‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 56 sur 313 · Tom. IV · texte numérisé non relu

Tom. IV

terpréter l'Ecriture par son propre esprit, et qu'il n'y a de salut que de l'entendre humblement

comme elle a toujours été entendue, on nous fera dire «pie nous la trouvons dangereuse? Seigneur, jugez-nous, et inspirez à. nos Frères des sentiments plus équitables.

Nous méprisons les saints livres : le peut-on seulement penser! Est-ce mépriser l'Ecriture, que de dire qu'elle a son sens simple et naturel qui a frappé d'abord les esprits des fidèles ?

commencement le sont entendu qu'il était Dieu, non point en figure, mais naturellement et proprement; et c'est pourquoi l'évangéliste ajoute après, non pas qu'il a été fait Verbe ou qu'il a été fait Dieu, mais qu'étant Verbe et étant Dieu devant tous les temps, il a encore dans le temps été fait homme. Est-ce mépriser l'Ecriture, de dire que ce vrai sens a fait impression sur les fidèles, qu'on se l'est transmis les uns aux autres, et qu'Anus, qui l'a rejeté, l'a trouvé établi dans l'Eglise ? J'en dis autant des autres dogmes révélés de Dieu et nécessaires au salut : le vrai Chrétien n'en a jamais pu douter, et sans aucun examen, sa foi est formée. Est-ce donc là ce qu'on appelle mépriser l'Ecriture ? n'est-ce pas plutôt l'honorer ? et sans crainte de s'égarer y trouver la vie éternelle?

Mais vous avez dit, m'objecte-t-on 2 , qu'on aveit instruit des peuples entiers sans leur faire chercher leur foi dans les Ecritures, et qu'en

« Joan., i, 1. — * Tom. n, p. 650.

effet « la charité ne permettait pas d'attendre à prêcher la foi jusqu'à ce qu'on sût assez des langues barbares pour y faire une traduction aussi difficile et aussi importante que celle des livres divins, ou bien d'en faire dépendre le salut des peuples *. » Il est vrai, je reconnais mes paroles ; mais le ministre qui me les reproche, ne devait pas oublier un fait incontestable, et le sentiment exprès de saint Irénée, évoque de Lyon, que j'ai marqué en ces termes comme connu de tout le monde : « Saint Irenée et les autres Pères en ont fait la remarque dès leur temps 2. » Le passage de ce saint martyr n'est ignoré de personne ; le ministre l'a vu marqué dans ma précédente instruction, et n'a pu le nier. Lisez-le, mes Frères, comme un témoignage authentique de la foi de nos ancêtres, puisque c'est la foi d'un saint qui a conversé avec les disciples des apôtres, et qui a illustré le IIe siècle par sa doctrine et par son martyre : l'Eglise gallicane a eu l'avantage particulier de l'avoir pour évêque, dans une de ses plus anciennes et principales Eglises ; et ce nous doit être une singulière consolation de trouver dans ses écrits im monument domestique de notre foi. Voici ses paroles : « Si les apôtres, » dit-il 3, « ne nous avaient pas laissé les Ecritures, ne fallaitil pas suivre la tradition qu'ils laissaient à ceux à qui ils confiaient les Eglises ? ordre qui se justiiie par plusieurs nations barbares qui croient en Jésus-Christ, sans caractère et sans encre, ayant la loi du salut écrite dans leurs cœurs par le Saint-Esprit, et gardant avec soin la foi d'un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, et de tout ce qu'ils contiennent, par Jésus-Christ, Fils de Dieu ! » et le reste qu'il est inutile de rapporter. Il suffit de remarquer seulement qu'il détaille et spécifie tous les articles qu'on apprend sans les Ecritures; et voilà en termes très-clairs la foi salutaire sans le secours de ces livres divins.

