‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 467 sur 851 · LIVRE III. — M SIMON, ADMIRATEUR DES SOCINIENS · texte numérisé non relu

LIVRE III. — M SIMON, ADMIRATEUR DES SOCINIENS

Voilà donc d'où nous est venu le mépris des prophélies. Fausle Socin a commencé de les afiaiblir : Episcopius leur a ôlé toute leur force, jusqu'à ne pouvoir souffrir, dit M. Simon, qu'on les fit servir de preuves : Grotius a copié Episcopius, et a tâché d'établir son sentiment par toutes ses notes, et M. Simon marche sur leurs pas.

La manière dont il répond à Episcopius découvre le fond de son cœur. Car après avoir déclaré que cet auteur ne peut soulîrir la preuve des prophéties, au lieu de confondre son impiété par quelque chose de fort, M. Simon ne lui oppose que cette faible défense ' : « Alais il semble qu'une bonne » partie de ces autorités de l'Ancien Testament pou- » valent aussi faire quelque impression sur l'esprit » des Juifs mêmes , qui n'étaient point encore con- » verlis, voyant que leurs docteurs les avaient aussi » appliquées au ISIessie. »

C'est ainsi qu'il a coutume de fortifier les arguments des sociniens, auxquels il ne répond qu'en tremblant. Il semble, dit-il, il n'en sait rien, qu'une bonne partie de ces passages , il ne dit pas même que c'est la plus grande, pouvaient faire, non pas même une forte impression , mais quelque impression. Mais peut-être qu'ils pourront faire du moins cette impression telle quelle par la force même des passages? Point du tout; c'est à cause que les docteurs juifs, en les appliquant à d'autres, les ont aussi applique's au Messie. La belle ressource pour l'Evangile! toute la force des prophéties consiste à faire peut-être quelque impression sur les Juifs, non par les paroles mêmes, mais à cause que leurs docteurs leur auront donné un double sens, dont ils en auront appliqué un au Messie, sans y être forcés par le texte ; comme si le Saint-Esprit avait craint de parler trop clairement par lui-même.

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