‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 390 sur 851 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

iV. Simon, en soutenant que l'Eglise ancienne a cru la nécessité absolue de l'EucIuiristie , favorise des hérétiques manifestes, condamnés par deux conciles œcuméniques , premièrement par celui deBdlc, et ensuite par celui de Trente.

Voila donc l'erreur manifeste de M. Simon, d'admettre, comme certain, un fait qui renverse le fondement et l'infaillibilité de l'Eglise; mais sa faute n'est pas moins grande, en ce que, dans un article particulier, il donne gain de cause à des hérétiques, qui ont été réprouvés par le concile de Bâle.

On sait avec quelle obstination les Bohémiens soutenaient la nécessité de communier les petits enfants. Ils se fondaient sur ce passage de saint Jean vi : et ils soutenaient que saint Augustin et toute l'Eglise ancienne l'avaient entendu comme eux^. C'est ce que le concile de Bàle ne put souffrir; et, dans l'accord qui fut fait avec eux par les légats de ce concile , on les obligea expressément à se départir de la communion des enfants. Ils y revenaient pourtant toujours, et ce concile, en ce point, approuvé de toute l'Eglise et du Pape môme, ne cessait de s'y opposer, parce que l'Eglise n'entendait point que la communion des enfants fût autorisée comme nécessaire. Mais aujourd'hui M. Simon vient soutenir ces hérétiques et condamner le concile; puisqu'il assure (lue les hérétiques suivaient l'ancienne doctrine, et que le concile et toute l'Eglise s'y opposaient.

On voit donc déjà un concile œcuménique qui condamne M. Simon : c'est le concile de Bàle dans les actes qu'il a passés avec une pleine autorité, du consentement du Pape; car l'accord dont il a étc parlé, est de l'an 1432, durant les premières sessions qui ont été, comme on sait, autorisées par Eugène IV; et depuis même les contestations, ce Pape a toujours maintenu l'accord, qui n'a jamais soull'ert aucune atteinte.

Mais si M. Simon a ignoré la décision du concile de Piftle, il n'a pas du ignorer celle du concile de Trente, qui, en parlant de la coutume ancienne de donner la couununion aux petits enfants, décide en termes formels , « (|ue connue les Pères ont eu de

1. Lib. III. Irstim. 25. — 2. P. 2S7. — 3. P. CIO. — 4. ^Eii. .Sylo., Hmt. IJoliein.

DÉFENSE DE LA TRADITION ET DES SAINTS PÈRES

» bonnes raisons de faire ce qu'ils ont l'ail , aussi » faul-il croire sans aucun doule qu'ils ne l'onl l'ait » par aucune nocessilé de salul ' » ce qui se trouvera faux, si la nocessilé du salul, égale dans lEiicharislie et dans le baplome , a été le fondement de leur pratique , ainsi que le soulienl M. Simon. Sa critique est donc opposée à celle de deux conciles œcuméniques, et expressément condamnée par celui de Trente , à quoi il n'y a autre réponse à faire pour lui, sinon que ce n'est pas ici le seul endroit où il méprise laulorilé des plus grands conciles.

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