‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 103 sur 313 · ba >., 1À . txp., c;ijj · texte numérisé non relu

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bom. 1 et 2, a. 6, tom. il.

2b, 2ï. — : lium. de prod. Jud., utc

Grecs modernes , ce serait en tout cas que la prière serait nécessaire pour faire l'application des paroles de Notre-Seigneur : doctrine où je ne vois pas un si grand inconvénient, puisqu'enfin devant ou après, nous faisons tous celte prière.

Et pour maintenant aller plus haut que les Grecs modernes, la tradition de l'Eglise grecque ne peut mieux paraître que par un passage célèbre de saint Basile, ou pour établir qu' « il y a « des dogmes non écrits, » qu'il faut recevoir comme venus « des apôtres avec autant de vé- « nération que ceux qui sont écrits, » il allègue « les paroles de l'invocation dont on use » en consacrant l'Eucharistie, « lesquelles, dit-il1, ne « sont écrites nulle part; car nous nenouscon- « tentons pas, » poursuit-il, « des paroles qui « sont rapportées par l'Apôtre et les Evangiles,» c'est-à-dire de Notre-Seigneur , et du récit de l'institution : « mais nous y en ajoutons d'autres « devant et après, comme ayant beaucoup de « force pour les mystères , lesquelles nous « n'avons apprises que de cette doctrine non « écrite. »

Ce témoignage de saint Basile est d'autant plus considérable pour les Grecs, qu'ils lui attribuent encore aujourd'hui leur liturgie la plus ordinaire; et nous voyons clairement que ce Père met les paroles de l'Evangile pour le fond de la consécration, et celles qu'on dit devant et après, comme ayant beaucoup de force pour les mystères.

Nous pouvons comprendre, parmi ces paroles auxquelles saint Basile attribue beaucoup de force, la prière dont il s'agit; et quoiqu'il en soit, pour en entendre la force et l'utilité, il ne faut que se souvenir d'une doctrine constante, même dans l'Ecole, qui est que dans les sacrements , outre les paroles formelles et consécratoires, il faut une intention de l'Eglise pour les appliquer; intention qui ne peut mieux être déclarée que parla prière dont il s'agit, et qui l'est également, soit qu'on la fasse devant , comme nous, soit qu'on la fasse après, avec les Grecs.

Savoir maintenant s'il faut croire , comme semblent faire les Grecs d'aujourd'hui, que la consécration demeure en suspens , jusqu'à ce qu'on ait fait cette prière, comme étant celle qui applique aux dons proposés les paroles de Jésus- Christ, où consiste principalement et originairement la consécration: quoi qu'en puissent direles Grecs, je ne le crois pas décidé dans leur liturgie. Car l'esprit des liturgies, et en général de toutes les consécrations, n'est pas de nous attacher à de certains moments précis; mais de nous faire considérer le total de l'action, pour en entendre aussi l'effet entier. Un exemple fera

