‹ Œuvres completes de Bossuet (volume 5)Chapitre 98 sur 313 · LES FAUSSES LETTRES PASTORALES DES MINISTRES · texte numérisé non relu

LES FAUSSES LETTRES PASTORALES DES MINISTRES

Jacques-Bénigne, par la permission divine, évéque de Meaux, aux nouveaux Catholiques de notre diocèse, salut et bénédiction en Noire-Seigneur.

A l'approche du saint jour de Pâques, vous devez être touchés d'un saint désir de communier avec vos frères. C'est Jésus-Christ même qui vous invile à ce banquet de paix, et vous devez croire qu'il vous dit par ma bouche: a J'ai désiré « d'un grand désir de manger cette pàque avec « vous '. » Car encore qu'il désire toujours de faire la pàque avec ses disciples ; que le cénacle et la grande salle où il veut faire ce festin soient toujours prêts, l'Eglise toujours ouverte et la table toujours dressée, c'est néanmoins principalement dans ces saints jours qu'il appelle ses enfants à son banquet; et vous êtes, mes chers Frères, de tous ses enfants ceux qu'il désire le plus de voir à sa table, puisque c'est là que vous donnerez la dernière marque de votre sincère union avec son Eglise.

Souvenez-vous du saint roi Ezécbias et de la pàque solennelle qu'il célébra dans Jérusalem 2. Il ne se contenta pas d'y appeler tous ceux de

ilbid., 5, 6 et seq. — ■ 11 Para!., xxx, 10, 11.

Jiula, c'est-à-dire ceux qui étaient toujours demeurés dans l'unité du peuple de Dieu, dans le culte du sanctuaire, et dans la soumission au vrai sacerdoce que Dieu avait établi par Moïse. Il résolut, de concert avec le conseil et tout le peuple de Jérusalem, d'envoyer ses messagers aux dix tribus scliismatiqucs, qui, dès le temps de Koboam, s'étaient séparées d'avec Juda et d'avec le temple, et « il leur adressa des lettres, « afin que, convertis de tout leur cœur au Dieu « de leurs pères x, » ils vinssent avec leurs frères, dont ils avaient abandonné la communion, célébrer la pàque au lieu que le Seigneur avait choisi.

Pendant que les envoyés de ce pieux prince « allaient en diligence de ville en ville, plusieurs « se moquaient d'eux, et quelques-uns acquics- « çant aux conseils d'Ezéebias » et h la douce invitation de leurs frères, « venaient » célébrer la pàque « dans Jérusalem 2, » au lieu d'unité et de paix. C'est, mes Frères, le traitement qu'éprouve l'Eglise. Depuis cette malheureuse défection du siècle passé, depuis cette funeste apostasie qui a arraché à l'Eglise des nations entières, et qui semblait préparer les voies au

' Aid., 5, 6 seq. — » // Parai., xxx, 10, 11.

LETTRE PASTORALE

règne de l'Antéchrist, selon la prédiction de l'Apôtre i, nous n'avons cessé de rappeler dans la mémoire de nos frères errants, ces bienheureux jours où nos Pères mangeaient ensemble le pain de vie, et gardaient, selon le précepte de saint Paul, le sacré lien de la fraternité chrétienne. Mais plusieurs, prévenus de la haine aveugle que leurs ministres leur inspiraient, se moquaient de nous ; et quelques-uns se ressouvenant de notre ancienne unité dont ils portent l'impression dans le sein par le baptême, sont revenus à Jérusalem, c'est-à-dire à l'Eglise catholique, où Dieu a établi pour jamais son nom et la profession du christianisme.

