‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 228 sur 313 · LETTRE II · texte numérisé non relu

LETTRE II

MADAME LA DUCHESSE DE HANOVRE 2 A MADAME l'abbesse DE MAUBUISSON.

(Extrait.)

10 septembre 1691.

J'ai envoyé la lettre de Madame de Brinon à Leibnilz, qui est présentement dans la bibliothèque de Wolfembutel. Je ne sais si elle a lu un livre où il y a le voyage d'un nonce au mont Liban, où il a reçu les Grecs dans l'Eglise catholique, dont la différence est bien plus grande que la nôtre avec votre Eglise ; et on les a laissés, comme vous verrez dans cette histoire» comme ils étaient, donnant la liberté à leurs prêtres de se marier, et ainsi du reste. C'est pour cela que je ne sais pas la raison pourquoi nous ne serions pas reçus aussi bien qu'eux, la différence étant bien moindre. Mais comme vous dites que chez vous il y en a qui y sont contraires, c'est aussi la même chose parmi nous ; ce qui me fait appréhender que quand on voudra s'accorder sur les points dont notre abbé Molanus de Lokkum est convenu avec quelques autres des Eglises luthériennes, il y en aura d'autres qui y seront contraires; et ainsi ce serait comme une nouvelle religion. Je crois avoir envoyé autrefois à M. l'évêquede

1 C'est celui qui est imprimé en tête des pièces qui composent ce recueil ci-dessus. — 2 Cette princesse était sœur de l'abbesse de Maubuisson.

Meaux tous les points dont l'on est convenu avec M. l'évêque de Neustadt, où M. Pellisson les pourra avoir, s'ils ne sont pas perdus. Si Madame de Brinon avait donné les livres de M. de Meaux à M. de La Neuville, il les aurait apportés ici : s'il n'est pas parti, cela se pourrait faire encore. Une difficulté que je trouve encore, si on nous accorde ce que nous demandons pour rentrer dans le giron de l'Eglise, c'est que les Catholiques pourraient dire : Nous voulons qu'on nous accorde les mêmes choses. Il n'y a que les princes qui puissent mettre ordre à cela, chacun dans son pays.

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