‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 57 sur 313 · TRAITÉ DE LA COMMUNION · texte numérisé non relu

TRAITÉ DE LA COMMUNION

SOUS LES DEUX ESPÈCES

On n'a jamais seulement pensé que la grâce

division de ce discours en deux parties. attachée au corps de Notre-Seigneur fût autre

La question des deux espèces, quoi qu'en di- que celle qui était attachée à son sang. Il donna

sent messieurs de la religion prétendue réfor- son corps avant que de donner son sang, et on

mée, n'a qu'une difficulté apparente, qui peut peut même conclure des paroles de saint Luc et

être résolue par une pratique constante et per- de saint Paul *, qu'il donna son corps pendant

pétuelle de l'Eglise, et par des principes dont les le souper, et son sang après le souper : de sorte

prétendus réformés demeurent d'accord. qu'il y eut un assez grand intervalle entre les

J'expliquerai dans ce discours : 1° cette pra- deux actions. Suspendit-il l'effet que devait avoir

tique de l'Eglise ; 2° ces principes sur lesquels son corps, jusqu'à ce que les apôtres eussent

elle est appuyée. recu son sang, ou si, dès qu'ils reçurent le corps,

Ainsi la matière sera épuisée, puisqu'on verra ils reçurent en même temps la grâce qui l'ac-

d'un côté le fait constant, et que de l'autre on compagne, c'est-à-dire celle d'être incorporé à

en verra les cause? >rtaines. Jésus-Christ et nourri de sa substance ? C'est

sans doute le dernier. Ainsi la réception du

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