PREMIÈRE PARTIE: DISSERTATIONS
Articulas III. — De orationeatqueoblattone t)c la prièrc ei (le i>0\,iation puur les moriSt pro mortuis, et purgatorio.
Audiatur Apclogia Confessionis Augustanœ a M. Molanusa produit sur ce sujet le témoifiro darissimo citata in testimonium : Quod al- gnage de F Apologie, et il est vrai qu'il est décisif, legant Patres de oblatione pro mortuis quam nos puisqu'on y voit ces paroles: «Nous n'empêchons non prohibemus •; et inîra: Epiphanius cita- pas qu'on ne prie pour les morts;» et, pour lur memonaisÂerium sentisse quodoraHonespro montrer dans quel esprit on doit faire cette mortuis sunt inutiles; neque nos Aerio patrocina- prière, elle ajoute: « Saint Epiphane rapporte mur. Ergo precationeseas fateantur necesse esl qu'Aêrius croyait inutiles les prières pour les utiles esse lis pro quibus linnt ; quam utilitatem morts : mais nous ne prétendons point soutenir si negaverint acrejecerint, profecto contra pro- Aerius en cela. » Ainsi ces prières sont utiles, et ressionem suam tam claram Aerio patrocinabun- le sont aux morts, puisque c'est le contraire de lur. Iil eniin est quod Epiphanius in Aerio re- cela que saint Epiphane dont on loue le témoiprehendit. Sin autem orationem quidem probe- gnage a blâmé dans Aérius. « Les prières, » dit mus pro mortuis, oblationemveroimprobemus, ce l'ère1 ', « qu'on l'ait pour les morts leur sont pare esset errons Aeriî quem Apologia cum utiles. * Saint Augustin prêche aussi à son peu- Epiphanio et antiquis rejicit. Damnai enim Epi- pie ■ qu'il ne foutnullementdouterque les prières phanius Aerium dicentem : Quoi ratio estposi ne serrent aux morts, puisque ce n'est pas en obitum mortuorum nomina appellare 5; ubi vain qu'on les fait pour eux 3. » Dans ce môme perspicuum estallegari ritum, teste Auguslino endroit, il lait souvenir* le peuple delà coutume inuniversa Ecclesia frequentatum ut pro mortuis, ancienne et universelle de l'Eglise, de faire menin sacrifieio cum suo loco eommemorentur, ore- lion expresse des morts dans le sacrifice, et d'exfur, OC pro ipsis quoque id offerri commémore- primer qu'on l'offre pour eux; » d'où il conclut tur*. Inde enim AugUStinus Aerii li;eresim ex que celle olilation « leur est utile, pour être Irai- Epiphaniosic refert : Orare vel offerre pro mor- tésde Dieu plus doucement que leurs péchés ne luis non oportere '. Addil Epiphanius : Cœte- méritent.
rum aua pro mortuis eoncipiuntur preces ipsis C'est aussi ce qu'exprime saint Epiphane,
utiles sunt •'•. Ne inane BufTragium vivisque non lorsqu'il condamne Aôrius, qui disait: «Que sert
mortuis profuturum suspicemur, flrmat Au- aux morts qu'on récite leurs noms après leur
gustinus codem loco dicens : « Orationibus vero mort?» où il l'ait une allusion manifeste à la
sanclœ Ecclcsiae et sacrifieio salutari non csl am« coutume de les nommer dans le sacrifice, comme
bigendum mortuos adjuvari : non est dubitan- on vient de le voir dans saint Augustin : et c'est
dum prodesse defunctis pro quibus orationes ad pourquoi ce même Père,dans l'Extrait qu'il fait
Deuinnon inanilcr alleganlur. » Fa vent Iiturgiœ du livre des hérésies de saint Epiphane8, rap-
Grsscorum h\ Apologia laudatœ c, ubi ha?c le- porte celle d'ACrius en ces termes: « Ildisaitqu'il
guntur, fidelium defunctorum nominibus appel- ne fallait point offrir ni prier pour les morts. »
la lis : Pro sainte et remissione peccatorum servi Les liturgies des Grecs, souvent louées dans
Dci N. pro requie et remissione animœ servi tui {'Apologie, confirment cette pratique et cette doc-
N. Lavet et Cyrillus, antiquissimus liturgiœ in- trinc; puisqu'on y récite encore aujourd'hui les
terpres duni pro Pratribus quidem, proplietis, noms des fidèles trépassés, en disant : «Pour le
aposlolis, martyribus, hoc est pro eorum memoria, repos de l'âme d'un tel et d'un tel, et pour laré-
offerri testatur, ut eorum ,inquit 7, preeibus Deus mission de leurs péchés; » et saint Cyrille de Jé-
preces nostrasaudiat. Caitcrum etid addit:esse rusalem, le plus savant et le plus ancien inter-
alios « pro quibus orelur, eo quod certo creda- prèle de la liturgie, dit «qu'on offre le sacrifice
tur eorum animas plurimum sublevari factis en mémoire des apôtres et des martyrs *, » mais
precationibus in sacrifieio quod est super altari, qu'il « y a d'autres morts pour qui l'on prie, par
oblatoque Christo ad eis nobisque impetrandam la foi certaine qu'on a que leurs âmes sont sou-
misericordiam. » Favent in Palribus ejusmodi lagées par le sacrifice qui esl sur l'autel, et par
loci innumerabiles omnibus noti. Hic autem l'oblation qu'on y fait pour eux du corps et du
liturgias commemorari oportebat, eo quod in sang de Jésus-Christ. »
Apologia laudarentur, cum certum sit in iis, Il ne reste donc aucun doute qu'on ne priât
quotquot sunt, duplicem inslilui morluorum pour les morts dans le dessein de les soulager,
' Apol., cap. De vocab. AJiss., p. 274, 275. — 2 Hser. 75, tom. I.