Votre ministre s'élève ici contre moi, sur ce que je dis, que ces peuples étaient sauvés « sans « qu'on leur portât autre chose que le sommaire « de la foi dans le Symbole des apôtres 4, » et il ne veut pas qu'on lui en parle. Mais qu'il l'appelle comme il voudra, il faut bien avouer, au fond, qu'il y avait un sommaire de la foi semblable à celui que nous avons : qu'on l'appelle, ou comme parlait dans un autre endroit le même saint Irénée 5, « la règle immobile de la vérité « qu'on recevait dans le baptême, » ou avec toute l'antiquité, le Sjmbole des apôtres; toujours est-il bien certain que la doctrine n'en pouvait

'Prrm. intl.past., n. 43.— 'Ibid.— ,Jrt?n., Arfv. hœr., lib. m, c. 4. — ' Prem. ùat. pas'., n. 43; Rép. du min., col. 80. — 'Lib. I, c. 1.

venir que de ces hommes divins qui ont fondé les Eglises. Ne vous lassez point, mes chers Frères, et écoutez la suite du passage de saint Irénée que nous avons commencé. « Ceux, » dit-il *, « qui ont reçu cette foi sans les Ecritures, selon notre langage, sont barbares ; mais pour ce qui regarde le sens, les pratiques et la conversation selon la foi, ils sont extrêmement sages, marchant devant Dieu en toute justice, chasteté et sagesse; et si quelqu'un leur annonce la doctrine des hérétiques, on les verra fermer leurs oreilles et prendre la fuite le plus loin qu'il leur sera possible, ne pouvant seulement souffrir ces blasphèmes ni ces prodiges, à cause, répondront-ils, que ce n'est pas là ce qu'on leur a enseigné d'abord. » Vous le voyez, mes chers Frères, ces barbares, si bien instruits sans les Ecritures, n'étaient pas de faibles Chrétiens, mais très-fermes dans la foi et dans les œuvres, et très-pleinement instruits contre la doctrine des hérétiques. Si c'était moi qui parlasse ainsi, combien votre ministre se récrierait-il que je méprise les Ecritures, en les déclarant inutiles ? Mais les saints, de qui nous avons reçu les livres divins, ne craignent point ce reproche. Car ils savaient que l'Ecriture viendrait en confirmation de la foi, qu'ils avaient reçue sans elle , et louant la bonté de Dieu, qui, pour s'opposer davantage à l'oubli des hommes, avait rédigé la foi dans les écrits des apôtres, ils ne laissaient pas de bien entendre qu'on pouvait être parfait Chrétien sans les avoir.

Vous voyez maintenant la cause du silence de votre ministre, sur le passage de saint Irénée ; c'est qu'il a senti qu'il ne laissait point de réplique, et il a seulement tenté de lui opposer un endroit de saint Chrysostome 2, « où il assure positivement que les Barbares, Syriens, Egyptiens, Indiens, Perses, Ethiopiens, avaient appris à philosopher en traduisant, chacun dans sa langue, l'Evangile de saint Jean. » Il triomphe de cette parole en disant : « Que M. de Meaux dé- « mente, s'il veut, saint Chrysostome. » Mais je ne veux non plus démentir saint Chrysostome que saint Irénée. Une convient qu'aux ennemis de la vérité de chercher à commettre entre eux ses défenseurs, plutôt que de les concilier ensemble, comme il est aisé en celte occasion.

Il n'y a pas ombre d'opposition entre saint Irénée, qui assure que, de son temps, il y avait des peuples entiers, qu'on regardait dans toute l'Eglise comme parfaits Chrétiens, sans qu'ils eussent l'Ecriture sainte, et saint Chrysostome qui dit, deux cents ans après, qu'elle se trouve chez les peuples qu'on lui vient d'entendre nom-

