XXIV JOUR
Votre nom soit sanctifié. (Matth., vi. 9, 10.) Votre nom soit sanctifié; votre règne arrive; votre volonté soit faite en la terre comme au ciel. C'est la perpétuelle continuation de l'exercice d'aimer. Sanctifier le nom de Dieu , c'est le glorifier en tout, et ne respirer que sa gloire. Désirer son règne, c'est vouloir lui être soumis de tout son cœur, et vouloir qu'il règne sur nous, et non-seulement sur nous, mais encore sur toutes les créatures. Son règne est dans le ciel , son règne éclatera sur toute la terre dans le dernier jugement. Mettons-nous donc en état de désirer ce glorieux jour : puissionsnous cire de ceux dont Jésus-Christ dit^ : « Quand ces choses commenceront à se faire, » quand les signes avant-coureurs du dernier jugement paraîtront aux approches de ce grand jour; pendant que le reste des hommes séchera de crainte : « regardez, et levez la tète, parce que votre rédemption approche. »
Jésus-Christ arrive pour chacun de nous , quand notre vie finit. Alors donc, aux approches de ce dernier jour, quand Jésus-Christ frappe à la porle pour nous appeler, il faudrait être en état de le recevoir avec joie, et de lui dire : Que votre règne arrive, car je désire que ce qu'il y a en moi de mortel soit englouti par la vie^.
Mais qui de nous désire le règne de Dieu? Qui de nous dit de bon cœur : Que votre royaume nous arrive! C'est néanmoins où nous préparait cette parole : Notre Père qui êtes dans les cieux. C'est là notre maison; c'est notre demeure, puisque c'est là qu'est celle de notre Père.
Nous ne sommes donc pas de bonne foi, quand nous disons : Que votre règne arrive , ou ce qui est dans le fond la même chose : Que votre royaume nous arrive. Ce qui éloulTe en nous ce désir qui devrait être si naturel aux chrétiens, c'est que nous aimons le monde et ses plaisirs; nous aimons cette vie pleine de toutes sortes de maux, et ce qui est pis, pleine de péché, qui est le plus grand de tout les maux.
Rompons ces liens, et disons : Voire volonté soit faite. C'est le vrai et parfait exercice de l'amour, de conformer sa volonté à celle de Dieu. 0 notre Père qui êtes dans les cieux! on vous y aime, et c'est pourquoi on y fait son bonheur de votre volonté. Que ce qui se fait dans le ciel se fasse sur la terre I Que ce qui s'achève là, se commence ici!
Cette vie ne doit pas être aimée, mais supportée, dit saint Augustin : Non amanda, sed tolera7ida : c'est le lieu de pèlerinage, le lieu d'exil, le lieu de gémissements et de pleurs.
Donc , 6 notre Père céleste , que votre règne arrive; que votre volonté soit faite.