Thess., II
de l'Eglise vienne d'une autre source que des apôtres. C'est i>oiiriiuoi nos adversaires ne doivent pas s'étonner, si étant soigneux de recueillir tout ce que nos pères nous ont laissé, nous conservons le dépôt de la Tradition aussi bien que celui des Ecritures. XIX. L'autorité de l'Eglise. — L'Eglise étant établie de Dieu pour être gardienne dos Ecritures et de la Tradition , nous recevons de sa main les Ecritures canoniques; cl quoi que disent nos adversaires, nous croyons que c'est principalement son autorité qui les détermine à révérer comme des livres divins le Cantique des cantiques, qui a si peu de marques sensibles d'inspiration prophétique; l'Epitre de saint Jacques, que Luther a rejetée; et celle de saint Jude, qui pourrait paraître suspecte, à cause de quelques livres apocryphes qui y sont allégués. Enfin , ce ne peut être que par celte autorité, qu'ils reçoivent tout le corps des Ecritures saintes, que les chrétiens écoutent comme divines, avant même que la lecture leur ail l'ail ressentir l'esprit de Dieu dans ces livres.
Etant donc liés inséparablement , comme nous le sommes, à la sainte autorité de l'Eglise, par le moyen des Ecritures que nous recevons de sa main,
j'nous apprenons aussi d'elle la Tradition, et par le moyen de la Tradition , le sens véritable des Ecri-
j tures. C'est pourquoi l'Eglise professe qu'elle ne dil rien d'elle-même, et qu'elle n'invente rien de nouveau dans la doctrine; elle ne fait que suivre et dé-
; clarer la révélation divine parla direction intérieure du Saint-Esprit qui lui est donné pour docteur.
Que le Saint-Esprit s'explique par elle, la dispute qui s'éleva sur le sujet des cérémonies de la loi, du temps môme des apôtres, le fait paraître; et leurs
: Actes ont appris à tous les siècles suivants, par la manière dont fut décidée cette première contestation, de quelle autorité se doivent terminer toutes les autres. Ainsi, tant qu'il y aura des disputes qui partageront les fidèles, l'Eglise interposera son autorité; et ses pasteurs assemblés diront après les apôtres : Ll a semblé bon au Saint-Esprit et à
' 7ious'. Et quand elle aura parlé, on enseignera à ses enfants qu'ils ne doivent pas examiner de nouveau les articles qui auront été résolus, mais qu'ils doivent recevoir humblement ses décisions. En cela on suivra l'exemple de saint Paul et de Silas, qui portèrent aux fidèles ce premier jugement des apôtres, et qui, loin do leur permettre une nouvelle discussion de ce qu'on avait décidé, allaient par les villes, leur enseignant de garder les ordonnaiices des apôtres-.
C'est ainsi que les enfants do Diou acquiescent au jugement de l'Eglise , croyant avoir entendu par sa liouchc l'oracle du Saint-Esprit; et c'est à cause de cette croyance , qu'après avoir dit dans le Symbole : Je crois au Saint-Esprit, nous ajoutons incontinent après, la sainte Eglise catholique : par oii nous nous obligeons à reconnaître une vérité infaillililc et perpétuelle dans l'Eglise universelle, puisque cette môme Eglise que nous croyons dans tous les temps, cesserait d'être Eglise, si elle cessait d'enseigner la vérité révélée de Dieu. Ainsi ceux qui appréhendent qu'elle n'abuse de son pouvoir pour établir le mensonge, n'ont pas de foi en celui par qui elle est gouvernée.