' Lib. m, c. 4. — 5 Tom. H, p. 551 ; Hom. I, in Joan

mer. Car d'abord il est bien certaio que, dès le trouveront la même foi qu'on leur avait annon-

temps de saint Irénée, des peuples entiers, que cée, ils y seront confirmés, leur cœur sera con-

sainl Chrysostome n'a pas Qommés, avaient reçu sole ; mais la loi, reçue de main en main par les

l.i foi. Saint Justin, quia souffert le martyre nu successeurs des apôtres, sera toujours leur pre-

peu devant saint Irénée, compte parmi ceux où mière règle.

la loi avait pénétré, jusqu'à ces Scythes vaga- Quand te ministre trouve ridicule, et même bonds et presque sauvages, qui traînaient sur impossible, que les pasteurs de l'Eglise reçoivent des chariots leure familles toujoursamoulantes1. la loi les uns des autres, à cause, dit-il i, que Qu'on ait traduit l'Ecriture dans leur langue, ni « la loi de l'évèque mourant s'éteint avec lin sans saint Chrysostome ne le dit, ni il n'en reste au- qu'il lapuisse Laisser àson successeur qu'il ne coneune mémoire dans toute la tradition eeclésias- naitpas, »» ilmonlre parer mauvais discours qu'il tique ; et quand il serait certain, ce qui n'est pas, ignore parfaitement l'état de la question. Quand que les peuples dont saint Chrysostome a parlé, on dit qu'on reçoit la loi de son prédécesseur, Comme axant traduit l'Ecriture, seraient les mè- on ne veut dire autre chose, sinon qu'on se l'ait mesdont saint Irénée a si positivement assuré une règle inviolable de croire et de prêcher dans qu'ils ne l'avaient pis de son temps, notre cause l'Eglise ce ipion a cru et prêché devant nous, n'eu serait pas moins en sûreté, et il demeure- Tant qu'on persévérera dans cette résolution, rait toujours pour également incontestable, qu'on on n'enseignera jamais d'erreur, on ne sera peut être parfaitement Chrétien sans l'Ecriture, jamais dans le schisme et dans la rupture. Si par la seule autorité de la tradition, comme a quelque évêque rompt la chaîne de la tradition, parlé saint Irénée. le reste de l'Eglise réclamera contre: le nova- Il sera donc véritable qu'on doit à la vérité leur sera noté éternellement, et, quand il cnlraidonner l'Ecriture, le plus têt qu'on peut, à tous nerait son peuple avec lui, son peuple devra les Chrétiens; mais sans discuter davantage, ni sentir dans sa conscience, par la seule innovasaint Justin, ni saint Irénée, ni saint Chrysos- lion de son pasteur, qu'il ne peut plus se sauver tome, il n'\ a point de protestant si déraisonna- sous sa conduite.

ble pour laisser périr quelques peuples dans Le ministre met donc tout en confusion, et ne

leur ignorance, sous prétexte qu'on n'aurait s'entend pas lui-même, lorsqu'il demande si l'é-

encore pu traduire en leur langue les livres vêque« qui meurt, laisse sa foi sur son siège, on

sacrés. s'il peut la laissser de main en main, comme Sans parler des peuples barbares qu'on aurait une chose matérielle 2. » Voici le nœud et la chatsauvés par la loi, avant même qu'ils pussent ne qui captivent tous les esprits. L'Eglise calhoavoir les Ecritures, il est bien certain que la nié- lique a toujours pensé, dès son origine, (pie sa thode commune de tous les Chrétiens est de faire foi ne changerait jamais, et ne devait ni ne poudire Credo à ceux qu'on instruit, grands et petits, vait jamais changer. Aussitôt donc qu'on sent dès qu'on leur présente l'Ecriture sainte, et quelque changement dans un corps constitué de avantqu'ilsl'aient ouverte. Qu'on dise tout ce cette sorte, en quelque temps que ce soit, on se qu'on voudra du Symbole des apôtres, ce sera souvient de la promesse : on rappelle dans son toujours un fait véritable qu'il est reçu et prali- esprit la règle de ne changer point, et de n'avoir que par tout ce qui porte le nom de Chrétien, et jamais besoin de changer: l'innovation est que, pour en suivre la méthode, il faudra tou- marquée, et en même temps détestée avec ses joins faire connaître aux fidèles l'Eglise eatholi- auteurs, et la foi demeure immuable dans sa que, avant qu'on leur ait nommé l'Ecriture succession.