• Dt 8pir. sanc'.., cep. 27. n 66, to». W,

mieux voir ce que je veux dire. Dans la consécration du prêtre, les savants ne doutent presque plus, après tant d'anciens Sacramentaires qu'on a déterrés de tous côtés, que la partie principale ne soit l'imposition des mains, avec la prière qui l'accompagne ; car elle se trouve généralement, non-seulement dans tous les Sacramentaires aussi bien que dans les Pères et dans les conciles, surtout dans le quatrième de Carthage où elle est si expressément marquée1, mais encore dans l'Ecriture en plusieurs endroits. C'est donc ici proprement le fond de la consécration du prêtre : aussi est-elle appelée de ce nom, consécration ou bénédiction, dans les anciens Sacramentaires, comme tout le monde sait. Ce qui toutefois n'empêche pas qu'après cette consécration, on ne dise encore en oignant les mains du prêtre : « Que ses mains soient consacrées par « cette onction et par noire bénédiction2;» conme si la consécration était imparfaite. Mais non content de cette nouvelle 'consécration, si on peut l'appeler ainsi, l'évêque continue encore \ et en présentant au prêtre le calice avec la patène, qu'il lui fait toucher, il lui dit : « Recevez « le pouvoir d'offrir le sacrifice3; » comme s'il n'avait pas déjà reçùce céleste pouvoir, et qu'on pût être prêtre sans cela. Que si quelqu'un s'obstine à dire que c'est là précisément qu'il est fait prêtre , quoiqu'on soit autant assuré qu'on le puisse être de semblables choses, que cette cérémonie n'a pas toujours été pratiquée; en tout cas, voici qui est sans réplique : c'est qu'à la fin de la Messe, et après toutes ces paroles prononcées, lorsque constamment l'ordinand a' été fait prêtre, puisque même il a dit la Messe, et consacré avec l'évêque, l'évêque]le rapelle encore pour lui imposer de nouveau les mains en lui disant ; « Recevez le Saint-Esprit; ceux dont vousremeta trez les péchés, ils leur seront remis4, etc. » Quelqu'un peut-il due qu'on soit prêtre sans avoir reçu ce pouvoir si inséparable de ce caractère? On lui dit néanmoins : « Recevez-le, » de même que s'il ne l'avait pas encore reçu. Pourquoi, si ce n'est qu'en ces occasions les choses qu'on célèbre sont si grandes, ont tant d'effets différents et tant de divers rapports, que l'Eglise ne pouvant tout dire, ni expliquer toute l'étendue du divin mystère en un seul endroit, divise son opération, quoique très-simple en elle-même, comme en diverses parties, avec des paroles convenables à chacune, afin que le tout compose un même langage mystique et une [même action morale? C'est donc pour rendre la chose plus sensible que l'Eglise parle en chaque endroit

1 Conc. Carlh., iv, can. 2, 3, 4 et seq.; Labb., tom. il, col. 1199 et geq. — 2 Pont. Rom;inOrd. prub. — ' Ibid. — 4 Jbid.

SIR LES PRIÈRES DE LA MESSE. rn

comme la faisant actuellement et sans même (jnc nous avons dit, ce que nous disons et ce que

trop considérer si elle est faite, où si elle est nous voulons dire, écoute lout et fait tout dans

peut-être encore à taire; très -contente que le les moments convenables qui lui sont connus,

tout se trouve dans le total de l'action , et qu'on sans qu'il soit besoin de nous mettre en peine en

J ail fait à la fin l'explication de tout le mystère quel endroit précis il le fait. II suffit que nous

pins plein,', la pins \i\e et la plus sensible qu'on exprimions tout ce qui se fait par des actions et

puiste jamais imaginer. par des paroles convenables, et que le tout en-

Je ne gais s'il se trouvera quelqu'un qui n'aime semble, quoique lait et prononcé successivement,

pas mieux une manière si simple d'expliquer la noua représente en unité tous les effets et comme

consécration du prêtre, que de mettre en pièces, loulc la face du divin mystère. B j'ose le dire, ce saint caractère en le divisant. Faites l'applicalionde cette doctrines la prière

)«■ oe sais comment, dans descaractères partiels des Grecs, il n'j aura plus de difficulté. Après les

aussi peu intelligibles que peu nécessaires. Si l'on paroles de Notre-Seigneur, on prie Dieu qu'il

regarde de près toutes les ordinations, etsurtout change les dons en son corps et en son sang : ce

celle des évoques, on > Irourera le même esprit peut cire ou l'application de la chose à faire, ou

