I. fn Joam-, lib. it, p
dilo, on n'y trouve jamais employé le terme y^vEcrOat, mais toujours le terme Ysvvà'aOat. Mais pour démontrer plus clairement la nécessité de traduire selon la Vulgalo, nous allons poser quelques principes du
ansage
de
l'évangile
de saint Jean sur le Fils de
Dieu.
Nous disons donc premièrement , que le ytviaOai que la Vulgale traduit ici par fieri, ne peut jamais convenir à Jésus-Christ comme Dieu : cela est certain, et il n'y eut jamais que l'auteur qui ait avancé qu'on pouvait attribuer à Jésus-Christ selon sa divinité, d'être fait, £Y£V£to; ci-dessus (Jean, i, 15).
Le second principe du langage de saint Jean , c'est que le verbe substantif did , je suis , surtout étant opposé à yEvaOai, être fait, ne peut convenir qu'au vrai Dieu , et c'est de quoi tous les Pères sont d'accord.
De là suit en troisième lieu , que le dessein de saint Jean, ou plutôt celui de Jésus-Christ, dont il rapporte les paroles, est d'attribuer à Abraham quelque chose qui ne convienne pas à Jésus-Christ comme Dieu, et réciproquement quelque chose à Jésus-Christ comme Dieu, qui ne puisse convenir à Abraham.
2. Suite de principes , pour établir le langage de saint Jean. Ce que veut dire ce mot , erat, il était. — Quatrièmement, saint Jean avait posé ce langage dès le commencement de son évangile : Le Verbe était , le Verbe était en Dieu, le Verbe était Dieu , il était au commencement en Dieu : voilà le caractère de la divinité dans le verbe substantif, il était; mais en même temps on trouve le caractère essentiel de la créature, dans les paroles suivantes : toutes choses ont été faites par lui , i'^ivexo; et sa^is lui, rien n'a été fait de ce qui a été fait. Voilà donc bien clairement le caractère de la divinité dans Jésus- Christ gwi était ; et afin qu'on ne s'y trompe jamais , voilà aussi le caractère de créature dans ce qui a été fait. L'évangéliste continue sur le même ton : Je Verbe était dans le monde; erat, t. 10; et incontinent après : Le monde a été fait par lui, iyiveio : voilà toujours le Verbe avec son erat, -^v; et le monde, la créature, avec son factus est, iyiwiTo : et l'cpposilion de l'un et de l'autre passe en langage ordinaire.
Cinfiuicmement , comme il convient à Jésus- Christ homme, d'être créé en un certain sens, l'évangéliste distingue ce qu'il était naturellement, d'avec ce qu'il a été fait : il était Dieu, il était Verbe; mais ce Verbe a été fait chair, if. 14, a été fait homme , aàp^ lyivzzo : voilà ce qu'il était par sa nature ; voilà ce qu'il a été fait par sa bonté. Ainsi selon le langage de saint Jean, par l'être, et par l'être fait , ce que le Verbe a été fait dans le temps, demeure éternellement distingué de ce qu'il était de toute éternité.
C'est, sixièmement, ce que voulait dire saint Jean-IJaptiste dans le môme chapitre i*"", t. 15, de l'évangile de saint Jean .• Celui qui viendra après moi a été fait mon supérieur, parce qu'il était avant moi ; par où se montre la |)réséance naturelle de Jésus-Christ dans le mot d'être, et à la fois la cause des avantages accordés à Jésus-Christ, en le faisant supérieur de saint Jean-Baptiste.