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comme on verra, l'arienne cl la socinienne , peutêtre un peu déguisée, est fondée sur le texte, pendant que celle de saint Augustin, qui en ce point comme dans les autres, est celle de toute l'Ecole et des interprètes, n'est plus qu'un discours en l'air et détaché de la lettre; et tout cela s'insinue en faisant semblant de louer ces beaux principes de théologie et saint Augustin qui les débile. On n'entend partout que ces beaux mots : « Ce grand homme , » ce saint évoque, ce savant évèque, ces belles leçons )) de théologie, ces beaux principes. » Telles sont les louanges de M. Simon, semblables à celles des Juifs et des gentils, qui saluaient Notre Seigneur dans sa passion. Comme eux il salue les Pères en qualilé de prophètes, à condition d'être frappés, et les coups suivent de près la génuflexion.
Et pour montrer avec encore plus d'évidence que ces beaux principes, comme il les appelle, sont l'objet de son mépris, il ne faut que considérer ce qu'il en dit dans un autre endroit * : « Saint Au- » guslin explique dans son second livre de la Tri- » nité plusieurs passages du Nouveau Testament, » où il est parlé du Fils et du Saint-Esprit, comme )» s'ils étdient inférieurs au Père. » (Ce sont ceux où il est parlé du Fils de Dieu comme n'ayant rien de lui-même, et les autres de même nature.) Là il rapporte en abrégé les principes de saint Augustin, qui constamment sont les mômes dans ce second livre de la Trinité que dans les traités sur saint Jean; et sans qu'il soit nécessaire d'entrer ici dans le détail de ces principes, voici à quoi M. Simon les fait aboutir^ : « Il propose en même temps celte » règle qu'on doit toujours se remettre devant les » yeux, qu'il n'est pas dit en ce lieu-là que le Fils » soit inférieur au Père , mais seulement qu'il est » né de lui : ces expressions ne marquent pas son » inégalité , mais seulement son origine. » Voilà sans doute la théologie de saint Augustin expliquée en termes clairs (car l'auteur n'en manque pas quand il veut). Il faudrait donc l'approuver aussi clairement qu'il l'énonce , puisque sans elle la foi ne subsiste plus. Mais voyons ce que dira notre auteur, et apprenons de plus en plus à le connaître. Voici les paroles qui suivent incontinent après celles que nous venons de rapporter^ : « Il y a beaucoup » d'esprit et beaucoup de jugement dans ces ré- » flexions : elles donnent un grand jour à plusieurs » passages du Nouveau Testament, qui paraissent » embarrassés. » On voit ici la louange, et, pour ainsi dire, la salutation de M. Simon, et voici le coup aussitôt après : « Mais après tout, » poursuitil , « elles ne sont point capables de résoudre toutes » les diiïicultés des ariens. » Il faut que M. Simon prête la main à saint Augustin et à l'Eglise, qui jusqu'à lui, constamment se défendait de cette sorte. Je n'ai que faire d'entrer en raisonnement avec lui sur ses prétendues défenses. Un homme qui prétend défendre la foi contre l'hérésie arienne mieux que les Pères ne faisaient lorsque l'Eglise était toute en action pour la combattre, dès-là doit être suspect; et il ne faut pas aller bien loin pour trouver dans notre auteur l'arianisme à découvert. « Pour » faire voir, » dit-iT', « (\ue ce passage, ma doctrine n n'est pas ma doctrine, se peut entendre, en Jé-
1. /'. 272,273. — 2. Idem. — 3. [hid., et 27-1. — \. P. 272 et 274.