Insl. Rem., sw la Préf. II. Pass., n. '.i
établissent la divinité du Saint-Esprit; tout en est plein dans l'Evangile. Nous avons suivi l'auteur comme pas à pas sur tout le texte sacré, sans y trouver un seul mot pour le grand sujet dont nous parlons. Jésus-Christ promet d'envoyer le Saint- Esprit, après son départ de ce monde, pour y tenir sa place , pour y suppléer sa présence et nous consoler de son éloignement ; pour nous enseigner toute vérité, et nous suggérer au dedans ce que le Sauveur avait prêché au dehors; il prend du sien, il le glorifie comme étant son esprit, ainsi que celui du Père, et l'esprit de vérité; toutes fonctions que le Saint-Esprit ne pouvait faire à la place de Jésus-Christ, s'il était son inférieur : il est donc de même rang , de même ordre , de môme autorité ; c'est lui qui fait les prophètes, les prédicateurs, tous les justes et tous les enfants de Dieu , en habitant dans leurs cœurs, y répandant la grâce et la charité avec lui-même , qui en est la source. Tout cela passe devant les yeux de M. Simon , sans qu'il daigne en relever un seul mot : il pouvait du moins remarquer, que mentir au Saint-Esprit, c'est mentir à Dieu. Quand il n'y aurait que les passages où nous sommes appelés le temple du Saint-Esprit, c'en serait assez pour nous faire dire avec saint Grégoire de Nazianze : Un membre de Jésus-Christ ne doit pas être le temple d'une créature. Quand il n'y aurait que la consécration de l'homme nouveau en égalité au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit , il n'en faudrait pas davantage pour conclure avec le môme saint : Non, je ne veux pas être consacré au nom de mon serviteur, ni enfin en un autre nom qu'en celui d'un Dieu. Un petit mot sur quelqu'un de ces passages eût bien valu quelquesunes de ces misérables critiques dont l'auteur a rempli son livre. Le Saint-Esprit est représenté comme le Tout-Puissant instigateur de toutes les bonnes pensées , et l'auteur de tout l'intérieur de la grâce qui contient la consommation de l'œuvre de Dieu; nous avons déjà remarqué que M. Simon ne connaît guère cet intérieur, et qu'il affecte partout d'en éloigner l'idée.
4. Récapitulation de tout cet ouvrage. — C'en est assez, il me suffit d'avoir démontré que l'auteur fait ce qu'il lui plait du texte de l'Evangile , sans autorité et sans règle; qu'il n'a aucun égard à la Tradition , et qu'il méprise partout la loi du concile de Trente, qui nous oblige à la suivre dans l'interprétation des Ecritures; qu'il ne se montre savant qu'en affectant de perpétuelles et dangereuses singularités, et qu'il ne cesse de substituer ses propres pensées à celles du Saint-Esprit ; que sa critique est pleine de minuties, d'ailleurs hardie, téméraire, licencieuse , ignorante, sans théologie, ennemie des principes de cette science ; et qu'au lieu de concilier les saints docteurs, et d'établir l'uniformité de la doctrine chrétienne par toute la terre, elle allume une secrète querelle entre les Grecs et les Latins, dans des matières capitales; qu'enfin elle tend partout à affaiblir la doctrine et les sacrements de l'Eglise, en diminue et en obscurcit les preuves contre les hérétiques, et en particulier contre les sociniens , leur fournit des solutions, leur met en main des défenses, pour éluder ce (ju'il a dit luimême contre leurs erreurs, et ouvre une large porte à toute sorte de nouveautés.