AcL, IV, de fin. Syn. ,Labb., lom. vu
En effet , on est touché des images à proportion qu'on l'est de l'original; et l'on ne peut pas comprendre le sentiment de ceux qui disaient chez Théodore Studile, qu'il ne faut point peindre Jésus-Christ, ou , qu'en tout cas, il faut regarder une si pieuse peinture, comme on ferait un taljleau de guerre ou de chasse. Que si naturellement on y met de la différence, il est clair que c'est à cause de la diversité des sujets, et que tout se rapporte là.
On commence d'abord à tenir une image chère et vénérable, à cause du souvenir qu'elle réveille dans nos cœurs; et cela même , c'est l'honorer intérieurement autant qu'elle en est capable.
Ensuite on se sent porté à produire ce sentiment au dehors par quelque posture respectueuse, telle que serait, par exemple, s'incliner ou fléchir le genou devant elle; et ce qu'on fait pour cela s'appelle adoration, dans le langage du concile.
En effet, il prend VadoraLion pour un terme général, qui signitie dans la langue grecque toute démonstration d'honneur. Qu'est-ce que l'adoration, dit saint Anastase , patriarche d'Anlioche, dans le concile'; sinon la démonstration et le témoignage d'honneur qu'on rend à quelqu'un ?
De là suit nécessairement de deux choses l'une , ou qu'il ne faut avoir aucune sorte de vénération pour les images, et que celle de Jésus-Christ doit être considérée indifféremment comme une peinture de guerre ou de chasse, ce que la piété ne permet pas; ou que, si l'on ressent pour elle quelque sorte de vénération, il ne faut point hésiter de la témoigner au dehors par ces actions de respect qu'on appelle adoration : d'où le concile conclut, que dire, comme quelques-uns, qu'il faut avoir les images en vénération , sans néanmoins les adorer, c'est se contredire manifestement; car, comme remarque Taraise, patriarche de Constantinople^, qui était l'âme de ce concile , c'est faire des choses contraires, que de confesser qu'on a de la vénération pour les images, et cependant leur refuser l'adoration , qui est le signe de l'honneur. C'est pourquoi le concile ordonne non-seulement la vénération, mais encore l'adoration pour les images, parce que nul homme sincère ne fait de diiriculté de donner des marques de ce qu'il sent dans le cœur.
Au reste, comme ces signes d'honneur ne sont faits que pour témoigner ce que nous sentons au dedans , et qu'en regardant l'image , nous avons le cœur attaché à l'original, il est clair que tout l'honneur se rapporte là. Le concile décide aussi, sur ce fondement , « que l'honneur de l'image passe à » l'original, et qu'en adorant l'image, on adore » celui qui y est dépeint'. »
Il approuve aussi cette parole de Léonce , évèque deNapoli, dans l'ile de Chypre'' : « Quand vous » verrez les chrétiens adorer la croix, sachez qu'ils » rendent cette adoration à Jésus- Christ crucifié et » non au bois. »
Nous trouvons, parmi les actes du concile, un discours du même Léonce, où il est dit : que comme celui qui reçoit une lettre de l'empereur, en saluant le sceau (|u'clle porte empreint, n'honore ni le plomb , ni le papier, mais rend son adoration et son