sainte, dont le Svmbole ne fait aucune mention; C'est la consolation des Catholiques, toutes les

c'est-à-dire que les apôtres, dont ce Symbole a fois qu'ils voient le corps de leurs pasteurs tenir

pris tout l'esprit , ont reconnu dans l'Eglise toujours le même langage, et prêcher la même

catholique la source primitive de la foi et du foi. Dans les derniers qui sont en place, ils en-

salut. tendent tous leurs prédécesseurs, et remontent

C'est là que tout hérétique demeurera court ; par les apôtres jusqu'à Jésus-Christ,

et encore que le nom même de l'Eglise eatholi- Quand on s'écrie après cela : « Pauvre Ecri-

que ne se trouve pas dans l'Ecriture, ce sera ture, comment Dieu vous a-t-il dictée ? Que vous

toujours sous l'autorité de ce nom que les fidè- devenez inutile! Il n'y a qu'à montrer l'Eglise3 : »

les seront élevés dans la vraie foi. Quand en- encore un coup, on ne s'entend pas. Heureux

suite ils liront l'Ecriture sainte, et que toujours celui qui, né et instruit dans le sein maternel de

sous l'instruction de l'Eglise catholique, ils y l'Eglise et dans la foi des promesses, n'a jamais

« Apel. 2, et Ado. Tryph. i Toui. il, p. 610, 611, etc.— 2 ZUd. — 3 Pag. 547,5-lvS, etc.

besoin de disputer ! S'il s'est écarté de cette voie, Mais on doit bien se garder de croire que, sous

on travaille à le ramener par les Ecritures ; s'il ce prétexte, nous négligeons d'enseigner aux

n'y a jamais été, et qu'il soit encore fidèle, on peuples les vérités de la religion. Il n'y a qu'à

lui lira les prophéties dont l'Ecriture est pleine, lire nos catéchismes ; et, puisque c'est moi qu'on

et on tâchera de lui en marquer les autres ca- prend à partie, et qu'on accuse de vouloir intro-

ractères divins. Mais il y aura toujours grande duire l'ignorance, sous prétexte de faire valoir

différence entre celui qui cherche, et celui qui, la promesse de Jésus-Christ, il vous est aisé de

bien instruit par l'Eglise, aura tout trouvé dès le connaître la calomnie. Car, puisqu'on vient de