On voil à peu près la même chose dans la con- l'expression pins particulière de la chose Faite;

firmaiion : l'invocation du Saint-Esprit, dont et on ne peut conclure autre chose des tenues

l'extension des mains est accompagnée, fait ap- précis de la liturgie,

paremment le fond de ce sacrement, sans pré- Mais, dit-on, dans «elle de saint Basile, qui est judice de l'efficace qui accompagne l'application la pins ordinaire parmi les Grecs, après les paqu'on l'ail de celle prière à chacun en particulier, rôles de Jésns-Chrisi. on appelle encore les «Ions avec la sainte onction et l'actuelle imposition de anlilypes, c'est-à-dire ligures et signes; ce qu'on la main sur la tète dans sa partie principale, qui i:e fait plus après la prière dont nous parlons, est le front : après quoi on ne laisse pas de dire Je l'avoue, et sans disputer de la signification du encore : o Nous vous prions, ô Seigneur! pour mol d'anlihpe, en le prenant pour simple figure, tou^ ceux que nous aronsoints de ce saint chrême, au gré des protestants, tant pis pour eux ; car que le Saint-Esprit survenant en eux les fasse écoulons la liturgie : « Nous approchons, ôSeison temple, en y habitant », i quoiqu'il soit déjà gneur ! de votre saint autel; et après vous avoir survenu. Mais c'est que l'Eglise ne se lasse point offert les figures du sacré corps et du sacré sang d'expliquer en plusieurs manières la grande de votre Christ, nous vous prions que votre Eschose qui vient d'être faite; et, priant Dieu de la prit saint fasse de ce pain le propre corps préfaire encore, elle exprime qu'il la fait toujours deux, et de ce vin le propre sang précieux de en la conservant, et en empêchant par sa giàce Notre-Seigneur. » On voit donc manifestement qu'elle ne demeure sans effet. Et quand dans ce qui était la figure du corps devenir et être lait l'exlrêmc-onction, en appliquant l'onction sur le proprecorps; c'est -à-dire ce quil'élailensigne, tous les organes des sens et de la vie, on prie le dcvcnirpropreinent elenvérilé; ensorlequ'on Dieu de pardonner les péchés, tantôt ceux qu'on ne sait pins ce que c'est, ni ce que le Saint-Esprit a commis par la vue, puis ceux qu'on a commis a opéré, ni ce que les mots signifient, si ce que par le toucher, et ainsi successivement par les l'on appelle le propre corps est encore comme œuvres et par la pensée ; croil-on que les péchés BU] Bravant une ligure.

se remettent ainsi en partie? nullement ; maison Vous me répondrez que cela est clair : car, en

rend sensibles au pécheur tous les péchés qu'il effet, que pouve/.-vous dire autre chose? mais

a commis et tout ce que guérit en lui la simple que du moins il sera constant que ce changement

et indivisible opération de la grâce. Et pour re- se fait dans la prière. Point du tout ; il n'est point

venir à la Messe, quand nous y demandons à constant, puisque nous Tenons de voir que, dans

Dieu, tantôt qu'il change le pain en son corps, ce langage mystique qui règne dans les liturgies,

tantôt qu'il ail agréable l'oblalion que nous en et en général dans les sacrements, on exprime

faisons, tantôt que son saint ange la présente à souvent après ce qui pourrait être fait devant;

l'autel céleste, tantôt qu'il ail pitié des vivants, ou plutôt, que pour dire tout, on explique suc-

tanlôt que celte oblalion soulage les morts, cessivement ce qui se fait peut-être tout aune

croyons-nous que Dieu attende à faire les cho- fois, sans s'enquérir des moments précis : et en

ses à chaque endroit où on lui en parle? non ce cas nous avons vu qu'on exprime ce qui pou-

sans doute. Tout cela est un effet du langage hu- vait déjà être fait, comme s'il se taisait quand on

main, qui ne peut s'expliquer que par partie, et l'énonce; afin que toutes les paroles du sainl

Dieu, qui voit dans nos cœurs d'une seule vue ce mystère se rapportent entre elles, et que toute

, n„,./ r» l'opération du Saint-Esprit soit sensible.