— * Serm. 32, De verlis Aposl., nunc 172, n. 2, tom. v. — « Aug., ' Senn. 32, De vérins Apost., nunc 172, ubi supr. — 2 Aug., 1 arr.
li«r. 63, tom. vin. — s Bpiph., lutr. 75. — c Pag. 274. — ' Cyril., 53, ubi sup. — -1 Aug., l'.aer. 53, ubi sop. — ' Cyril., Cateck. mj/s.'.,
catech. 5, Alt/st., c. 328. catech. 5.
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memoriam; aliorum quorum juvari precibus, alioriun quibus misericordiam impcrliri supplice tur, ejusque rei gratia offeratur sacrificium, qua de re jam diximus L His autem constilutis, vacabil omnis de purgatorio conlroversia; de quo quippe Trîdcntina synodus nihil aliud edixeritquam « etilludesse, anirnasque ibi détentes fidelium suffragiis potissimum vero acceptabili altaris saciificio juvari. »
ainsi que nous faisons; et comme les luthériens déclarent en corps dans Y Apologie qu'ils neveulent pas s'opposer à cette pratique, la question est décidée par cet aveu.
Nous sommes bien aises d'apprendre de M. Molanus qu'une partie des luthériens approuve, non-seulement cette prière, mais encore la pratique. C'est un reste des sentiments anciens que nous honorons dans le luthéranisme. Mais comme on a vu que l'antiquité, dont on veut suivre ici les sentiments, parle également de la prière et de l'oblation pour les morts, il ne faut pas diviser son témoignage, et l'une et l'autre pratique est également recevable.
Du purgatoire.
M. Molanus paraît embarrassé à expliquer ce qu'on pourra faire sur cette matière en faveur des Catholiques, et il se réduit à tenir la chose pour problématique, selon le sentiment qu'il attribue à saint Augustin. Maisla chose est maintenant bien facile, puisqu'on a vu saintEpiphane et dans les liturgies grecques, dont l'Apologie reçoit l'autorité, que les prières et les oblations faites pour les âmes des morts, sont faites pour leur soulagement. Ces âmes sont donc en état d'être soulagées, par conséquent dans un état pénible ; et ce n'est pas de quoi a douté saint Augustin, puisqu'on vient de voir qu'il a dit « qu'il ne faut nullement douter que ces prières et ces oblations ne soulagent les âmes des morts ; » ce qu'il répète par deux fois, et qu'il inculque jusqu'à dire que c'est la pratique ancienne et universelle de toute l'Eglise. ;On voit que, s'il a douté dequelque chose en cette matière,ce n'est pasdu fond des peines dont les âmes peuvent être délivrées, mais de la manière dont elles sont affligées, par exemple, si c'est par un feu matériel. C'est de cela seulement que saint Augustin a douté, comme il paraît par les passages qu'on en produit; et l'Eglise n'a rien décidé sur ce sujet.
Arttculus IV. — De votis wonasticis.
De his transacla res est, cum monachatus smnmam, dempto castilalis volo vir doclus approbet, et suis probari, imo et usurpari doceat. De castitati aulem ex Apologia nulla difficultas, cuininea laudentur, sanctisque accenseantur, Antonius, Bernardus, Dominicus, Franciscus2, qui profecto et caslilalem voverunt ipsi, et suis ut voverent aucloresexlitcrunt. De Bernardo, Dominico et Francisco constat; Anlonii aulem elsubsecuto lempore, quod nos volum vocamus,
' S: =. -•", ii;cr.'. De p irffat., s'ip , part. i. — ■ Hesp. ad abject.
Des vœux monastiques.
L'auteur approuve le fond des institutions et observances monastiques, à la réserve du vœu de continence perpétuelle. Mais Y Apologie a tranché plus net, puisqu'elle a mis au nombre des saints saint Antoine,saintBernard,saint Dominique,saint François, qui certainement ont voué et fait vouer la continence perpétuelle à ceux qui se sont rangés sous leurs instituts.
On peut aussi remarquer ici que saint Bernard, saint Dominique, saint François, qui con stamment ont vécu et cru comme nous, et qui comme nous ont dit et ouï la Messe, sont mis