Enfin la grâce de Dieu s'est déclarée abondamment en nos jours. Un roi aussi religieux et aussi victorieux qu'Ezéchias, a invité les prévaricateurs d'Israël à revenir à l'unité de Juda, c'est-à-dire les errants et les schismaliques à revenir aux pacifiques et aux orthodoxes ; et nous avons vu quelque chose de ce qui est écrit dans le saint prophète Osée : « En ce temps les en- « fants d'Israël s'assembleront et établiront sur « eux un même chef 2, » c'est-à-dire que les Catholiques et les schismatiques reconnaîtront d'un commun accord le chef que Dieu leur a donné, Jésus-Christ dans le ciel, et sur la terre saint Pierre, qui vit dans ses successeurs pour gouverner le peuple de Dieu suivant sa parole. Ainsi les séparés dont il était dit : « Appelez-les ceux « pour qui il n'y a point de miséricorde, » sont venus « en aussi grand nombre que le sable de « la mer, » afin de recevoir la miséricorde : « et « au lieu qu'on leur disait : Vous n'êtes pas mon « peuple, on les nomme les enfants du Dieu « vivant 3. »

Je ne m'étonne pas, mes très chers Frères, que vous soyez revenus en foule et avec tant de facilité à l'Eglise où vos ancêtres ont servi Dieu. Le fond même du christianisme, et comme je l'ai déjà dit, le caractère du baptême vous y rappelait secrètement : aucun de vous n'a souffert de violence, ni dans sa personne ni dans ses biens. Qu'on ne vous apporte point ces lettres trompeuses, que des étrangers travestis en pasteurs adressent sous le litre de Lettres pastorales aux protestants de France qui sont tombés par la force des tourments. Outre qu'elles sont faites par des gens qui jamais n'ont pu prouver leur mission, ces lettres ne vous regardent pas: loin d'avoir souffert des tourments, vous n'en avez pas seulement entendu parler. J'entends dire la même chose aux autres évëques: mais pour vous, mes Frères, je ne vous dis rien que vous ne disiez tous aussi bien que moi. Vous êtes re-

(JJ Thev.tu, 3. — * Osée, X, 11.— » Osée , i, 6,10.

venus paisiblement à nous, vous le savez. Quand j'ai prêché la sainte parole, le Saint-Esprit vous a fait ressentir que j'étais votre pasteur. Je vous ai vu autour de la chaire avec le même empressement que le reste du troupeau: la sainte doctrine entrait dans votre cœur à mesure qu'on vous l'exposait telle qu'elle est : et les doutes que l'habitude plutôt que la raison élevait encore dans vos esprits, cédaient peu à peu à la vérité. Vous n'avez pu vous empêcher de reconnaître que j'étais à la place de ceux qui ont planté l'Evangile dans ces contrées ; vous les avez révérés en ma personne, quoique indigne. Je ne vous ai point annoncé d'autre doctrine que celle que j'ai reçue de mes saints prédécesseurs : comme chacun d'eux a suivi ceux qui les ont devancés, j'ai fait de même. Regardez tout ce que nous sommes d'évêques autour de vous et dans toute l'étendue de ce royaume ; nous avons tous la même gloire, que nous ne laisserons pas affaiblir. Dans celte succession on n'a jamais entendu un double langage. Les évêques séparés de notre unité, tels que sont ceux d'Angleterre, de Suède et de Danemark, au moment de leur séparation, ont manifestement renoncé à la doctrine de ceux qui les avaient consacrés. Il n'en est pas ainsi parmi nous: toujours unis à la chaire de saint Pierre, où dès l'origine du christianisme on a reconnu la tige de l'unité ecclésiastique, nous n'avons jamais condamné nos prédécesseurs, et nous laissons la foi des Eglises telle que nous l'avons trouvée. Nous pouvons dire, sans crainte d'être repris, que jamais on ne montrera dans l'Eglise catholique aucun changement que dans des choses de cérémonie et de discipline, qui dès les premiers siècles ont été tenues pour indifférentes. Pour ces changements insensibles qu'on nous accuse d'avoir introduits dans la doctrine, dès qu'on les appelle insensibles, c'en est assez pour vous convaincre qu'il n'y en a point de marqués, et qu'on ne peut nous montrer d'innovation par aucun fait positif. Mais ce qu'on ne peut nous montrer, nous le montrons à tous ceux qui nous ont quittés : en quelque partie du monde chrétien qu'il y ait eu de l'interruption dans la doctrine ancienne, elle est connue; la date de l'innovation et de la séparation n'est ignorée de personne. S'il y avait de tels changements parmi nous, les auteurs en seraient nommés; l'esprit de vérité qui est dans l'Eglise les aurait notés, et le nom en serait infâme, comme celui des Arius, des Nestorius, des Pelage, des Dioscore et des Rérenger. Ainsi tout ce qu'on vous a dit de ces insensibles changements dans la doctrine, dont jamais on n'a produit aucun exemple dans l'Eglise chrétienne,

