CHAPITRE XVI
Que l'auteur, en cela semblable aux sociniens, affecte de faire les Pères plus forts en raisonnements et en éloquence , que que dans la science des Ecritures.
C'est ce que l'auteur ne nous laisse pas à deviner dans l'endroit, oi^i, commençant la critique de saint Grégoire de Nazianze , il en parle en cette manière^ : « Ce qu'on a remarqué ci-dessus du carac- » 1ère de saint Basile dans les livres qu'il a écrits » contre les hérétiques, se trouve presqu'entière- » ment dans les disputes de saint Grégoire de Na- » zianze , qui ne s'est pas tant appuyé sur des pas- )' sages de l'Ecriture , que sur la force de ses raisons » et de ses expressions ; » ce qui se termine à dire enlln qu'ii a été un grand maître dans l'art de persuader^.
C'est ce que veulent encore aujourd'hui les sociniens. Les discours des anciens Pères, selon eux, sont des discours d'éloquence, pour mieux dire des discours de déclamaleurs ; ou , comme M. Simon aime mieux les appeler, de rhéteurs , qui n'ont rien de convaincant. Saint Grégoire de Nazianze, avec son tilrede théologien, n'a eu, non plus que les autres, qu'une éloquence parleuse, destituée de force et de preuves. Ce qu'il ajoute de ce même Père*, comme pour l'excuser de ne s'être pas beaucoup appuyé sur l'Ecriture, « qu'il suppose que » ceux qui l'ont précédé avaient épuisé celte ma- » licrc, et qu'il était inutile de répéter ce qu'ils » avaient dit, » n'est après tout qu'une faible couverture de sa malignité. Car outre que nous avons vu qu'il entre en preuve quand il faut et comme il faut, il ne sert de rien de nous dire qu'il se repose sur les écrivains précédents, après qu'on a travaillé à nous faire voir que les anciens écrivains, saint Basile et saint Athanase, ou celui ([u'on fait disputer si faiblement sous son nom, après tout ne con-