‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 154 sur 851 · CONCLUSION DE CES REMARQUES · texte numérisé non relu

CONCLUSION DE CES REMARQUES

Oii l'on touche un amas d'erreurs, outre toutes les précédentes.

1. Amas d'erreurs en abrégé. — Si l'on joint maintenant à ces remarques , celles de l'instruction précédente, on voit que les fautes en sont innombrables, mèmecelles où la foi est directement attaquée.

Je déclare, au reste, que si je m'arrête aux remarques que j'ai proposées , ce n'est pas que j'aie dessein d'approuver les autres fautes, qui sont infinies, de la nouvelle version et de ses notes; et afin qu'on ne pense pas que ce soit un discours en l'air, je pourrais encore ajouter que le Iraducleur a dit, qu'il n'y a de véritable résurrection que celle des justes, Jean, xi, 25, ce qui donne heu à une erreur qui était commune parmi les Juifs, et qui leur est commune en partie avec les sociniens, lorsqu'ils assurent qu'en effet nuls autres que les jusles ne ressuscitent pour être immortels; qu'il a dit avec trop peu de précaution, « que ce fut principalement après la résurrection,

» que Jésus-Christ entrant dans le ciel fut pon-

» tife selon l'ordre de Melchisédech, » lleb., v, 6, puisque l'Apolre, au verset suivant, établit le plein exercice de son sacerdoce, « lorsqu'il était sur la » terre , où ayant offert d'humbles prières avec de » grands cris et avec larmes, il fut exaucé à cause » de son respect; » ce qui enferme le fondement de ses fonctions sacerdotales : qu'il a dit d'une manière téméraire cl vague, (pie la nmlliplicité des paroles reprises par Jésus-Christ dans la prière,

l. /. Inst., Rem. sur lu l'ref., xi, Pans., n. 7. — 2. Voyez nos Notes Hur l'Apoc, Préf , n. 2(j.

SECONDE INSTRUCTION

Matlh., VI, 7, ne consistait que dans une longue répétition des mêmes mots, ainsi qu'il l'a inséré dans le texte même , en traduisant , ne rebattez pas les mêmes paroles; ce qui tendrait à condamner, non-seulement plusieurs saintes pratiques de l'Eglise, même dans son service public, mais encore les psaumes de David, et jusqu'à la prière de Jésus- Christ dans son agonie, où il passa plusieurs heures à répéter le môme discours , eumdem sermonem dicens, Matlh., xxvi, 44. Qu'il a dit sur saint Luc, XX, 35, que par le ciel on entend le monde ; directement contre le texte, qui parle de ceux qui seront jugés dignes de ce siècle-là, c'est-à-dire, du siècle à venir, par opposition aux enfants de ce siècle-ci, c'est-à-dire du siècle présent, filii hujus sœculi, t. 34. Qu'il a dit trop généralement et mal à propos, que les Gentils ne croyaient pas que la fornication fût un péché, Act., xv, 20, et n'a pas assez distingué ce qui était défendu dans le décret des apôtres par une convenance, d'avec ce qui l'était par la loi naturelle que les Gentils devaient sentir au fond de leur conscience, encore qu'ils ne voulussent pas ouvrir entièrement les yeux à la lumière qui condamnait tous ces désordres. Qu'il a dit que la prophétie d'Amos, citée par saint Jacques , était seulement U7i seyis mystique et spirituel, Act., xv, 16, au lieu que bien constamment, c'est une prédiction des plus précises pour la conversion des Gentils et pour les temps du Messie. Qu'il a dit que ces mots esprit et ange, doivent être pris pour la même chose, Act., xxni, 8, ce qui serait avancé trop négligemment, et à l'exclusion de l'âme qui est aussi un esprit. Qu'il a dit aussi à cette occasion oîi il s'agissait d'un dogme, qu'on ne doit pas exiger des apôtres une expression fort exacte; ce qui, prononcé indistinctement, induit une confusion universelle dans les dogmes, et renverse les conclusions que les Pères et toute la théologie tirent des paroles de l'Ecriture.

2. Passages aux Ephésiens : que nous sommes naturellement enfants de colère. — Je ne finirais jamais, si je voulais rapporter les négligences, l'inexactitude, les affeclalions, les singularités du traducteur. On ne peut presque ouvrir son livre sans y trouver de nouvelles fautes. Au lieu de traduire, nous étions naturellement dignes de la colère de Dieu, Eph., n, 3 , il fallait mettre comme dans la note, enfants de colère, etc., qui est un terme consacré. C'est la coutume perpétuelle du traducteur, que ce qu'il réserve pour son texte -soit presque toujours le plus mauvais. Il allègue saint Jérôme dans son commentaire sur cet endroit de l'épilre aux Ephésiens, pour rendre le mot naturellement par celui d'entièrement; mais il oublie les derniers mots do ce docte Père, où il conclut qu'en tous cas, si on reçoit cette signification , elle doit être exposée selon les explications précédentes,* dans lesquelles, pour expliquer la corruption naturelle du genre humain, il y avait « compris la concupiscence, qui » nous porte au mal dès nos premiers ans, et le » péché que le diable a introduit dans le monde, » c'est-à-dire, le péché originel. »

3. Omissions affectées de l'auteur sur le Saint- Esprit. — Il n'est pas permis d'oublier ce que nous avons remarque ailleurs*, mais en passant : c'est le silence étonnant de M. Simon sur les textes qui

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