CHAPITRE VIII
Que si saint Chysostome avait parlé an sens que lui attribue M. Simon , ce passage aurait été relevé par les ennemis de ce Père, ou par les partisans de Mestorius, ce qui n'a jamais été.
Ceux qui n'auront pas le temps ni peut-être assez de facilité de démêler ces critiques, peuvent convaincre M. Simon par un moyen plus facile d'avoir chargé mal à propos saint Chrysoslome. Pour cela, il faut supposer que le moindre respect qu'il doive à l'autorité et au savoir de M. l'archevêque de Paris, c'est de croire que la version qu'il a approuvée est aussi bonne que la sienne; mais de là, et sans supposer rien autre chose, il est clair qu'il fallait préférer celle qui était la plus favorable à un Père d'une aussi grande considération que saint Chrysoslome , et qui l'éloignail le plus du langage et de la doctrine des nestoriens.
Et ce qui rend ce raisonnement invincible , c'est que ce Père ne fut jamais suspect de ce côté-là. Au contraire, le pape saint Célestin, dans la lettre qu'il écrivit au clergé et au peuple de Conslantinople pour réprouver les nouveautés de Neslorius^ reproche entre autres choses à cet hérésiarque, qu'il méprise la tradition de ses saints prédécesseurs, parmi lesquels il nomme saint Chrysostome comme un docteur irrépréhensible , dont la foi sur le mystère de l'Incarnation était connue par toute la terre. En eiïet, saint Cyrille, qui était le défenseur de la vérité, avait cité ce saint évêque parmi les Pères, qui par avance avaient condamné la doctrine de son successeur; et loin de lui faire parler le langage de Nestorius, il montre qu'il a parlé le langage le plus oppo.sé qu'il fut possible. Je n'ai pas besoin de rapporter ce passage, on le peut voir à la source, et je ne veux pas perdre le temps à établir un fait constant.
Nestorius lui-môme ne se vantait pas d'avoir saint Chrysostome pour défenseur, ce qu'il aurait eu d'autant plus d'intérêt de persuader à toute l'Eglise, qu'on l'accusait d'introduire dans la chaire de ce grand homme une nouvelle doctrine. Ses sectateurs savent bien nommer aussi Diodore de Tarse el Théodore de Mop.sueste, comme étant de leur sentiment; mais on ne leur a jamais entendu nommer saint Chrysostome, pas môme une seule fois.
On sait la persécution que ce grand homme a soufTerte. Ses ennemis n'ont rien épargné pour le rendre odieux i son peuple et à toute l'Eglise qui l'avait en vénération; mais on ne lui a jamais rien objecté sur la foi de l'Incarnation, ni lorsqu'on l'a déposé, ni lorsqu'on a voulu proscrire sa mémoire en effaçant .son nom des tables sacrées de l'Eglise, encore qu'on ne l'eut pas épargné sur sa doctrine [ puisqu'on lâchait de le faire passer pour origéniste. On sait jusqu'i quel point saint Cyrille d'Alexandrie entra dans cette querelle; mais encore qu'il n'igno-