PREMIÈRE DEMANDE
Une te Pape reconnaisse pour membres de la vraie Eglise les protestante qui se trouveront disposés a se soumettre à la hiérarchie ecclésiastique et à un concile légitime, sous les conditions qu'on exposera ci-dessous; encore qu'ils soient persuadés «pie la communion doit toujours, et à perpétuité, être célébrée par les leurs sous les deux espèces.
La raison de cette demande est, premièrement, que les proslestants sont invinciblement persuadés qu'ils ne peuvent communier autrement en bonne conscience : la seconde, que, nonobstant celle opinion des protestants, le Pape les peut recevoir à sa communion, sans blesser les sentiments et les présuppositions de son Eglise.
Une les protestants soient Invinciblement persuadés qu'ils ne peuvent en consciente communier autrement que sous les deux expèces, cela parait en ce que c'est une vérité constante, qu'encore que Jésus-Christ n'ait pas absolument commandé de communier, néanmoins, supposé que l'on communie, il veut que l'on communie de celte sorte, parce qu'il veut que l'on reçoive la communion ainsi qu'il l'a instituée :. or, il l'a instituée sous les deux espèces : il veut donc, si l'on communie, qu'on le fasse sous les deux espèces. Et de même que tout le inonde n'est pas obligé de se marier; mais, supposé que l'on contracte un mariage, on est obligé de le faire selon que Dieu l'a institué 2: ainsi, quoique Jésus-Christ n'ait pas expressément commandé de communier, néanmoins si l'on communie, on est obli-
• Act., xv, 2-1. — 'Gcn., n, 24, Malth., xix, 4, 5.
gé île le faire conformément à l'institution qu'il a faite de ce-mystère.
Il \ a plusieurs exemples semblables. On n'est pas obligé de taire un testament : mais supposé qu'on en lasse un, il |(. |a„t foire a\ee les solennités que la foi prescrit: <»n n'est pas obligé de prier toujours et à chaque moment; mais supposé qu'on le Casse, il le faut Bure avec l'attention requise. Ainsi, sans se tenir obligés à la communion par un commandement exprès et formel, les protestants ont raison, supposé qu'ils communient, de croire qu'on ne le peut taire qu'aux termes de l'institution ; et ils ne peuvent agir autrement sans renverser leurs principes et blesser leur conscience.
.Mais il n'en esl pas ainsi du Pape. Car le concile de Trente, dans la session wi, ayant remis en son pouvoir d'accorder la communion sous les deux espèces, sans avoir besoin même d'un
concile, il est clair qu'il ne lait rien contre ses
principes et contre les présuppositions de son Eglise en l'accordant. C'est donc avec raison
qu'on lui demande de le l'aire ; d'autant plus que
la religion catholique en doit recevoir un grand avantage; et qu'on ne lui demande rien en cela, que ce qui a déjà été accordé autrefois aux Bohémiens en cas pareil.