IV** PASSAGE, ET REMARQUE
1 . Passage d'Origène sur l'adoration des Mages. — Par cette môme raison, je renverrais encore aux Remarques sur la préface, et aux additions sur la Remontrance^, ce qui regarde l'adoration des Mages , que notre auteur continue à rendre douteuse, (Mallh., II, 2 et 11, si je ne trouvais à propos de fortifier la tradition de Jésus-Christ adoré comme Dieu , par deux autorités célèbres.
La première est celle d'Origène, qui a écrit au troisième siècle, durant les persécutions, et qui, par son antiquité, méritait d'être joint à sainllrénée. Voici donc ce que nous lisons dans le livre contre Celse, qui est sans doule le plus exact et le plus savant de tous ses ouvrages. « Les Mages , dit-il j » vinrent en Judée, bien instruits qu'il était né un I » certain roi , mais au reste , ne sachant point dans ! » quel royaume il devait régner, ni le lieu où il de- ! » vait naître : et comme il était composé , pour ainsi I » dire , de Dieu et de l'homme mortel » (c'est-à- 1 dire, des deux natures, humaine et divine), « ils I » lui olfrircnt de l'or en signe de sa puissance » royale; de la myrrhe, comme à celui qui devait » mourir, el de l'encens, comme élanl Dieu. » ; On voit donc la signification des trois présents \ bien connue dès l'origine du christianisme, et continuée sans irilcrruplion jusqu'à nos jours. C'était là une vérité ([ue l'Eglise ])rêchail aux gentils, dès , le temps des iierséculions , comme reçue de tous les fidèles : voilà ce c|u'cllo opposait à la calomnie de ceux qui blasphémaient avec Celse conlre l'Evangile. i Pour se soutenir partout, Origène assure ([ue les Mages furent éclairés el attirés par l'âme de Jésus et par la divinité qui était en elle; el il conclut en
I. /. />ixlr., P'iKs. 12. de la Préf. — 2. T. Iml , //. Pass. I Addit, I. liemarque.
SECONDE INSTRUCTION
disant : « Qu'à cause que celui qui élait venu pour » sauver le genre humain, était Dieu, et plus puis- » sant que les anges, l'ange récompensa la piété » des Mages qui étaient venus adorer Jésus, les » avertissant par un oracle de retourner à leur » pays par une autre voie, sans revenir à Hérode. » Voilà donc partout la divinité de Jésus-Christ; c'est elle qui attire les Mages des extrémités de l'Orient, c'est elle qu'ils reconnaissaient en lui présentant de l'encens, c'est elle qui les récompense en les sauvant des mains d'Hérode.
2. Passage de saint Grégoire de Nazianze. — J'ajouterai à ce témoignage celui de saint Grégoire de Nazianze, que l'Orient appelle son théologien par excellence, et dont voici les paroles dans l'admirable discours sur la Nativité de Jésus-Christ^ : » Marchez avec l'étoile; offrez vos présents avec les » Mages, de l'or, de l'encens et de la myrrhe, comme » à un roi, comme à un Dieu, comme à un homme » qui est mort pour vous. » Ces deux grands hommes méritaient sans doute de trouver leur place dans cette chaîne de la tradition que nous avons proposée.