Lue., x»ii. 32. — Z. /dem
Rien ne vous a manqué. Tel a été le soin du Sauveur : il n'a pas voulu que ses disciples aient manqué de rien. Mais quoi n'onl-ils pas élé dans le besoin? Qu'était-ce donc, que d'être réduits à rompre des épis dans leurs mains pour se nourrir? N'élail-ce pas là une assez pressante nécessité? Jésus-Christ ne dit pas qu'ils n'aient jamais souffert? jamais élé dans le besoin : mais il dit, que jamais ils n'ont manqué absolument; et qu'ils ont élé bientôt secourus : non que Jésus-Christ ait fait des miracles pour cela : car nous ne lisons pas qu'il ail multiplié les pains plus de deux fois en faveur de tout un grand peuple, et la conduite de sa famille allait par des voies plus naturelles. Apprenons donc à nous fier à celle conduite douce et imperceptible de Jésus-Chrisl , par laquelle au milieu des besoins et des souffrances, il conserve pourtant aux siens les provisions nécessaires.
La suite du discours fait voir l'allenlion qu'avait le Sauveur à accomplir les prophéties. C'en était une bien particulière, que le Christ dût être mis au rang des scélérats' : et elle devait être parfailemen accomplie, lorsqu'il fui crucifié entre deux voleurs. Mais c'était un préparatoire, qu'il parût comme un voleur se défendre contre les ministres de la justice. Vous êtes venus à moi , dit-il , comme à un voleur, me prendre avec force^. On le représentait donc comme un homme, dont la violence était à craindre, et qu'il fallait attaquer avec armes. Il était du dessein de Dieu, et de l'ordre des prophéties, qu'il parût environné de gens de main , et qui usassent de l'épée pour le sauver. On sait pourtant ce qu'il fit, pour réparer celle violence des siens; et il suffît aujourd'hui de considérer, comme il fallait qu'il y eût quelque sorte de fondement à la calomnie qu'on devait faire contre lui.
Ne nous étonnons donc pas, lorsque par la secrète disposition de la divine Providence, il se trouve dans notre vie quelque chose qui affaiblisse noire gloire, et qui donne lieu à la médisance. Dieu saura en tirer sa gloire, pourvu que nous soyons sans faute, et que nous subissions avec soumission ce qu'il ordonne. Il faut, dit-il, que tout s'accomplisse : et ce qui est écrit de moi, tire à sa fin^. Ainsi les choses allaient s'accomplissanl peu à peu, et l'une après l'autre. On lui dit qu'il y avait deux épées dans la compagnie : il le savait bien : mais il voulait qu'il fùl manjué qu'il n'y arriverait rien par hasard dans sa passion. Il répondit : C'est assez'' ; et après avoir tout accompli, et donné tous ses ordres, avant que d'aller, selon sa coutume, dans le jardin des Oliviers, il commença son dernier adieu et ses dernières inslruclions que nous allons voir dans saint Jean.
LXXIVe JOUR.
Glorification de Jésus. (Joan., xiii. 31, 32.)
Maintenant, remarquez la circonstance : maintenant que la lin approche; que le perfide disciple qui a machiné ma mort, est parti pour exécuter ce complot, qu'il le conclul, et que je vais être livré à mes ennemis pour soufiVir de leur violence les dernières extrémités : Maintenant le Fils de l'homme va être glorifié'' : mais ce n'est pas là, poursuit-il ,
1. Marc, XV. 28. — 2. ^fatlh., xxvi.5^}. — 3. Luc, xxii. 37, SJi. — i. Jdein, 39. — 5. Joon., xi;i. 31.
LA CÈNE