Matth., IV, 23. — 2. Idem. 24, 25. — 3 Ibid., vu
4. Joan. III. 2. — 5. Luc. xix. 48. — 6. Ps., xi.iv. 3. —7. Luc, IV. 22. — 8. Joan., vi. 69. — 9. Hem, vu., 44. — 10. Ibid., 45, 46. — 11. Ibid., 47. — 12. Matth., xxii. 45. — 13. P^-., xvl.
ccvait avec des cris de joie : il n'y avait que ses envieux qui frémissaient, et qui néanmoins n'osaient parler. Mais d'où vient donc qu'il eût si peu de véritables disciples? D'où vient que les cris qui l'envoyaient à la croix : Cruciflez-le , crucifiez-le*, suivirent de si près ceux qui le célébraient comme le fils de David? et que l'on compte à peine six vingts hommes parmi les frères, c'est-à-dire, parmi les disciples qui se renfermèrent dans le cénacle pour recevoir le Saint-Esprit? C'est que les disciples de Jésus-Christ ne sont pas ceux qui l'admirent, qui le louent , qui le célèbrent , qni le suivent même à l'extérieur, et jusqu'à un certain point ; mais ceux qui le suivent au dedans et partout, qui observent tous ses préceptes , qui portent sa croix , qui se renoncent eux-mêmes. Et le nombre en est petit : et il faut, outre les attraits de la parole et des miracles, une parole intérieure que tout le monde ne veut pas entendre, et un miracle qui change les cœurs, dont notre orgueil et notre mollesse empêchent l'effet.
Soyons donc de vrais disciples de Jésus : Si vous demeurez dans ma parole, vous serez vraiment mes disciples, et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira^. » Et encore : « Mon Père sera glorifié, en ce que vous rapporterez beaucoup de fruit, et que vous serez mes vrais disciples', » des disciples dignes de ce nom. Et enfin : « Celui qui m'aime, » dit-il, « est celui qui garde mes commandements''. » Les autres peuvent me louer, m'admirer, me suivre au dehors, et se glorifier d'être mes disciples : car on se fait toujours beaucoup d'honneur d'avoir un tel maître; mais ils ne m'aiment pas, et je ne les connais point, ni je ne les mets au rang des miens.
Ille JOUR.
Entrée triomphante de Notre Seigneur. Tout en avait été prédit jusqu'aux moindres circonstances. (Ibid.)
Considérons ce que fit Jésus pour préparer son entrée.
Comme il était en Bethphagé, proche de Béthanic, dans le penchant du mont des Olives, presque à la porte de Jérusalem , comme on a vu ; il envoya deux de ses disciples, avec ordre de lui amener une âncsse et son ânon, qu'ils trouveraient dans un certain chàleau, qu'il leur montrait vis-à-vis d'eux. Si le maître y apportait quelque obstacle, il n'y avait qu'à lui dire : Le Seigneur en a besoin : et aussitôt on les devait laisser aller. Tout se fit comme Jésus l'avait dit. Ils étendirent leurs manteaux sur ces paisibles animaux : et ils mirent Jésus sur l'ânon, que personne n'avait jamais monté. Là commencèrent tout d'un coup ces cris de joie dont nous avons parlé. « Ses disciples ne savaient pas le mystère de ce qu'ils faisaient; mais après que Jésus fût glorifié, ils se ressouvinrent que toutes ces choses avaient été écrites de lui , et qu'ils les avaient accomplies » sans y penser''. Car il était écrit dans Zacharie : « Ne crains point, fille de Sion : ton Roi doux et pauvre, juste et sauveur, vient à loi monté sur une ânesse et sur son ânon". »
Jésus avait tout prévu; cl sachant les prophéties,
1. Joan., XIX. 6. — 2. Idem, vu. 31, 32. — 3. Ibid., xv. 8. — 4. Ibid., XVI. 21.— 5. Ibid., xii. 15, 16. —ô.Zaeh., ix 9; Matth., XXI. 5.
MKDITATIONS SUR L'ÉVANGILE.
il les accomplissait loules avec connaissance. C'est ce qu'il lit jusqu'à la mort; et c'est pourquoi, jusque sur la croix, « voyant que tout s'accomplissait, » et qu'il ne lui restait plus rien i\ accomplir durant sa vie, que cette prophétie de David' : « Ils m'ont donné du llel à boire : et, dans ma soif, ils m'ont abreuvé avec du vinaigre : » il dit : J'ai soif. On lui présenta le breuvage qui lui avait été prédestiné : Il en goûta autant qu'il fallait pour accomplir la prophétie : après il dit : Tout est accompli : il n'y a plus qu'à rendre l'àme : à l'instant il baissa la tête, et se mit volontairement en posture d'un homme mourant, et il expira-.
Jésus donc savait ce qu'il voulait , qui était l'accomplissement des prophéties : mais une vertu cachée exécutait tout le reste. Il se trouva précisément un vaisseau où il y avait du vinaigre : il se trouva une éponge dans laquelle on lui pouvait présentera la croix le vinaigre où on la trempa : on l'attacha au bout d'une lance, et on la lui mit sur la bouche. La haine implacable de ses ennemis que le démon animait , mais que Dieu gouvernait secrètement, fit tout le préparatif nécessaire à l'accomplissement de la prophétie. Ainsi, dans cette occasion, l'ànessc et l'ànon se trouvèrent à point nommé près du lieu où se devait faire la célèbre entrée. Le maître les laisse aller : on met Jésus dessus sans savoir ce qu'on fait : une soudaine joie saisit les peuples : les cris s'en ensuivent : et Dieu agit secrètement, non pas sur deux ou sur quatre; ce qu'on pourrait attribuer à quelque concert; mais sur toute la multitude, et jusque sur les enfants, parce qu'il était encore ainsi prédit. Si les plus petites choses s'accomplissent, si tout jusqu'à l'ànon et l'ànesse , et jusqu'au vinaigre : que crains-tu, chrétien? et peux-tu douter des magnifiques promesses qui t'ont été faites? Jésus a tout vu, tout prévu, pensé à tout, tout préparé : marche en conlîance et ne crains rien.
Les saints Pères disent que l'ànon, que nul autre que Jésus n'avait monté, représentait les gentils, indomptables et indociles animaux que nul autre avant Jésus n'avait subjugués. Venez , âmes indisciplinées : venez vous soumettre à Jésus : abaissezvous, et laissez-vous conduire au lien qu'il vous met au col.
Admirez encore une fois le triste et pauvre équipage de ce roi : mais aussi était-ce un roi pauvre , qui n'était riche qu'en grâces. « Voici, » dit Zacliarie, (' ton roi pauvre, juste et sauveur''. » Mais écoute la suite de la prophétie : avec ce faible équipage, « je mettrai en fuite les chariots d'Ephraim attelés à quatre chevaux , et les fiers coursiers de Jérusalem : et tous les arcs tendus pour le combat seront rompus : et il annoncera la paix aux gentils; et sa puissance s'étendra d'une mer à l'autre , et depuis les fleuves » sur lesquels il prêchera, et où il donnera le nouveau baptême, "jusqu'aux extrémités de la terre. El vous, » ù Sauveur victorieux, * vous avez avec le sang de votre alliance, tiré vos prisonniers du lac où il n'y a point d'eau ^, » et du cachot ténébreux »l'une prison. Voilà toutes les nations les plus belliqueuses et les plus fières, vaincues, rachetées, délivrées, par ce roi monté sur un àne.
I, /»#., i.xviir. i2. — 2, Jonn., xix. 28, 30. — '.',. Zack., ix. 9. — 4 Idem, 10, 1 1 .