premier pas. parler de catéchisme, si vous voulez jeter les

L'exemple des hérésies lui fera sentir la sûre- yeux seulement sur celui que j'ai mis en main té où il faut marcher. Cette voie, nous a-t-on au peuple que je sers (et chaque évêque vous en dit, mène à l'ignorance*. Voyons donc ce qu'ont dit autant dans les diocèses où vous êtes, avec appris ceux qui l'ont pratiquée, et qui ont voulu encore plus de confiance), vous verrez, qu'à être plus sages que l'Eglise catholique. C'est par l'exemple de saint Paul, « nous ne leur avons là que les marcionites et les manichéens ont ap- « rien soustrait de ce qui est utile à leur salut, » pris que l'Eglise précédente avait falsifié les et que « nous leur annonçons » en toute vérité Ecritures canoniques, et qu'il y avait deux pre- et pureté, « la connaissance de Dieu, et la foi en miers principes, dont l'un était la cause du pé- « Jésus-Christ Notre-Seigneur i. » ché ; les ariens ont appris que le Fils de Dieu Dites-nous donc, mes Frères, en quoi nous était une créature, et ne pouvait être appelé Dieu entretenons l'ignorance? Vos ministres vouqu'improprement ; les pélagiens ont appris qu'il draient bien qu'on crût que nous n'instruisons n'y avait que les simples et les ignorants qui pas assez notre peuple sur la connaissance de pussent croire qu'on fût pécheur par le péché de Dieu et contre l'idolâtrie. Mais ils savent bien son père, ou que l'on eût besoin de la grâce, à le contraire ; ils savent bien, dis-je, que nous chaque acte de piété que produisait le libre ar- enseignons parfaitement que Dieu est seul, et que bitre. Wiclef a appris qu'il n'y a point de libre seul il a tout tiré du néant. Le reproche d'idoarbitre, et que Dieu était auteur du péché ; Lu- latrie tombe visiblement par ce seul dogme. Aussi ther, Mélanchton, Calvin et Rèze, avec les autres vos ministres ne nous le font plus que par couréformateurs du XVIe siècle, ont succédé à cette tume ou par engagement ; et leur conscience science ; les luthériens, en particulier, ont appris les dément, comme la nôtre nous fait mépriser à sauver la réalité par leur ubiquité ; et les cal- de vains reproches où nous ne sommes touchés vinistes, à mettre au rang des saints et à rece- que de l'injustice de ceux qui osent encore les voir aux mystères ceux qui tiennent ce prodige renouveler.

de doctrine, aussi bien que le semi-pélagianis- Si par là ils sont contraints d'avouer qu'avec me, dont les mêmes luthériens sont convaincus, un tel sentiment il est impossible qu'on soit ido- Les calvinistes ont pour leur compte particulier lâtre dans son cœur, et qu'ils tâchent de trouver l'inadmissibilité de la justice, etla sanctification notre idolâtrie dans notre culte extérieur, ils de tous les enfants des fidèles dans le sein de n'entendent pas la nature de ce culte, qui, ne leurs mères. Ces deux dogmes sont définis dans pouvant être autre chose que la démonstration le synode de Dordrecht ; la chose n'est pas dou- des sentiments intérieurs, ne permet en aucune teuse parmi les gens de bonne foi : la suite de sorte qu'on soupçonne d'idolâtrie ceux qui conces deux dogmes, c'estquejusquàlafindumonde naissent Dieu en vérité, et l'adorent seul au dela grâce ne peut sortir d'une famille où elle est dans.

entrée une fois, et que David dans ses deux cri- Mais si nous enseignons très-purement la con-

mes, Salomon dans ses idolâtries, et saint Pierre naissance de Dieu, nous ne sommes pas moins

dans son reniement, n'ont point perdu lajustice. soigneux de faire connaître Jésus-Christ. Peut-

C'est ainsi que se sont rendus savants ceux qui on nous reprocher avec la moindre vraisem-

ont renoncé à la foi de l'Eglise. Tous ces faits blance que nous taisions à nos peuples qu'étant

que j'ai posés sont demeurés et demeureront Dieu et homme, la satisfaction qu'il a offerte

éternellement sans réplique. Les Catholiques pour nous à la croix est infinie et surabondante;

évitent par leur soumission ces sciences fausse- en sorte qu'il n'y manque rien, et qu'il ne reste

ment renommées 2, et ils éprouvent heureusement autre chose à faire au Chrétien que de s'en ap-

que c'est tout savoir que de n'en pas vouloir sa- pliquer la vertu par une foi vive ? En quelle

voir plus que l'Eglise, c'est-à-dire de ne vouloir conscience pourrait-on dire que nous laissons

pas être savant plus qu'il ne faut 3. • ignorer cette foi, ni que nous puissions après ce«

«Pag. &4C, 553. —2/ Tint., m, 20. —* Rom., xïi, 3. ' Ad., xx, 20, 21.

