‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 386 sur 851 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

La Tradition comballue par M. Simon, sous prétexte de la défendre.

Quoi donc, nous répondra-t-il : Vous m'attaquez sur la Tradition que je vante dans tout mon livre. Il la vante, je l'avoue, et il semble en vouloir faire tout son appui; mais je sais, il y a longtemps, comment il vante les meilleures choses. Quand par sa critique de l'Ancien Testament il renversait l'authenticité de tous les livres dont il est composé, et même de ceux de Moïse, il faisait semblant de vouloir par là établir la Tradition, et réduire les hérétiques à la reconnaître, pendant qu'il en renversait la principale partie, et le fondement avec l'authenticité des livres saints. C'est ainsi qu'il défendait la Tradition et qu'il imposait à ceux qui n'étaient pas assez instruits dans ces matières, ou qui ne se donnaient pas le loisir de s'y appliquer; mais c'est une querelle à part. Tenons-nous-en au troisième tome sur le Nouveau Testament , et voyons comment la Tradition y est défendue. Déjà on voit qu'elle est sans force ; puisque toute constante et universelle qu'elle était dès l'origine du christianisme jusqu'au temps de saint Augustin, sur des matières aussi importantes que celle de la grâce et du libre arbitre, ce Père a eu le pouvoir de la changer, et d'entraîner dans ses sentiments les Papes et l'Occident. Vantez-nous après cela la Tradition que vous venez de détruire ; mais venons à d'autres endroits.

Page 1