‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 133 sur 851 · Dixsi'rt. sur Grotius, n. 14, 15, elr · texte numérisé non relu

Dixsi'rt. sur Grotius, n. 14, 15, elr

Paul : Ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés : après la petite critique sur le terme magnificavit, a rendus grajids , que le latin avait autrefois et conserve encore dans quelques anciens manuscrits, au lieu de glorificavit , a glorifiés, rendus glorieux, la note dit : « Que saint Chrysostome et les plus sa- » vants commentateurs grecs après lui, ont entendu » (ce terme de glorifiés) des dons du Saint-Esprit, » que reçoivent ceux qui ont été faits enfants de » Dieu par le baptême : ce qu'il appuie par le sco- » liaste syrien, qui a expliqué le même mot des » dons de faire des miracles, que les premiers chré- » tiens recevaient dans leur baptême par l'imposi- » tion des mains, et qui les rendaient célèbres : » voilà comme il appuie ce sens; et venant à l'autre, il dit seulement : « Saint Augustin et l'école en- » tendent cela de la gloire éternelle à laquelle arri- » veront infailliblement tous les prédestinés. »

REMARQUE

1. Que saint Augustin et toute l'école ont raison d'entendre la gloire éternelle dans ce passage. — L'interprétation de la gloire éternelle est ici absolument nécessaire : 1° par le texte même oii la gradation manifeste nous mène naturellement, « de la » prédestination à la vocation , de la vocation à la » justification , et enfin de la justification à la gloire » éternelle, » où se termine l'ouvrage de notre salut, et le grand mystère de Dieu sur les élus.

2° La môme chose paraît par toute la suite du chapitre, t. 16, 17, 29, 30, et par l'aveu de l'auteur sur ce dernier verset, où lui-même il entend la gloire éternelle sous le mot glorificavit , comme fait aussi toute l'école, ainsi qu'il le reconnaît.

Cependant cette interprétation , qui est comme l'on voit celle de toute la théologie , est celle-là même que l'auteur tâche d'affaiblir par ces moyens.

Premièrement, en l'attribuant à l'école, dont il donne une triste idée dans tous ses livres; secondement, en l'attribuant à saint Augustin seul, au lieu qu'il devait mettre avec saint Augustin tous les Pères qui ont combattu les pélagiens sous sa conduite, lesquels ne sont pas en petit nombre; troisièmement, saint Augustin même est maltraité dans ses écrits, et n'est guère considéré par les critiques de sa façon, que comme le premier des scolastiques; quatrièmement, en opposant au glorifîcare de la Vulgate, l'ancienne leçon magnificare ; quoiqu'il soit certain que le glorificare soit meilleur, comme étant conforme au grec de mot à mot, ISoçaffs; cinquièmement, en opposant à saint Augustin et à l'école , saint Chrysostome et les plus savants commentateurs grecs , par l'autorité desquels on voit qu'il veut affaiblir celle de l'école , quoique constamment préférable pour les raisons qu'on vient d'entendre.

2. L'auteur leur oppose saint Chrysostome qu'il tronque , et qu'il n'entend pas. — Or en cela il se trompe encore; car il tronque saint Chrysostome, dont voici les propres paroles : Il les a justifiés par la régénération du baptême; il les a glorifiés par la la grâce, par l'adoption. Je veux que par la grâce, on entende non pas la grâce justifiante contre le sens naturel , mais les seuls dons du Saint-Esprit. Saint Chrysostome n'attribue pas la glorification à ces dons seuls, mais il joint l'adoption, et il ne faut point entendre celle qui arrive dans la régénération

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