Esprit des sociniens de réduire la grâce à l'e.r
1. Voyez ci-dessiis, Pass.,\w, xxvi. — 2. Hom. ii, m, in Jo'in .
INSTRUCTIONS SUU LA VERSION DU NOUVEAU TESTAMENT
térieur aututU qu'ils peuvent. — L;i version manque en trailuisant . ils avaient tous de tjrandes (jrdces, au pluriel ; au lieu de traduire selon la Vulgatc el le Grec : la grdce était grande en eux tous , au singulier : ce qui est plus expressif cl plus fort.
Tour la note . elle nuMe le bien et le mal , ou plultil elle atîaiblit elle-même ce qu'elle a de bon, en disant , qu'on peut entendre /e-? grâces , des apôtres, qui se rendaient agréables par le partage des biens , etc. ; en sorte que la grâce , selon ce sens, ne consisterait qu'à se rendre agréable au peuple.
2. L'esprit du texte est contraire. — Toute la suite du leste sacré répugne à cette interprétalion. Voici ce qu'il porte : « Toute la multitude des » croyants n'avait qu'un cœur el qu'une àme, et » personne ne regardait ce qu'il possédait comme » son bien particulier; mais toutes choses étaient » communes entre eux. Les apôtres rendaient tô- ■ raoignage avec grande force à la résurrection de » Noire Seigneur Jésus-Chrisl , el la grâce était > grande en eux tous : car il n'y avait point de pauvre • parmi eux; parce que tous ceux qui possédaient » des fonds de terre el des maisons, les vendaient, » el meltaienl le prix aux pieds des apôtres. » t. 32, 33, 34, 35.
3. L'auteur abuse du texte. — L'auteur emploie ce dernier passage pour déterminer son interprétalion de la grdce au sens de l'agrément extérieur; mais il se trompe visiblement. Car il est clair, qu'il faut rapporter la grice dont parle saint Luc, à tout ce qui précède, comme de n'avoir qu'un cœur et qu'une dîne, ce qui emporte la perfection de la charllé; el de rendre avec force le témoignage de la résurrection de Jésus-Christ : aussi ce témoignage est-il rap[>orté expressément au Saint-Esprit, au *. 13,c'esl-à-dire, à la grâce qui est intérieure; qui est aussi le principe de ces grands effets de la charité fraternelle dont il est écrit : la charité est de Dieu.
C'est donc le sens naturel el certain, de regarder toutes ces merveilles comme un cfTet de la grâce du Saiot-Espril qui abondait dans tous les iidcles : lous les Interprètes catholiques l'entendent aussi unanitncnienl, el notre traducteur n'allègue aucun auteur pour sa nouvelle interprétation.
4. Il prend l'esprit de Crellius et de Grotius. — Je puis lui nommer quelques protestants et quelques socinicns, entre autres Crellius qui explique ainsi : La grdce était si grande en eux : il entend la faveur du peuple; ce qu'il appuie amplement dans son Commentaire sur les Actes, à l'endroit que nous tniilons, cliap. iv, t. 33.
Il faut joindre à de Greil, Grotius son perpétuel admirateur, qui sur ce même passage renvoie h l'endroit des Actes où il est écrit rjue les chrétiens troutaient grâce devant le peuple; c'est-à-dire, en tlaienl aimés, Acl., ii, M. (>; que l'historien sacré explique lui-même de la faveur au dehors.
&(ais il y a bien de la diiïércnce entre la grâce au -, c'csl-à-fJirc, la faveur du peuple, cl la
gr '— nom, c'est-à-dire, la grâce de Dieu qui
ifi les vertus.
On » apercevra aisémenl cl peut-être bientôt, que l'auleur- * ■ urs peur du mol de grâce, el qu'il semble d'être forcé à reconnaître une
grâce inlêrieurc, donl je ne vois pas qu'il ail parlé une seule fois dans ses notes.
Cependant c'est le sentiment unanime des Pères et des catholiques, que celte unité de cœur, qui faisait admirer l'Eglise naissante, est un efTet de cette gr;\ce el du Saint-Esprit; aussi bien que le courage divin des apôtres à soutenir la résurrection de Jésus-Christ.
L'auteur du Commentaire sur les Actes, parmi les œuvres de Volzogue', ne laisse pas, quoique socinien , de réfuter Crellius sans le nommer, en disant sur cet endroit : « Quelques-uns estiment » que par la grâce, il faut entendre en ce lieu, la » laveur des hommes, comme sur le chap. ii, t. 47 ; » mais comme la grâce est ici nommée absolument » et sans adjectif, il est mieux d'entendre la grâce » de Dieu , dont il est parlé aux Ephésiens sur la » fin; dans la P^ à Timothée sur la fin encore, el » de même sur la fin de l'épîtrc à Tite. »
On voit donc de quel esprit est poussé celui qui sans se mettre en peine de la doctrine des saints , propose et appuie l'interprétation de quelques sociniens, dont d'autres sociniens ont eu honte.
XLIie PASSAGE.
Aux Actes, VIII, 15 : Les apôtres 2>rièrent pour
ceux de Samarie , afin qu'ils reçussent le Saint-Esprit, etc.; la note porte : « C'est-à-dire, le Saint- » Esprit avec ses dons; savoir, l'esprit prophétique, » la science des langues, » etc.; et dans la note suivante : « Ils n'avaient point encore reçu ces dons » extraordinaires. »
REMARQUE
C'est la foi de l'Eglise catholique, qu'il s'agit ici du sacrement de Confirmation, et que l'effet de ce sacrement s'étend à l'augmentation de la grâce intérieure et justifiante. Mais notre critique réduit tout aux dons extraordinaires , à celui de prophétie, à celui des langues; la grâce justifiante et ses suites passent tout au plus sous un etc., sans qu'on daigne en faire aucune mention. On a vu comme il a parlé de l'Extrème-Onction : la Confirmation n'est pas mieux traitée ; et c'est ainsi que les critiques expliquent les sacrements de l'Eglise. Je me lasse de répéter que ces critiques sont tirées de Crellius sur cet endroit des Actes, de l'auteur du nouveau Commentaire sur les Actes chez Volzogue, el des autres sociniens : voilà les auteurs de notre critique, et la source de ses Remarques.