‹ Œuvres complètes de Bossuet (volume 4)Chapitre 65 sur 545 · Acl., XV. 28. — 2. Idem , xvr · texte numérisé non relu

Acl., XV. 28. — 2. Idem , xvr

DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE

El quand nos adversaires voudraient regarder les choses d'une façon plus humaine , ils seraient obligés d'avouer que l'Eglise catholique, loin de se vouloir rendre maîtresse de sa foi, comme ils l'en ont accusée, a fait au contraire tout ce qu'elle a pu pour se lier elle-même , et pour s'ôter tous les moyens d'innover : puisque non-seulement elle se soumet à l'Ecriture sainte, mais que pour bannir à jamais les interprétations arbitraires , qui font passer les pensées des hommes pour l'Ecriture, elle s'est obligée de l'entendre, en ce qui regarde la foi et les mœurs, suivant le sens des saints Pères', dont elle professe de ne se départir jamais, déclarant par tous ses conciles et par toutes les professions de foi qu'elle a publiées, qu'elle ne reçoit aucun dogme qui ne soit conforme à la tradition de tous les siècles précédents.

Au reste , si nos adversaires consultent leur conscience , ils trouveront que le nom d'Eglise a plus d'autorité sur eux qu'ils n'osent l'avouer dans les disputes; et je ne crois pas qu'il y ait parmi eux aucun homme de bon sens, qui se voyant tout seul d'un sentiment, pour évident qu'il lui semblât, n'eût horreur de sa singularité : tant il est vrai que les hommes ont besoin en ces matières, d'être soutenus dans leurs sentiments par l'autorité de quelque société qui pense la même chose qu'eux. C'est pourquoi Dieu qui nous a faits, et qui connaît ce qui nous est propre, a voulu pour notre bien que tous les particuliers fussent assujétis à l'autorité de son Eglise, qui de toutes les autorités est sans doute la mieux établie. En effet, elle est établie, non-seulement par le témoignage que Dieu luimême rend en sa faveur dans les saintes Ecritures, mais encore par les marques de sa protection divine, qui ne paraît pas moins dans la durée inviolable et perpétuelle de cette Eglise, que dans son établissement miraculeux.

XX. Sentiments de messieurs de la religion prétendue réformée sur l'autorité de l'Eglise. — Cette autorité suprême de l'Eglise est si nécessaire pour régler les ditïérends qui s'élèvent sur les matières de foi et sur le sens des Ecritures, que nos adversaires mêmes, après l'avoir décriée comme une tyrannie insupportable, ont été enfla obligés de l'établir parmi eux.

Lorsque ceux qu'on appelle indépendants, déclarèrent ouvertement que chaque fidèle devait suivre les lumières de sa conscience, sans soumettre son jugement à l'autorité d'aucun corps ou d'aucune assemblée ecclésiastique, et que sur ae fondement ils refusèrent de s'assujétir aux synodes; celui de Charenton, tenu en 1644, censura cette doctrine par les mêmes raisons , et à cause des mêmes inconvénients qui nous la font rejeter. Ce synode marque d'abord que l'erreur des indépendants consiste en ce qu'ils enseignent, que « chaque Eglise ■> se doit gouverner par ses propres lois, sans au- » cune dépendance de personne en matières ecclé- » siastiques, et sans obligation de reconnaître l'au- » torité des colloques et des synodes pour son ré- » gime et conduite. » Ensuite ce même synode décide que cette secte est « autant préjudiciable à » l'Etat qu'à l'Eglise; qu'elle ouvre la porte à toutes » sortes d'irrégularités et d'extravagances; qu'elle

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