Conc. Trident., sess. xxv
» sorte que, par le moyen des images que nous » baisons, devant lesquelles nous découvrons noire » tète, et nous nous mettons à genoux, nous ado- » rons Jésus-Christ, et honorons les saints dont » elles sont la ressemblance, comme il a été cxpli- » que par les décrets des conciles, principalement » par ceux du second concile de Nicée. »
C'est ainsi que le concile défend de s'arrêter aux images : tout l'honneur passe aux originaux : ce ne sont pas tant les images qui sont honorées , que ce sont les originaux qui sont honorés devant les images, comme je l'ai remarqué dans le livre de
l'ExPOSlTION '.
Mais achevons de considérer les sentiments du concile. « Il faut, dit-il-, que les évèqucs ensei- » gnent avec soin qu'en représentant les histoires » de notre rédemption par des peintures et autres » sortes de ressemblances, le peuple est instruit » et invité à penser continuellement aux articles » de notre foi. On reçoit aussi bcaucouf) do fruit » de toutes les saintes images; parce ([u'on est » averti par là des bienfaits divins et des grâces » que Jésus-Christ a faites à son Eglise; et aussi » parce que les miracles et les bons exemples des » saints sont mis devant les yeux des fidèles, afin » qu'ils rendent grâces à Dieu pour eux , qu'ils » forment leur vie et leurs mceurs suivant leurs » exemples, et qu'enfin ils soient excités à adorer » et à aimer Dieu, et à pratiquer les exercices de la » piété. »
Ainsi selon le concile, tout l'extérieur do la religion se rapporte à Dieu; c'est pour lui que nous lionorons les sainls, el leurs images nous sont jn'oposées pour nous exciter davantage à l'aimer el à le servir.
Au reste, comme Dieu n'a pas dédaigné, pour s'accommodera notre faiblesse, de paraître sous des figures corporelles, el qu'on peut peindre ces apparitions comme les autres histoires de l'Ancien et du Nouveau Teslamenl, le concile a ordonné que, « s'il » arrive quelquefois qu'on représente de telles his- » toires de l'Ecriture, et que cela soit jugé utile » pour l'instruction du peuple ignorant, il le faut » soigneusement avertir qu'on ne prétend pas re- » présenter la divinité, comme si elle pouvait être » vue des yeux corporels, ou exprimée par des traits » et par des couleurs. » C'est-à-dire que ces peintures doivent être rares, selon l'intention du concile , qui laisse à la discrétion des évèques de les retenir ou de les supprimer suivant les utilités ou les inconvénients qui en pourraient arriver.
Mais il ordonne en tout cas qu'on détruise par des instructions claires el précises, toutes les fausses imaginations que de telles ap|iarilions ])ourraienl faire naître contre la simplicité de l'Etre divin; et il charge de cette instruction la conscience des évoques.
Qui pèsera avec attention tout en décret du concile, y trouvera la condamnation do toutes les erreurs de l'idolâtrie touchant les images. Les païens, dans l'ignorance profonde où ils étaient touchant les choses divines, croyaient représenter la divinité par des traits et par des couleurs. Ils appelaient leurs idoles dieux d'une façon si grossière, que nous avons peine à le croire, maintenant que l'E-