‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 150 sur 313 · CHAPITRE. V. — TROISIÈME DEMANDE · texte numérisé non relu

CHAPITRE. V. — TROISIÈME DEMANDE

Que le Pape laisse en son entier aux Eglises

protestantes leur doctrine touchant la justifica- le droit que les princes, comtes et autres états tion du pécheur devant Dieu, puisque ces Eglises de l'empire y ont, ou prétendent y avoir par la enseignent que les adultes, c'est-à-dire ceux qui transaction de Passau et le traité de paix de ont l'âge de discrétion pour recevoir la ré- Westphalie, le Pape transige avec eux d'une mamission de leurs péchés, les doivent connaître, nière qui les rende favorables au saint et salutaien avoir de la douleur, s'appuyer non sur leurs re projet de réunion. Que le Pape puisse ceschomérites, mais sur la seule mort et les mérites ses, et encore de bien plus grandes, les concorde Jésus-Christ, pour obtenir le pardon de leurs dats entre l'Eglise romaine et la gallicane le font péchés et le salut éternel, et ensuite ne pécher voir, aussi bien que le sentiment des docteurs de plus, mais s'appliquer à la sainteté etauxbonnes Sorbonne, et entre autres de M. Dupin. œuvres; puisque sans la sainteté personne ne Que si le Pape daigne accorder ces choses aux verra Dieu. protestants, ceux qui seront de notre avis accor-

Le reste, c'est à savoir si la justification est deron t de leur part ces trois choses à Sa Sainteté : comme le veulent les Catholiques, l'infusion delà lo De le reconnaître pour le premier de tous

grâce justifiante, ou, comme le disent les prote- les évêques, et en ordre et en dignité par le droit

stants, une simple non-imputation des péchés en ecclésiastique, pour souverain Patriarche, et en

vuedes mérites de Jésus-Christ, n'étant que dis- particulier pour le Patriarche d'Occident, et de

pute de mots, ainsi qu'il a été reconnu d'un lui rendre, dans le spirituel, toute l'obéissance

côté par les protestants, et surtout par ceux qui lui est due;

d'Helmstad, et de l'autre par les Catholiques, 2<> De tenir pour frères tous les Catholiques

comme par les deux Wallembourg et par le P. romains, nonobstant la communion sous une

Denis, Capucin, dans son livre intitulé Via Pacis, espèce et les autres articles, jusqu'à la décision

La Voie de la paix, cette question se peut termi- d'un légitime concile;

ner par la seule exposition des termes, sans qu'il 30 Que les prêtres seront soumis aux évêques,

soit besoin de disputer davantage de part et ies évêques aux archevêques, et ainsi du reste,

d'autre. selon l'ordre de la hiérarchie de l'Eglise catho-

CHAPITRE VI. — quatrième demande. lique. Je prouve qu'on peut, sans blesser sa

Que le Pape reconnaisse pour légitimes les conscience tenir pour frères les Catholiques, mariages contractés et à contracter par les pas- e?core (ïu lls, ne communient que sous une esteurs protestants, puisqu'il le peut faire sans Pccf ' et ^e les protestants croient que les deux préjudice de la doctrine de son Eglise, tout le sont commandées pas Jesus-Christ : premieremonde étant d'accord que le célibat des prêtres ment'. Parce ^ue l eiTeur des Coliques sur n'est qu'une institution ecclésiastique que l'Egli- <*. Point P*™* JllS(lu 1C1, in™cible et involonse peut abroger, et le concile de Florence ayant taire' et <ïue terreurs de cette sorte ne dammême permis aux prêtres grecs d'être mariés. nent P°,int J secondement, parce qu en tous cas,

quand le Pape ne pourrait pas introduire cette

CHAPITRE VII. — cinquième demande. communion en Espagne, en Portugal et en Ita-

Quele Pape veuille confirmer et ratifier, d'une lie, le précepte de la charité, qui est le plus immanière que les deux partis puissent accepter, portant et le plus essentiel de tous, du commun les ordinations faites jusqu'ici par les protestants; accord de tous les Chrétiens, doit prévaloir sur le car pour celles qui se feront par les évêques se- précepte de la communion sous les deux espèces, Ion le rit romain, après l'union préliminaire, il qui est moins important, par la même règle qui n'y a nulle difficulté. Mais il faut que les autres, fait que le précepte de tirer son frère d'un péril qui sont déjà faites parmi les prolestants, soient extrême, qui est plus essentiel, doit prévaloir, ratifiées, non pour l'amour d'eux puisqu'ils n'en le cas arrivant, à celui de l'observation du sabrévoquent point en doute la validité; mais pour bat ou dimanche, qui est de moindre imporl'amour des Catholiques romains, qui recevront tance; et la raison de tout cela est ce principe les sacrementsde la main des ministres proies- certain: que dans le concours de deux préceptes tants après l'union préliminaire, parce que au- divins, si l'observance de l'un, en un certain cas, trement ils seraient toujours dans la crainte; ce est incompatible avec celle de l'autre, il suffit qui fait voir que cet article doit être déterminé d'observer celui qui est le plus excellent et le d'abord, et n'est pas de nature à être renvoyé au plus nécessaire.

concile. CHAPITRE XII. — manière d'agir.

CHAPITRE VIII. — sixième demande. Quand on scra sincèrement et secrètement

Que sur la jouissance des biens de l'Eglise, et d'accord de ces choses, l'empereur sollicitera les

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