‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 59 sur 545 · Jl.i'.ac, Jt · texte numérisé non relu

Jl.i'.ac, Jt

est suffisamment appliqué jun- la foi; et ([ue cette application nous est suffisamment certiliéc par la parole de Dieu. Ils ajoutent (|ue s'il faut revêtir cette parole de signes sensibles, il suffit de nous donner de simples symboles, tels que l'eau du Baptême, sans qu'il soit nécessaire de faire descendre du ciel le corps et le sang de Jésus-Christ.

Il ne parait rien de plus facile que celte manière d'expliquer le sacrement de la Cène. Cependant nos adversaires mêmes n'ont pas cru (pi'ils dussent s'en contenter. Ils savent que de semblables imaginations ont fait nier aux sociniens ce grand miracle de l'Incarnation. Dieu, disent ces hérétiques, pouvait nous sauver sans tant de détours; il n'avait qu'à nous remettre nos fautes; et il pouvait nous instruire suffisamment, tant pour la doctrine que pour les mœurs, par les paroles et par les exemples d'un homme plein du Saint-Esprit, sans qu'il fût besoin pour cela d'en faire un Dieu. Mais les calvinistes ont reconnu, aussi bien que nous, le faible de ces arguments, qui parait premièrement en ce qu'il ne nous appartient pas de nier ou d'assurer les mystères, suivant qu'ils nous paraissent utiles ou inutiles pour notre salut. Dieu seul en sait le secret, et c'est à nous de les rendre utiles et salutaires pour nous, en les croyant comme il les propose, et en recevant ses grâces de la manière qu'il nous les présente. Secondement, sans entrer dans la question de savoir s'il était possible à Dieu de nous sauver par une autre voie que par l'incarnation et par la mort de son Fils , et sans nous jeter dans cette dispute inutile, que messieurs de la religion prétendue réformée traitent si longuement dans leurs écoles , il suffit d'avoir appris par les saintes Ecritures, que le Fils de Dieu a voulu nous témoigner son amour par des elfels incompréhensibles. Cet amour a été la cause de cette union si réelle , par laquelle il s'est fait homme. Cet amour l'a porte à immoler pour nous ce même corps aussi réellement qu'il l'a pris. Tous ces desseins sont suivis, et cet amour se soutient partout de la même force. Ainsi quand il lui plaira de faire ressentir à chacun de ses enfants, en se donnant à lui en particulier, la bonté qu'il a témoignée à tous en général, il trouvera le moyen de se satisfaire par des choses aussi efi'ectives que celles qu'il avait déjà accomplies pour notre salut. C'est pourquoi il ne faut plus s'étonner s'il donne à chacun de nous la propre substance de sa chair et de son sang. Il le fait pour nous imprinier dans le cœur que c'est pour nous qu'il les a pris, et qu'il les a offerts en sacrifice. Ce qui précède nous rend toute cette suite croyable; l'ordre de ses mystères nous dispose à croire tout cela ; et sa parole expresse ne nous permet pas d'en douter.

Nos adversaires ont liien vu que de simples figures et de sinq)les signes du corps et du sang ne contenteraient [las les chrétiens, accoutumés aux bontés d'un Dieu qui se donne à nous si réellement. C'est pour([uoi ils ne veulent |>as qu'on les accuse de nier une ]iarticipation réelle et subslaiitielle de Jésus-Christ dans leur Cène. Ils assurent, connue nous, qu'il nous y fait jiarlicipanls de .sa propre substance' ; ils disent qu'il nous nourrit et tivijie de la substance de son corps et de soti sanf/- ; el ju-

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