‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 230 sur 313 · DEUXIÈME PARTIE: COKMESPONDANCE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE: COKMESPONDANCE

avait établies. C'est pourquoi nous ne croyons au contraire que cela ne doit se faire que par ordre, et avec l'autorité et le consentement du chef de l'Eglise. Car, Bans subordination l'Eglise même ne serait rien qu'un assemblage monstrueux, où chacun ferait ce qu'il voudrait, et interromprait l'ha moniedeloul le corps.

J'avoue donc qu'on pourrait accorder aux ramériens certaines choses qu'ils semblent désirer beaucoup, comme sont les deux espèces. Et en effet, il est bien constant que les Papes, à qui les Pcrcs de Trente avaient renvoyé cette affaire, les ont accordées depuis ce concile à quelques pays d'Allemagne qui les demandaient. C'est sur ce point, et sur les autres de cette nature, que la négociation pourrait tomber. On pourrait aussi contenir de certaines explications de notre doc* bine; et c'est, s'il m'en souvient bien, ce qu'on avait fait utilement en quelques points dans les articles de M. de Neustadt. Mais de croire qu'on fasse jamais aucune capitulation sur le fond des dogmes définis, la constitution de l'Eglise ne les souffre pas, cl il est aisé de voir que d'en agir autre* ment, c'est renverser les fondements, et mettre t<»ute la religion en dispute. J'espère que ?!. Leibnitz demeurera d'accord de celle vérité, s'il prend la peine de lire mon dernier écrit contre le ministre Jurieu, que je vous envoie pour lui. Je vois, dans la lettre de Madame la duchesse de Hanovre, qu'on a vu a Zell les réponses que j'ai faites à ce ministre, et que madame la duchés e de Zell ne les a point improuvées. Si cela est, il faudrait prendre soin de lui faire tenir ce qui lui pourrait manquer de ces réponses, et particulièrement tout le sixième Avertissement. Voilà, Madame, l'éclaircissement que je vous puis don" ner sur la lettre de Madame la duchesse de Hanovre, dont madame deMaubuissonabienvoulu que vous m'envoyassiez l'extrait. Si elle juge qu'il soit utile de faire passer celte lettre en Allemagne, elle en est la maltresse.

Quant aux autres difficultés que propose M. Leibnitz, il en aura une si parfaite résolution par les réponses de M. Pellisson, que je n'ai rien à dire sur ce sujet. Ainsi, je n'ajouterai que les assurances de mes très-humbles respects envers madame de Hanovre, à qui je me souviens d'avoir eu l'honneur de les rendre autrefois à Maubuisson; et je conserve une grande idée de l'esprit d'une si grande princesse. C'est, Madame, voire très-humble serviteur,

f J. Bénigne, év. de Meaux.

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