LIVRE IL — ERREURS SUR LA TRADITION ET L'ÉCRITURE
nu nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; mais ils ne voulaient pas qu'on pût dire : Gloire soit au Père et au Fils, avec le Saint-Esprit, à cause que ce terme avec ne se trouvait pas dans l'Ecriture; comme s'il y avait de la diilerence entre la conjonction et qu'on lisait dans l'Evangile, et la préposition avec qu'on n'y lisait pas. Les Pères, qui n'oubliaient rien pour détruire jusqu'aux moindres chicanes des hérétiques , démontraient premièrement , que le fond de celte expression était dans l'Evangile; et secondement, que quand même il ne s'y trouverait pas, il ne faudrait pas moins la recevoir, à cause de la certitude des dogmes non écrits : et ces deux preuves sont le sujet du livre du Saint- Esprit, de saint Basile.
Saint Grégoire de Nysse, son frère, qui le défend contre Eunome, agit dans le même esprit et selon les mêmes principes. Saint Grégoire de Nazianze procède en tout et partout selon cette règle; et parce que les hérétiques voulaient qu'on leur lût dans l'Ecriture certains termes précis et formels , d'où ils faisaient dépendre la dispute, il démontrait à ces chicaneurs, premièrement, qu'il y en avait d'équivalents; secondement, qu'il fallait croire même ce qui n'était nullement écrit, à plus forte raison ce qui Tétait équivalemment et dans le fond, encore qu'il ne le fût pas de mot à mot.
On voit par là combien on s'oppose aux avantages de l'Eglise et à l'aulorilé des Pères, lorsqu'on affaiblit les preuves de l'Ecriture, qu'ils ont toujours regardées comme un principal fondement de leur créance, et qu'il n'y a rien de plus pernicieux que d'abuser de la Tradition pour un dessein si malin. Cela posé, voyons maintenant les démarches de M. Simon.