Joan
seq. — 4. idem, 1 .
H. Cor., XII. 10. — 3. Joan., xiii. 33, et
ma vie dans les douleurs de l'enfantement : mais voici les derniers efforts et les derniers cris par lesquels vous allez naître : Mes petits enfants. Ecoutez donc celte parole paternelle. Je serai encore avec tous un peu de temps : profitez donc de ce temps pour entendre mes dernières volontés. Vous me chercherez : viendra le temps que vous rachèteriez de beaucoup la consolation d'entendre ma parole ; et comme j'ai dit aux Juifs : Vous ne pouvez pas tenir où je tais, je vous le dis aussi présentement : profitez donc encore un coup du temps que j'ai à être avec vous : car je m'en tais en un lieu où vous ne poutez pas venir : ainsi que j'ai dit aux Juifs. Avec ce préparatif et cette démonstration d'une tendresse particulière, où en veut-il enfin venir? Ecoutons, profitons, croyons.
Je vous donne un commandement nouveau; de vous aifner les uns les autres , comme je vous ai aimés : tous devez aussi vous entre-almer les uns les autres'. Pourquoi est-ce un commandement nouveau? Parce que l'esprit de la loi nouvelle, c'est d'agir avec amour, et non pas avec crainte : parce qu'encore que le précepte de la charité fraternelle soit dans l'Ancien Testament , il n'avait jamais été si bien expliqué que dans le Nouveau; et sur cela vous pouvez voir le chapitre -x de saint Luc, depuis le t. 29 jusqu'au 37, où Jésus-Christ explique et décide que tous les hommes sont notre prochain, et qu'il n'y a plus d'étranger pour nous. En troisième lieu, ce commandement est nouveau, parce que Jésus-Christ y ajoute celte circonstance importante, de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Il nous a prévenus par son amour, lorsque nous ne songions pas à lui : il est venu à nous le premier : il ne se rebute point par nos infidélités, par nos ingratitudes : ils nous aime pour nous rendre saints, pour nous rendre heureux, sans intérêt; car il n'a pas besoin de nous , ni de nos services; avec un amour qui coule de source, et ne s'est jamais rebuté. Allez donc, et faites de même.
Pourquoi vois-je parmi vous des haines bizarres, des oppositions d'humeur à humeur, et de personne à personne, des inimitiés, des jalousies, de l'aigreur, de l'emportement, des répugnances cachées? Est-ce en cette sorte que Jésus-Christ nous a aimés? Mais pourquoi vois-je d'un autre côté des flatteries, des complaisances ou excessives ou fausses? Est-ce ainsi que Jésus-Christ nous a aimés ? Et pourquoi vois-je parmi vous des liaisons particulières , des partis et des cabales les uns contre les autres? Est-ce ainsi que Jésus-Christ nous a aimés? Mais pourquoi avancer ou reculer les personnes selon l'inclination que vous avez pour elles? Est-ce ainsi que Jésus- Christ nous a aimés?
Il a témoigné plus d'inclination, si l'on ose parler de celte sorte , pour saint Jean : C'était le disciple que Jésus aimait. Mais cette inclination qu'était-ce autre chose, selon la tradition des saints docteurs , qu'un amour particulier pour la chasteté virginale qu'il avait trouvée et qu'il conserva en saint Jean! El pour venir aux autres qualités de ce bien-aimé disciple, l'amour qu'il avait pour lui, qu'était-ce autre chose que l'amour de. la bonté, de la douceur, de la simplicité, de la candeur, de la cordialité, de la tendresse, de la contemplation par