MJR LE I»KV0IK PASCAL.

n est <iiùinc accusation on l'air, qui ne se trouve

soutenue par aucun l'ait: et lorsque vous entendez la doctrine que jo vous annonce, et celle que tous annoncent les autres évoques catholiques, vous ne devez nullement douter que vous n'entendiez dans nos discours ceux qui nous ont les premiers prêché l'Evangile, et dans ceux-là les apôtres, et dans les apôtres celui qui a dit : « Allez, enseignez et baptisez; et voilà, je suis « avec vous jusqu'à la consommation des si « clés !. p

Ainsi, quand les ministres vous disaient que vous n'aviez point a vous mettre en peine de la succession des chaires et des pasteurs, pourvu que vous eussiez la bonne doctrine et la véritable intelligence de l'Ecriture, ils séparaient ce que Jésus-Christ a voulu rendre inséparable: et c'est en vain qu'ils se glorifiaient de l'intelligence des Ecritures, en rejetant les moyens par où il a plu à Dieu de la transmettre, Il a voulu qu'elle \iut à nousde pasteur en pasteur et de main en main, sans que jamais on n'aperçut d'innovation. C'est par là qu'on reconnaît ce qui n toujours été cru, cl par conséquent ce que l'on doit toujours croire: c'est pour ainsi dire, dans ce toujours <pie parait la force de la vérité et de la promesse : et on le perd tout entier dès qu'on trouve de l'interruption en un seul endroit. « Ce que je vous ai enseigné, » dit saint Paul 2, « laissez-le « comme en dépôt à des gens fidèles, qui pui « sent eux-mêmes en instruire d'autres, a Séparer la saine doctrine d'avec cette chaîne de la succession, c'est séparer le ruisseau d'avec le canal ; et se vanter de l'intelligence de l'Ecriture, quand on reconnaît qu'on a perdu la snile de la tradition dans les pasteurs, c'est se vanter d'avoir conservé les eaux après que les tuyaux sont rompus.

>.'écoutcz donc pas, mes bien-aimés, les paroles de mensonge, et ne vous laissez pas séduire à ces prétendues lettres pastorales qu'on vous adresse de tant d'enéroits et en tant de formes différentes. Celle qui a pour titre: Lettre pastorale aux protestants de Franee, qui sont tombés par les tourments, n'en est pas meilleure, pour être pleine des paroles que ce grand évoque et ce grand martyr saint Cyprien adressait aux fidèles de Carthage , pour les exhorter à la pénitence et au martyre. Ceux qui osent imiter les ■vrais pasteurs, et qui tiennent le langage de saint Cyprien, devraient considérer s'ils peuvent à aussi bon titre s'attribuer l'autorité pastorale. Qu'ilsconsultentce saint martyr, il leur apprendra que ['Eglise est une, que l'épiscopat est tin, que, pour le posséder légitimement , il faut remonter

1 muh , xxrm, 1% 2<v — ' II Tim., n, 2.

