‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 488 sur 851 · p. \VJ. — 2. Cane. Kphe».,part. i, r. xix · texte numérisé non relu

p. \VJ. — 2. Cane. Kphe».,part. i, r. xix

n\t pas comment il fallait parler du mystère de l'incarnation, loin d'avoir rien à reprocher sur ce sujet à saint Chrysoslome, nous avons vu au contraire qu'il l'allègue comme un témoin de la tradition de l'Eglise.

Mais il faut presser notre critique par quelque chose de plus serré. La querelle qu'il fait ici à saint Chrysoslome est d'avoir dit, comme on a vu, deux personnes en Jésus-Christ; mais pour montrer qu'on n'a seulement jamais pensé que ce Père ail parlé de cette sorte , il n'y a qu'à considérer que les disciples de Nestorius qui n'oubliaient rien pour lui trouver des partisans parmi les Pères dont l'orthodoxie n'avait jamais été suspecte, cherchèrent de tous côtés ceux qui, avant que la signification de ce mot personne fût bien fixée , avaient nommé deux personnes en Jésus-Christ. Ils trouvèrent que saint Athanase s'était servi une seule fois de celte expression, dans les vues et pour la raison qu'il faudra peut-être expliquer avant que de sortir de cette matière, et Facundus observe' que les nestoriens ont employé ce passage pour défendre leur erreur : quem locum in assertionem sui erroris assumunt. Ils n'auraient pas gardé le silence, s'ils avaient vu la même chose dans saint Chrysoslome. Facundus, qui cherchait aussi de tous côtés à justifier Théodore de Mopsuesle, el qui alléguait pour celte fin le passage de saint Athanase, s'il avait trouvé dans saint Chrysoslome quelque chose d'aussi formel, ne l'aurait pas oublié. Il n'en parle pourtant pas, et personne n'a rien relevé de semblable dans ce Père; c'est donc qu'il n'y avait rien, et que M. Simon l'accuse à tort.

Ce qui favorise celle preuve , c'est que le même Facundus nomme souvent saint Chrysoslome parmi les Pères favorables à Diodore el à Théodore; il ne cesse de répéter que Diodore avait été son maître , et Théodore son ancien ami el son condisciple, qui souvent avait mérité ses louanges. Il fait donc tout ce qu'il peut pour couvrir Théodore d'un si grand nom^. Non content de l'appuyer de cette sorte, il fouille, pour ainsi parler, dans tous les coins de saint Chrysostome pour y trouver quelque endroit dont il puisse autoriser les locutions suspectes de

I Théodore. Il repasse ses homélies sur saint Matthieu , sur saint Jean, sur saint Paul môme, et en

I particulier sur l'épîlre aux Hébreux', d'où est tiré

[ le passage dont il s'agit; mais il ne relève point ce passage, qui, selon rintcrprélation de M. Simon,

] serait sans comparaison le plus formel el le plus exprès de tous. C'est donc qu'on ne soupçonnait pas alors qu'il pût être du génie de saint Chrysostome de tenir le mauvais langage qu'on lui attribue.

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