li tgaler le fini à L'infini, el comparer aucune y est clair, ou par les texies exprès de l'Ecriture

intercession ou des hommes on des anges à celle ou par la seule exposition de notre doctrine, ou

duSaureur! par L'aveu du niinistre qui a voulu me com-

On nous objecte des conséquences qu'on tire battre,

de notre doctrine. Mais outre qu'elles sont (ans- Puisqu'il est écrit que, pour éprouver la foi

ses, dumoinsnepeut-onnierdansle bit qu'elles des Chrétiens « il faut qu'il y ait des hérésies1*»

ne soient désavouées par cenl actes authenti- puisque, dès que Jésus-Christ a paru dans le

ques. el que 0OUS ne détestions toute doctrine inonde, il a été dit de lui (pi' « il était mis pour

qui déroge aux grands principes qu'en vient de «être en hutte aux contradictions 2, » et que

poser. l'homme, ingénieux contre soi-même, devait

.Nous enseignons parfaitement la sainte et se- épuiser la subtilité de son esprit à pervertir en

fère jalousie de Dieu et de Jésus-Christ ; mais toutes manières les voies droites du Seigneur

de le rendre jaloux de ses ouvrages, connus avouez qu'il était de sa sagesse comme de sa

connue tels, qui sont ses saints, ou de lui-mè- puissance de préparer un remède aisé, par le-

me dans l'Eucharistie, ou des choses que l'on ne quel, sans dispute el sans embarras, tout esprit

conserve dans les églises que pour exciter le droit pût connaître les schismes futurs. Le voilà

souvenir de ses mystères et de ses tuâtes, et les dans la promesse de l'Evangile, qui exclut toute

porter jusqu'aux yeux les plus ignorants, c'est interruption dans la succession apostolique et

une délicatesse indigne dosa bonté et de sa gras- dans l'extérieur de son Eglise. Par là l'intérieur

deur. est à couvert, puisque la prédication, toujours

C'est du cœur qu'il est jaloux ; et, pour ne le véritahle, et qui, jusqu'à la lin des siècles, ne

point irriter, on ne doit non plus partager son cessera de passer de main en main etdchouche

culte que son amour. Mais quoi I n'enseignons- (>" louche, aura toujours son effet au dehors

nous pas que le vrai culte de Dieu est de l'aimer Pil1' l'assistance de Jésus-Christ toujours pré-

de tout son cœur et plus que soi-même, et son sente. Voilà un caractère certain, qui, jusqu'à

prochain connue soi-niéine pour l'amour de lui? 'il •'" l'11 monde, notera les contredisants et les

Quelle partie de ces deux préceptes laissons-nous hérétiques.

ignorer à nos peuples, et ne leur apprenons- Vous répondez : <)n a tout quand on a la venons pas en même temps que tout ce qu'ils l'ont rite : le salut est Infaillible à ceux qui la pospour accomplir ces deux préceptes, autant qu'il sèdent ; mais on n'a rien avec l'ancienneté, la se peut, en cette vie infirme et mortelle, est don- succession et l'étendue, lorsque la vérité manne d'en haut par une pure miséricorde, à cause q,l(>: d laid donc chercher l'une et se mettre de Jésus-Christ; en sorte qu'il n'y a point île peu en peine de l'autre3. » Vous ne songez pas mérite qui ne soit un don spécial de Dieu, et que Jésus-Christ a voulu mettre expressément qu'en couronnant nos bonnes œuvres il ne cou- 'a vérité à couvert par l'assistance qu'il promet ronne que ses propres libéralités? Où est donc a 'a succession ; de sorte que quand vous dites: l'ignorance qu'on nous reproche d'affecter ou * il ÛKit chercher l'une, et se mettre peu en d'introduire? Avouez qu'on ne sait où la trouver, a peine de l'autre, » c'est de même que si vous et que les ministres ne peinent ici nous l'on- disies : il faut chercher la fin, et se mettre peu jeeter, qu'en supposant sans raison tout ce qu'il <'" /"'"'£ des moyens donnés de Dieu pour y leur plaît parvenir.