B. Tom. IV.

par une succession continuelle jusqu'à la soun , de l'unité, c'est-à-dire jusqu'aux apôtres, et jusqu'à celui à qui Jésus-Christ a dit uniquement, pour fonder son Eglise sur l'unité: «Tu es « Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon «Eglise, et les portes d'enfer ne prévaudront « pointconlre elle: et je te donnerai les clefs du « royaume des cicux , etc. 2 ; » et encore après sa résurrection: « Pais mes brebis 3. » Le mémo saintC\prienleurappremlra que, de cette source desapôtres, consommés dans une parfaite unité, sont sortis tous les pasteurs; que c'est parla que l'épiscopat est un, non-seulement dans tous les lieux, mais encore dans tous les temps: que l'Kglise comme un soleil porte ses rayons par tout l'univers, niais que c'est la même lumière qui se répand de tous côtés; qu'elle étend ses branches et fait couler ses ruisseaux par toute la terre; mais qu'il n'y « a qu'une source, un chef, un commun principe, une même souche, et enfin une même mère, riche dans les fruits qu'elle pousse de son sein fécond. » De peur qu'on ne s'imagine qu'il puisse arriver des cas où il soit permis de se séparer de l'unité de l'Eglise , ou de réformer sa doctrine, il ajoute ces belles paroles que je vous prie, mes Frères, de considérer: « L'Epouse de Jésus-Christ ne peut jamais être adultère; elle ne peut être corrompue, et sa pudeur est inviolable. Celui qui se Sépare de l'Eglise pour se joindre à une adultère , » c'est ainsi qu'il traite les sectes séparées de l'unité de l'Eglise , « n'a -point de part aux promesses de Jésus-Christ ; c'est un étranger, c'est un profane, c'est un ennemi. Il ne peut avoir Dieu pour père, puisqu'il n'a pas l'Eglise pour mère. » C'est en vain qu'il en prétend dissiper l'unité sainte: elle est fondée sur l'unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit. « Et on croira, » poursuit-il , « que l'unité, qui est appuyée sur un si ferme fondement, se puisse dissoudre? Celui qui ne tient pas à cette unité de l'Eglise, ne tient pas à la loi de Dieu ; il n'a pas la foi du Père et du Fils, il n'a pas la vie et le salut.

Ne sentez- vous pas, mes Frères , combien la méthode dont on se servait dans vos églises prétendues est opposée à celle de saint Cyprien? Vos ministres vous disaient sans cesse que croire l'Eglise sans examiner, c'est sans examiner croire des hommes sujets à faillir ; et que , pour connaître la vraie Eglise à qui l'on peut croire, il faut par la discussion des questions particulières, connaître auparavant la vraie foi enseignée par les Ecritures. Mais vous voyez que saint Cyprien prend bien une autre méthode. Pour

1 Cypr., De unie. Eccl., p. 19). — 2 Malth., XVI, 18, 19. — : Jjûn., XXI, 17.

43 i LETTRE PASTORALE

confondre par un argument facile et abrégé ', tenaient à part. Mais ce saint martyr les confond

comme il se l'était proposé, les hérésies et les par les paroles précédentes, où Jésus-Christ

schismes, il allègue l'autorité de l'Eglise: il ne parle en celle manière: « Si deux d'entre vous

connaît rien de plus manifeste, et, loin de per- « s'unissent ensemhle sur la terre, mon Père»

mettre d'examiner l'Eglise par l'examen de ses « qui est dans le ciel , leur accordera tout ce

dogmes , il veut qu'on la connaisse d'ahord, et « qu'ils demanderont; » où ce qui paraît d'abord,

qu'on tienne pour assuré qu'on n'a ni la loi de c'est que ces deux qui s'accordent doivent être

Dieu , ni la foi, ni le salut, ni la vie, quand on dans le corps, dans l'unité chrétienne, dans la

n'est pas dans son unité. commune fraternité. Si deux, dit-il, d'entre vous,

Ce grand homme a toujours suivi la même c'est-à-dire comme l'entend saint Cyprien *, si méthode. Lorsqu'Antonien , un de ses confrères, deux ou trois enfants de l'Eglise, deux ou trois dans l'épiscopat, hésitait à condamner Novatien, qui soient ensemble dans la communion, s'aset voulai t auparavant être informé de sa doctrine, semblent au nom de Jésus-Christ , il sera au misaint Cyprien lui fit cette grave réponse 2: lieu d'eux, et écoutera leurs prières. Seconde- « Quant à ce qui regarde la personne de Nova- ment , dit ce saint docteur, il est nécessaire que tien, puisque vous désirez qu'on vous apprenne ces deux ou trois s'unissent. « Et, » poursuit quelle hérésie il a introduite, vous devez savoir, saint Cyprien, «comment peut-on s'unir avec mon cher Frère, avant toutes choses, que nous quelqu'un, quand on n'est pas uni avec le corps n'avons pas besoin de rechercher curieusement de l'Eglise, et avec toute la fraternité ? Comment ce qu'il enseigne , puisqu'il enseigne hors de peuvent deux ou trois être assemblés au nom l'Eglise: quel qu'il soit, il n'est pas Chrétien, de Jésus-Christ,, s'il est constant dans le même puisqu'il n'est pas dans l'Eglise de Jésus-Christ. » temps qu'ils sont séparés de Jésus-Christ et de

