‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 404 sur 851 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Qu'en affaiblissant les preuves de l'Ecriture sur la Trinité , M. Simon affaiblit également celles de la Tradition.

Que m. Simon ne dise pas, qu'en ôtant aux catholiques les preuves de l'Ecriture , il leur laisse celles de la Tradition; car s'il les voulait conserver, il faudrait rendre raison pourquoi l'orthodoxe ne les emploie pas. Pourquoi s'arrète-t-il à l'Ecriture, et en fait-il dépendre absolument, aussi bien que l'arien, la décision de la cause, puisqu'il succombe manifestement de ce côté-là? Que ne se sert-il de ses véritables armes, c'est-à-dire, de la Tradition, qui l'auraient rendu invincible? C'est faire que le catholique ne connaisse pas l'avantage de sa cause; et tout cela pour conclure que si l'on néglige la Tradition de part et d'autre, et que d'ailleurs on n'avance rien par l'Ecriture, à qui seule on s'en rapporte, il n'y a ni Ecriture ni Tradition qui puisse fournir de bons arguments à la doctrine de l'Eglise. Voilà donc le résultat de celte dispute, à laquelle M. Simon nous renvoie'', pour connaître « la mé- » Ihode des catholiques et des anciens ariens, dans » l'interprétation qu'ils ont donnée aux endroits du » Nouveau Testament qui regardent leur doctrine.» Sa critique tend visiblement à rendre les ariens invincibles. C'est pourquoi il conclut^, « que comme » Arius est persuadé que sa croyance est fondée sur » l'Ecriture (à laquelle les deux partis se rappor- » talent), il prétend n'être point dans l'erreur; » et M. Simon appuie sa pensée, puisque les deux partis étant convenus de décider la question par les preuves de l'Ecriture, des qu'on avouerait avec lui qu'elles ne sont pas concluantes, on obligerait le catholique à quitter la partie, et à laisser son adversaire dans une juste possession de sa croyance.

Page 1