11 n'est ni nécessaire, ni possible d'entrer Mais, dites-vous '«, ce remède est faihle; l'aumaintenant dans un pms grand détail. On n'a torité ne remédie point aux erreurs: il y a eu pas besoin de boire toute l'eau de la mer, pour (Ics divisions dès le temps des apôtres : « Si leur savoir qu'elle est amère, ni de rapporter au long autorité échoua dès le premier schisme , que toutes les calomnies qu'on nous fait, pour faire 1(Ma cdle cles I>aPes etdes évèques? Arius, malsentir toute l'amertume qu'on a contre nous. Sré Ic concile qui lui dénonça un anathème éternel, grossit son parti: » il en est de même des CONCLUSION autres, comme qui dirait: La sévérité des lois

n'empêche pas qu'il n'y ait des vols et des mas-

et abrégé de tout ce discours. saci.es, donc ce remède est peu efficace. Que

J'ose donc vous conjurer encore une fois de ferez-vous donc? Abandonnez tout; et parce

lire cette instruction et YinstructUm précédente. °.u'il y a des esprits superbes et contentieux qui

Vous y trouverez la voie du salut et le repos de résistent à tous les remèdes, cessez de les pro-

vos âmes dans les promesses de Jésus-Christ et .,-, , 10 2, ,, . , M ,,..

de 1 Evangile. Elles n ont aucun embarras : tout 735, 73c, 733.

poser aux simples et aux droits de cœur, testants, elle n'est que dans leurs discours. Les

Mais, poursuit-on, les apôtres n'avaient donc évêques ne se croient maîtres ni auteurs de

qu'à aller par toute la terre y faire lire dans le rien : toute leur gloire est d'enseigner ce qu'ils

Symbole l'article de l'Eglise catholique, dont le ont reçu de ceux qui les précédaient : on n'a

nom même ne se trouve pas dans les écrits sacrés, jamais besoin d'aller bien loin pour trouver le

et ils se sont tourmentés en vain à rechercher novateur; c'est un fait toujours constant: nous

les prophéties ; comme si chaque chose n'avait avons dit plusieurs fois que dans l'Eglise catho-

pas son temps, ou qu'il n'eût pas fallu établir lique, nul ne se montre soi-même en particu-

l'Eglise catholique avant que d'en employer lier, ni ne veut donner son nom à son troupeau;

l'autorité. tous montrent l'Eglise et les promesses qu'elle a

C'est en vain qu'on tâche de l'affaiblir, en reçues en corps ; ce n'est pas présumer de soi,

disant que le nom ne se trouve pas dans les écrits ni s'attirer une gloire vaine, que de mettre sa

sacrés. Quoi qu'il en soit, il est gravé dans le confiance aux promesses de Jésus-Christ ; et il

cœur de tous les Chrétiens ; et les protestants est visible par le discours du ministre, qu'il n'a

eux-mêmes n'ont pu s'empêcher de professer, pu nous imputer de l'ostentation qu'en altérant

comme nous, la foi de l'Eglise catholique avant tous nos sentiments.

toute discussion et tout examen. Si l'on était demeuré dans cette règle, si tout

On trouve de l'ostentation dans les évêques et le monde avait noté ceux qui sont sortis de la

dans les curés, « qui se voient les maîtres uniques ligne de la succession, il faut avouer qu'il n'y

de la religion ; qui, dit-on s'élèvent fort au- aurait eu ni schisme, ni hérésie, dont la source

dessus du reste des hommes, et qui veulent de tout le mal sera éternellement qu'il y a eu et

qu'on les écoute comme autant d'apôtres infail- qu'il y aura des esprits superbes, qui veulent se

libles, dès le moment qu'ils portent le titre de faire un nom, qui adorent les inventions de leur

pasteurs. » Il est vrai, il y aurait là une osten- esprit, et se séparent eux-mêmes, tation énorme; mais, par malheur pour les pro-

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