‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 422 sur 851 · LIVRE IL — ERREURS SUR LA TRADITION ET L'ÉCRITURE · texte numérisé non relu

LIVRE IL — ERREURS SUR LA TRADITION ET L'ÉCRITURE

en deux pages, la divinité du Saint-Esprit, d'une manière à ne laisser aucune réplique. Cela n'est pas éviter la preuve ni tout le détail, comme dit le hardi censeur de saint Grégoire de Nazianze, puisque ce Père n'oublie rien, et n'en fait pas moins valoir le texte sacré, pour n'en avoir pas cité expressément tous les endroits. Un bon critique devait sentir cette vérité , et un catholique sincère ne la devait pas taire. Mais il ne faut pas chercher dans notre auteur ceâ délicatesses de goût et de sentiment, non plus que celles de religion et de bonne foi. Au contraire, comme s'il ne s'était pas encore assez expliqué, en insinuant que Grégoire évite la difficulté, il ajoute', pour ne laisser aucun doute de sa faiblesse : qu'atant que de produire les passages qu'on lui demandait (pour prouver qu'il fallait adorer le Saint-Esprit), il se précautionne judicieusement dans la crainte qu'on ne les trouve pas concluaîits ; d'où il infère qu'il était difficile qu'il convainquît ses adversaires par la seule Ecriture. Ainsi , ce ne sont point les hérétiques , mais les catholiques qui hésitent , quand il s'agit de la preuve par l'Ecriture : leur fuite est aussi honteuse que manifeste, et la victoire de l'Eglise, sur les ennemis de la Trinité , consiste plutôt dans l'éloquence de ses rhéteurs, que dans le témoignage des livres sacrés.

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