1 ront. Rom., De conjïrm l '

Ainsi on pourrait entendre, dans la liturgie des cents ans, leur liturgie telle qu'elle est à présent,

Grecs, que, dès qu'on prononce les paroles de décrite dans toutes ses parties jusqu'aux moin-

Notre-Seigneur, où l'on est d'accord que con- dres cérémonies, dans un traité de saint Germain,

siste principalement toute l'efficace de la consé- patriarche de Constanlinoplc, un des Pères que

cration, encore qu'on n'ait pas exprimé l'inten- la Grèce révère le plus, et décrite comme chose

tion de les appliquer au pain et au vin, Dieu ancienne *, sans aussi que personne, pas même

prévient la déclaration de cette intention ; et c'est ses persécuteurs, quiavaientlesempereurs à leur

là, à mon avis, sans comparaison le meilleur tête, lui aient fait un chef d'accusation de cette

sentiment, pour ne pas dire qu'il est tout à fait doctrine,

certain. Remarquons donc, en passant, que dès ce

C'est là, dis-je, le meilleur sentiment, tant à temps-là on trouve dans la liturgie de l'Eglise cause qu'il est plus de la dignité des paroles du grecque ce que nous avons rapporté : « que les Fils de Dieu qu'elles aient leur effet dès qu'on dons, qui auparavant étaient les figures du corps les profère, qu'à cause aussi que la liturgie sem- et du sang, deviennent le propre corps et le proble aussi elle-même conduire là. Car première- pre sang, par l'opération du Saint-Esprit 2. » On ment, les saintes paroles sont prononcées en éle- y trouve la transmutation des dons sacrés trèsvant la voix: au lieu que devant et après on parle vivement inculquée 3 ; on y trouve par ce chanbas; elles sont de plus proférées sur le pain et gement l'accomplissement de cette parole : « Je sur le vin séparément en les bénissant, en tenant t'ai engendré aujourd'hui 4 ; » non-seulement les mains dessus, en prenant le pain et le calice, selon la divinité, selon laquelle le Fils ne cesse comme il est dit que fit Jésus-Christ, en les éle- d'être engendré dans l'éternité, toujours immuavant et en les montrant au peuple ; en sorte que ble, mais encore selon le corps et selon le sang, celte action est marquée en toutes manières, qui sont encore aujourd'hui formés par le Saintcomme une action principale où l'on fait tout ce Esprit dans l'Eucharistie. On y trouve que par ce qu'a fait le Fils de Dieu, et par conséquent où moyen Jésus-Christ demeure toujours présent au l'on bénit et où l'on consacre comme lui. Ce qui milieu de nous, non-seulement selon son esprit, fait aussi, en second lieu, que le peuple répond mais encore selon son corps 5. On y trouve enfin Amen : comme on faisait aussi autrefois parmi les en cent endroits tout ce qui marque le plus une Latins, ainsi qu'il paraît par saint Ambroise *, présence réelle; et ce qu'il y a de plus merveilet même dans Paschase Radbert, pour ne pas ieux, on trouve cette doctrine en Orient comme descendre plus bas. Or, cet Amen proféré par en Occident^, et jusqu'aux Indes, cent ans devant tout le peuple, dans des circonstances aussi Paschase, que les protestants en veulent faire marquées que celles qu'on vient de voir, paraît i'auteur, et, à vrai dire, de tout temps; puisêtre parmi les Grecs, comme il l'a toujours été qu'on ne peut se persuader qu'une nouveauté parmi nous, la reconnaissance d'un effet présent, soit si pr0mptement portée si loin, et remplisse plutôt qu'une simple déclaration de ce qui sera. tout l'univers, sans qu'on s'en soit aperçu en au- C'est pourquoi, en troisième lieu, après le récit cun endroit. Voilà ce qu'on trouve dans saint des saintes paroles, les Grecs ajoutent incontinent Germain, patriarche de Constantinople, et ce et avant la prière : «Nous vous offrons deschoses qUel'Eglisegrecqueprofessaitalors,commechose qui sont à vous, faites des choses qui sont à vous2. » qu'elle avait reçue de ses Pères. Par où nous avons montré qu'il faut entendre MaiS; pour reVenir à la consécration, il y a le corps et le sang formé du pain et du vin ; et on encore une preuve contre l'opinion des Grecs répète ces paroles par deux fois, une fois après modernes dans le rite mozarabique et dans le avoir dit : « Ceci est mon corps; » et une autre Sacramentaire appelé gothique, qui assurément fois après avoir dit : « Ceci est mon sang ; » afin est ie même dont usait l'Eglise gallicane, comme de nous faire entendre que l'action est complète, je p. Mabillon l'a démontré. Ces deux rites si et que ce qu'on ajoute dans la suite doit être con- conformes entre eux sont en même temps trèssidéré comme une partie d'une simple et même conformes au rite grec ; et la prière où l'on deaction, où l'on ne fait qu'expliquer plus formel- mande la descente du Saint-Esprit pour sanclemcnt ce qui vient d'être fait. tifier les dons, se trouve souvent après que les Au reste, il ne faut pas croire que les choses paroles de Jésus-Christ sont proférées ; mais que je viens de dire de la liturgie des Grecs, et souvent elle se trouve devant, souvent même qu'on y voit aujourd'hui, y aient été ajoutées par eue ne se tr0UYe point du tout< Ce qui démon-, les derniers Grecs. Car on trouve, il y a neuf , „. .

