‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 116 sur 851 · TOME SECOND · texte numérisé non relu

TOME SECOND

S.\INÏ JEAN.

XXni" l'.\SSAGE, ET REMARQLK.

Oi'oiOL'E notre auteur ne soit pas le seul à traduire : Le Verbe était au commencement, Jean, i, 1, je lui soutiendrai toujours qu'il y aurait eu plus de dignité à traduire : .lu commencement le Verbe était : l'ancien interprète latin lui en avait donné l'exemple. Et quoiqu'il eut pu traduire s'il eût voulu : Verbum eratin principio; ni lui, ni aucun autre ancien interprète, ni aucun Père latin que je sache, n'a changé l'ordre de ces paroles : In principio erat Verbum : le français le pouvait retenir comme le grec et le latin; et nous disons très-naturellement : .-lu commencement le Verbe était; comme nous disons aussi : Au commencement Dieu créa le ciel et la terre, Gen., i, 1. Il parait même que saint Jean a voulu donner à son évangile un commencement semblable à celui que Moïse a donné à la Genèse, mais d'une manière plus sublime; afin de marquer expressément, qu'au lieu que le monde a élé fait, selon ces paroles : Au commencement Dieu fit le ciel et la terre, Gen., i, 1, saint Jean, au contraire, fait paraître d'abord et dès le premier mot de son évangile, que le Verbe qui n'est pas fait, mais par qui toutes choses ont élé faites, était avant tout commencement, et même avant celui que marquait Moïse : ce sont des beautés qu'il faut conserver aux traductions, quand les langues en sont capables, parce qu'elles insinuent des vérités importantes et naturelles au texte.

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