LIVRE III. — M. SIMON, ADMIRATEUR DES SOCINIENS
sus-Christ, de la nature divine, saint Augustin » rapporte pour exemple cet autre endroit de saint » Jean , où il est dit que le Père a donné la vie au » Fils; et comme cela signifie qu'il a engendré le » Fils qui est la vie , de même lorsqu'il dit qu'il a » donné la doctrine au Fils, on entend facilement » qu'il a engendré le Fils qui est la doctrine. » Voilà encore une fois la doctrine de saint Augustin bien expliquée; mais pour être plus clairement censurée par les paroles suivantes. « Cela, » dit-il', » paraît » plutôt appuyé sur un raisonnement que sur les » paroles du texte. » Ainsi, cette parole du Sauveur, le Père a donné la vie au Fils-, ou comme porte le texte, de même que le Père a la vie en lui, de même aussi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même, ne veut pas dire naturellement que le Fils reçoit la vie de son Père aussi parfaitement et aussi substantiellement que le Père môme la possède , cette explication est de l'homme plutôt que du texte sacré. Saint Augustin , et non-seulement saint Augustin , mais saint Athanase, mais saint Basile, mais saint Grégoire de Nazianze et les autres Pères de cet âge (car ils sont tous d'accord en ce point) n'ont pas dû presser les ariens par un passage si formel. Après treize cents ans M. Simon leur vient faire leur procès avec une autorité absolue, et leur apprendre que le sens qu'ils ont opposé aux ariens, n'est qu'un raisonnement humain. Jusqu'à quand ce hardi critique croira-t-il que celui qui garde Israël sommeille et dort? Jusqu'à quand croira-t-il qu'il peut débiter un arianisme tout pur, et mépriser tous les Pères, à cause qu'il mêle avec des louanges les opprobres dont il les couvre : car écoulons comme il continue^ : « On ne peut expliquer » sur le même pied le premier passage , comme le » Père a la vie en soi, il a aussi donné au Fils d'a- » voir la vie en lui-même. Il est vrai que la plupart » des commentateurs l'entendent de la divinité; » mais le sens le plus naturel est de l'entendre de )> Jésus-Christ en qualité d'envoyé. » C'est l'arrêt de M. Simon, qui en sait plus lui seul que tous les commentateurs, que saint Augustin, que tous les Pères. Mais pendant que ce téméraire critique veut mieux dire qu'eux tous, visiblement il ne dit rien. Son dénouement est que dans ces passages, il faut regarder le Fils, non pas comme Dieu ou comme homme , « mais comme l'envoyé du Père , pour an- » noncer aux hommes la nouvelle loi*. » Or, ce n'est pas là le dénouement, mais le nœud môme et la propre dinicultô qui est à résoudre, et que les Pères voulaient éclaircir. Il s'agissait, dis-je d'expliquer, non pas que Jésus-Christ fût l'envoyé de son Père, mais comment étant son envoyé, il était en même temps son égal. Les prophètes étaient envoyés, et comme Jésus-Christ était envoyé, selon la définition de M. Simon, pour annoncer aux hommes la nouvelle loi. Moïse était envoyé pour leur annoncer la loi ancienne; mais Moïse ne disait pas pour cela : Comme le Père a la vie en soi, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en soi : cl encore. Tout ce que le Père fait , le Fils le fait semblablement, et avec une égale perfection : et encore. Tout ce qui est à vous est à moi, et tout ce qui est à moi est à vous : et enfin. Moi et mon Père nous ne