» Germ. pat. CP.,Rer. ecc. con/emp., tbid.,\>.lZl. — Ibid-, p.

iDemj,3l.,eV.9,n.U,Um,U.->LU«rif. Bu,., ton, I,, p. 159. -» Ibid., p. .163, 169 -«/««'•>»; ■'' -| G,;*., pat. CP. Tfcr

679 et 603; Chry,., i<m. XB, p. 791. tfic. coniemp., ibid., p. 156, 157. -» Ibid., p. 166.

Ire non-seulement que la place est indifférente, expression de la liturgie de saint Chrysostome :

mais encore qu'en elle-même on ne la lient pas Nous offrons pour la sainte Vierge et pour les

si absolument nécessaire, et que les paroles de martyrs. Nous avons déjà répondu à une sem-

Jésus-Christ, qu'on n'omet jamais, et qui se blable difficulté dans le Missel de Gélose, et vous

IrouTcnt partout marquées si distinctement, sont n'y trouverez aucun embarras, si vous considé-

les seules essentielles. D'où vient aussi que saint rez premièrement, qu'on ne prie jamais pour

Basile, après les avoir marquées, dans le livre les saints, mais qu'on ofire seulement pour eux;

du Saint-Esprit, comme celles qui font le fond, et secondement, que ce pour, dans le langage

se contente df dire des autres qu'on fait devant ecclésiastique, ne signifie pas ce qu'on offre

et après, qu'elles ont beaucoup de force ; ce qu'on pour leur obtenir quelque grâce : on offre pour

ne doit pas nier puisque l'Eglise orientale et eux au même sens qu'on offre en plusieurs Se-

l'occidentale s'en servent également. crêtes pour la sainte ascension de Nolre-Sci-

Quesi, après toutes ces raisons et l'autorité gneur, et ainsi du reste; c'est-à-dire pour en

de tant de Pères grecs et latins, qui mettent pré- rendre grâces, et pour en honorer la mémoire,

cisément la consécration dans les paroles divi- On offre à proportion pour les saints, ainsi qu'il

nés, comme étant sorties de la bouche du Fils a été dit, en rendant grâces pour eux, en mé-

di Dieu, et les seules toutes-puissantes, les Grecs moire de leurs vertus et des grâces qu'ils ont

persistent encore dans le sentiment de quelques- reçues : Pro eommemoratione, comme on parle :

uns de leurs docteurs, et ne veulent reconnal- \neto priyuiç, comme dit saint Cyrille deJérusa-

