‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 132 sur 851 · XLIV"^ PASSAGE · texte numérisé non relu

XLIV"^ PASSAGE

Voici la note sur le verset : Je vivais autrefois sans loi, Rom., vu, 9 : « Ces paroles montrent que » saint Paul parle en sa personne, d'un homme qui » vivait avant la loi, ou de celui qui n'est point cn- » core régénéré : à quoi il ajoute cette réllexion : » Saint Augustin était dans ce sentiment avec la » plupart des anciens Pères, avant ses disputes » contre les pélagiens. »

REMARQUE

1. M. Simon toujours trop jjrompt à décider contre saint Augustin. — Je ne veux point entrer dans le fond de cette question, et encore moins obliger l'auteur à préférer le sentiment de saint Augustin. Mais aussi pourquoi décider magistralement entre deux interprétations si célèbres? S'il avait bien considéré les raisons, je ne dirai pas de saint Augustin, mais celles qui ont obligé Cassien, sans doute peu attaché à ce Père, à le préférer dans cette occasion à son maître saint Chrysostome, il ne se serait peut-èlre pas tant pressé de prononcer sa sentence , qu'une note de quatre lignes ne pouvait guère appuyer. Si la chose était aussi claire qu'il se l'imagine, et que celui dont parle saint Paul constamment eût vécu avant la loi; comment est-ce que cet apôtre lui fait dire, que la loi est bonne, t. 16, et quelle est spirituelle, t. 14 ; et encore : Je me plais dans la loi de Dieu selon l homme intérieur, t. 22. Est-ce là le discours d'un homme sans grâce, ou d'un homme dans la grâce, et dont la régénération était non-seulement commencée, mais encore fort avancée , puisqu'il se délecte déjà dans la loi de Dieu; ce qui n'arrive qu'au juste, en quelque sorte accoutumé à la vertu ? D'ailleurs il n'y a rien de plus faible que ce passage dont l'auteur fait tout son appui : Je vivais autrefois sans la loi , f. 9. Car ignore-t-on que l'homme qui est dans la grâce de Dieu , et qui goûte déjà la loi , n'a pas commencé par là, et qu'il a autrefois été sans elle , livré à ses passions et à ses vices ? Je ne parle pas ainsi pour prendre parti; mais pour montrer à celui qui le prend si légèrement, qu'il a trop précipité ses décisions.

2. L'idée qu'il donne de ce Père est fausse et maligne. — ^lais ce n'est pas ce que sa note a de plus mauvais : on y ressent une secrète malignité contre saint Augustin, et son alTeclalion à le contredire, en insinuant après Grotius, que ce grand homme est toujours allé en reculant, et que depuis sa dispute contre les pélagiens, au lieu de profiter dans ses travaux par son application à cette matière, il a désappris ce qu'il savait.

On a vu une si claire réfutation de cette accusation des faux critiques', qu'il n'y a([u'à y renvoyer le sage lecteur, et observer seulement que les notes de M. Simon ne sont qu'une suite et une application des principes qu'il a posés dans ses critiques.

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