Ainsi, quand on sépare de l'unité, et qu'à son Evangile? Car ce n'est pas nous qui nous l'exemple de Novatien, on « envoie de nouveaux sommes séparés d'avec eux; mais c'est eux qui apôtres pour établir ses nouvelles institutions 3 » se sont séparés d'avec nous ; et puisque les et ses nouveaux dogmes , en un mot , pour dres- hérésies et les schismes sont toujours postérieurs ser une nouvelle Eglise; quoiqu'on se vante à l'Eglise, pendant qu'ils se sont formé des concomme lui de réformer l'Eglise , et de la réduire venticules différents et de diverses assemblées, à une doctrine plus pure aussi bien qu'aune dis- ils ont quitté le chef et l'origine de la vérité. » cipline plus régulière, loin d'être admis à prou- Prêtez l'oreille, mes Frères, à cette -décision de ver qu'on est dans la vraie Eglise, à cause de saint Cyprien: c'est ceux qui viennent après, la vraie doctrine qu'on prétend enseigner, on c'est ceux qui se séparent de l'Eglise qu'ils trouest convaincu, au contraire, qu'on ne peut pas vent établie, c'est ceux qui se font de nouvelles avoir la vraie doctrine quand on n'est pas dans assemblées, qui dès là sont incapables de s'asl'Eglise, et qu'on en veut dresser une nou- sembler au nom de Jésus-Christ: et loin qu'il velle. leur soit permis de justifier leur séparation et

Que ces faux pasteurs, qui se sont vantés d'èlre leurs nouvelles assemblées , en soutenant qu'ils

« extraordinairement envoyés pour dresser de enseignent l'Evangile , et que Jésus-Christ est

« nouveau l'Eglise tombée en ruine et désola- avec eux, il est constant , au contraire , selon la

« tion 4, » écoutent saint Cyprien : qu'ils recon- doctrine de saint Cyprien , qu'ils sont séparés

naissent sur quelles maximes il fondait son épis- de Jésus-Christ et de l'Evangile, dès qu'ils se

copal; et puisqu'ils ne peuvent pas nous mon- séparent de l'Eghse, et qu'ils se reconnaissent

trer une mission semblable à la sienne, qu'ils obligés à en dresser une nouvelle,

cessent d'imiter le langage d'un si grand évêque, Et afin qu'on entende mieux de quelle Eglise

et de s'en attribuer l'autorité. ce saint martyr a voulu parler, c'est de l'Eglise

Vous leur avez souvent ouï dire que vous n'a- qui reconnaît à Rome le chef de sa communion,

viez pas besoin de vous mettre en peine où était et dans « la place de Pierre, l'éminent degré de

l'Eglise , puisque Jésus-Christ avait prononcé « la chaire sacerdotale 2 ; » qui y reconnaît « la

qu' « en quelque lieu que se trouvent deux ou « chaire de Pierre et l'Eglise principale, d'où

« trois personnes assemblées en son nom, il y « l'unité sacerdotale a tiré son origine3; » enfin,

« est au milieu d'eux 5. » Il y a longtemps que qui y reconnaît un pontife et un sacerdoce si

les hérétiques et les schismaliqucs abusent de ce éminent, que l'empereur, qui portait parmi ses

passage; ils s'en servaient dès le temps de saint titres celui de Souverain Pontife, « le souffrait

Cyprien, pour autoriser les assemblées qu'ils dans Rome avec plus d'impatience, qu'il ne

' Cypr.,De unit. Eccl, p. 191. — Epist. 52, ad Anton., p. 73. xCypr., De unit. Eccl., p. 198. — s Epist p2,ad Anton., p. 68—'

» Ibid.— *C->nf. de foi, art. 32. — s Mallh., xvn, 19. Epist. 54, nonc 55, ad Corn., p. 86.

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