Ire la consécration consommée qu'après la prière lem ' ; pour leur honneur, pour leur gloire,

donl nous parlons; en ce cas, que ferons-nous, pour leur louange, comme dit un ancien sacra-

si ce n'est ce qu'on a fait à Florence, den'in- menlaire de l'Eglise gallicane3 :« Que ces pré-

quiéter personne pour celle doctrine; et ce seuls, ô Seigneur! vous soient agréables pour

qu'on a fait à Trente, où, sans déterminer en la conversion de nos Ames et la santé de nos

particulier en quoi consiste la consécration, on corps; pour la louange des martyrs et pour le

a seulement déterminé ce qui arrivait quand repos des inorls. » Vous voyez en peu de paro

elle élait faite « ? les ce qu'on fait pour ces deux sortes de morls :

Pour moi, dans les catéchismes et dans les on rend grâces pour les uns, on prie pour les au. sermons, je proposerai toujours la doctrine qui très; on offre pour célébrer les louanges des établit la consécration précisément dans lespa- uns, et pour procurer le soulagement desauroles célestes, comme théologiquement très- très. Bien plus, on emploie ceux-là pour intervéritable, ainsi qu'on a fait dans le Catéchisme eesseurs ; on prie pour obtenir à ceux-ci la du concile; mais je ne crois pas que j'osasse parfaite rémission de leurs péchés : et il y a, en jamais condamner les Grecs, qui ne sont pas un mot, une si grande distinction entre les morts encore parvenus à l'intelligence de celte vérité, qui sont nommés dans la liturgie, que ce qu'on Quoi qu'il en soit, iln'j a nul doute qu'il ne demande pour quelques-uns de ces morts, c'est faille faire, comme on a fait au concile de Lyon qu'ils soient bientôt placés en la compagnie des comme on a fait au concile Florence, et comme autres. C'est ce qui se trouve également dans on a fait encore dans toute l'Eglise, qui est de les liturgies grecques et latines, même dans laisser chacun dans son rite, puisqu'on demeure celle de saint Chrysostome 3, où l'on offre pour d'accord que les deux rites sont anciens et en- la sainte Vierge et pour les martyrs; car, on fièrement irrépréhensibles. El peut-être faudrait- ajoute aussitôt après : « Par les prières desquels il encore laisser a chacun ses explications, puis- nous vous prions de nous regarder en pitié. » qu'en recevant les Grecs, soit en particulier, A quoi on joint la prière « pour le repos et la comme on en reçoit tous les jours, soit même rémission des péchés des âmes des morls; afin en corps, on n'a dressé aucune formule pour que Dieu les place où parait son éternelle bien ce point leur faire quitter leur sentiment : ce mière : » tant est grande la différence qu'on qu'on a fait apparemment à cause des autorités met entre les saints et le commun des fidèles. que les Grecs apportent pour eux, qui ne sont Pour peu que vous hésitiez sur une vérité si pas méprisables, mais dans la discussion des- constante, je vous promets, Dieu aidant de vous quelles je ne crois pas que vous vouliez m'en- éclaircir d'une manière à ne vous laisser aucun gager, puisque vous voyez assez, sans y entrer, scrupule. Mais cet ouvrage est déjà plus grand la parfaite uniformité de l'Orient et de l'Occident que je ne voulais, et je ne veux plus vous rapdans l'essentiel. porter qu'un seul passage de saint Augustin,

Il n'y a plus qu'à vous dire un mot sur celte , „ , , „„„,,, „ „ „ .'.. „ Tl , „ *~

J * * ' Cutec.myst. v, p. 328. —- Suer. Call. Mahd. Mus. lia'., p.* . •

i Sus. 13 cap. S, can. 4. — 3 *&»»« Chrys., tom. xn, p. 792.

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