‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 398 sur 851 · LIVRE I. — TRADITION ET INFAILLIBILITÉ DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

LIVRE I. — TRADITION ET INFAILLIBILITÉ DE L'ÉGLISE

tion constante de l'Eglise , comme nous l'avons démontré par saint Augustin.

Le passage de saint Jean, au chapitre ni, est évident. Dieu a tant aimé le monde , dit le Sauveur, qu'il a donné so7i Fils unique, afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle. Visiblement la vie éternelle n'est ici que la même chose que Jésus-Christ avait exprimée par le royaume des cieux quelques versets auparavant. Saint Augustin l'a prouvé par la suite de ces passages dans ce célèbre sermon que nous avons tant allégué', où il a si solidement établi la nécessité du baptême. Il était donc de la dernière absurdité de distinguer la vie éternelle d'avec le royaume des cieux; et, comme dit le même Père, le secours des pélagiens à cette frivole et imaginaire distinction était la marque de leur faiblesse.

J'ai voulu m'étendre un peu sur cette matière; et pour tirer d'embarras ceux que M. Simon y voulait jeter et ensemble pour lui montrer qu'il vient malà-propos à Tappui d'une doctrine foudroyée par le concile de Bàle et par le concile de Trente, en disant que la doctrine contraire était celle de saint Augustin et de toute l'antiquité. Que s'il répond qu'il n'est pas le seul catholique qui ait entendu saint Augustin, comme il a fait, nous lui expliquons, ou que ces auteurs ne parlent pas comme lui , ni ne s'élèvent pas aussi clairement contre l'infaillibilité de l'Eglise, ou qu'ils demeurent avec lui frappés de ses anathèmes.

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