comme ils l'ont dit de la Gène. Ils ont donc vu qu'ils ne pouvaient s'empêcher d'attribuer à la Cène une manière de posséder Jésus-Christ qui fût particulière à ce sacrement; et que la foi, qui est commune à toutes les actions du chrétien , ne pouvait être cette manière particulière. Or cette manière particulière de posséder Jésus-Christ dans la

Page 1