‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 402 sur 851 · I. Comm. Ina..p. ."în · texte numérisé non relu

I. Comm. Ina..p. ."în

preuve. Il y étale au long la dispute qu'on a supposée entre saint Alhanase et Arius sur la sainte Trinité , et voici à quelle fin : C'est afin , dit-il ', de mieux connaître la méthode des catholiques et des anciens ariens. Celle dispute particulière est donc un modèle du procédé des uns et des autres, et des principes dont ils se servaient en général dans la dispute : c'est pour cela que M. Simon produit celle-ci; et l'on va voir que le résultat est précisément ce que j'ai dit, que l'Ecriture, et ensuite la Tradition ne prouvent rien de part et d'autre.

Je pourrais avant toutes choses, remarquer que cette dispute n'est point de saint Athanase , M. Simon en convient. Elle n'approche ni de la force ni de la sublimité de ce grand auteur; et c'est d'abord ce qui fait sentir la malignité de notre critique, qui pour nous donner l'idée de la faiblesse des arguments qu'on peut tirer de l'Ecriture contre Arius, choisit, non point saint Athanase , qui ne poussait point de coup qui ne portât, mais le faible bras d'un athlète incapable de profiter de l'avantage de sa cause. Voilà déjà un premier trait de sa malignité. Voici la suite. Et d'abord il fait dire aux deux combattants qu'ils ne se veulent appuyer que sur l'Ecriture : Moi, dit Arius, je ne dis irien qui n'y soit conforme; et moi, répond le faux Athanase , j'ai appris de l'Écriture divinement inspirée, que le Fils de Dieu est éternel^. Si donc ils ne prouvent rien par l'Ecriture , à laquelle ils se rapportent , on voit qu'ils demeureront tous deux en défaut. C'est précisément ce que AL Simon fait arriver, puisque les faisant entrer en dispute par l'Ecriture , il les fait paraître tous deux également embarrassés; en sorte qu'après avoir dit tout ce qu'ils savent de mieux, ils passent dans d'autres matières un peu éloignées'^, comme des gens, qui s'étant làlôs, sentent bien qu'ils ne peuvent se faire aucun mal. Tant il est vrai, conclut notre auteur*, qu'il est difficile de tirer des conclusions de l'Ecriture sainte, comme d'un principe clair et évident.

Tout ce jeu de M. Simon n'aboutit visiblement qu'à faire voir contre toute la théologie , qu'on ne peut rien conclure des livres divins, et que ce lieu, qui est le premier d'où l'on lire les arguments théologiques, est le plus faible de tous, puisqu'on n'avance rien par ce moyen. El quand il dit qu'il est difficile de tirer des conclusions de l'Ecriture, comme d'un principe clair et évident, ce difficile est un terme de ménagement, par lequel il se préparc une excuse contre ceux qui l'accuseraient d'affaiblir les preuves qu'on tire de l'Ecriture contre l'hérésie arienne ; mais au fond il se déclare luimême , el malgré ses précautions, on voit qu'il n'a raconté cette dispute que pour montrer qu'on ne gagne rien avec l'Ecriture contre ceux qui nient la Tri ni lé.

Ainsi , par les soins de M. Simon , les ennemis de ce mystère sont à couvert des preuves de l'Ecriture. Il a voulu faire ce plaisir aux socijiiens. J'avoue qu'il ne leur donne pas plus d'avantage sur le catholique, que le calholiciuc en a sur eux; mais M. Simon n'ignore pas, et même il étale ailleurs'' le raisonnement de ces hérétiques, qui soutiennent que pour exclure de notre créance une chose aussi

Page 1