‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 505 sur 851 · I. p. 69-1. «« luir — 2 r Ti. Idem et · texte numérisé non relu

I. p. 69-1. «« luir — 2 r Ti. Idem et

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et venant de l'ignorance d'un hébra'isme. En un mot, il ne loue jamais que pour introduire un blâme, et il conclut enfin sa critique par ces paroles : (' Au reste, il y a un je ne sais quoi qui » plaît d'abord dans les manières de saint Augustin, » et qui fait goûter ses fréquentes digressions : ses » pointes et ses antithèses ne sont point désagréa- «bles, parce qu'il les accompagne de temps en I) temps de belles leçons sur la théologie; néan- « moins ses lieux communs sont quelquefois en- 1) nuyeux. »

On voit qu'il n'y a louange, pour petite qu'elle soit, qui n'ait coiàté à notre censeur, et qu'il ne se soit arrachée lui-même par une espèce de violence , pour satisfaire à la coutume de louer les Pères. Il n'y a pas jusqu'à ces belles leçons de théologie, toutes faibles qu'elles sont selon notre auteur, puisqu'elles sont si éloignées du sens littéral, qui ne soient contrebalancées par ce petit mot, qu'elles reviennent de temps en temps et de loin en loin , et encore pour empêcher que les pointes et les antithèses de saint Augustin ne soient désagréables. Vous diriez qu'il est tout hérissé de pointes, d'antithèses, de subtilités qui ne vont à rien, tout rempli de digressions et d'allégories. C'est l'idée que prendront de saint Augustin les jeunes étudiants qui ne le liront que dans M. Simon, ou peut-être par-ci par-là dans l'original , pour faire quelques arguments. Telle est l'idée qu'on donne d'un Père, lorsque sans prendre son vrai caractère , on affecte de n'en marquer que les endroits moins exacts. Mais il importe de faire entendre que saint Augustin en lui-même est toute autre chose. Il a des digressions, mais comme tous les autres Pères , quand il est permis d'en avoir, dans les discours populaires, jamais dans les traités où il faut serrer le discours, ni contre les hérétiques. Il a des allégories comme tous les Pères, selon le goût de son siècle, qu'on a peutêtre poussé trop avant; mais qui dans le fond était venu des apôtres et de leurs disciples. Les pointes, les antithèses, les rimes même, qui étaient encore du goût de son temps , sont venues tard dans ses discours. Erasme, qui sans doute ne le flatte guère, cite les premiers écrits de saint Augustin comme des modèles , et remarque qu'il a depuis affaibli son style, pour s'accommoder à la coutume et suivre le goùl de ceux à qui il voulait profiler. Mais après tout, que ces minuties sont peu dignes d'être relevées? Un savant homme de nos jours, dit souvent qu'en lisant saint Augustin, on n'a pas le temps de s'appliquer aux paroles, tant on est saisi par la grandeur, par la suite, par la profondeur des pensées. En effet, le fond de saint Augustin c'est d'être nourri de l'Ecriture, d'en tirer l'esprit, d'en prendre, comme on a vu , les plus hauts principes , de les manier en maître , et avec la diversité convenable. Après cela qu'il ail ses défauts, comme le soleil a ses taches, je ne daignerais ni les avouer, ni les nier, ni les excuser ou les défendre. Tout ce que je sais certainement, c'est que quiconque saura pénétrer sa théologie aussi solide que sublime, gagné par le fond des choses et par l'impression de la vérité, n'aura que du mépris ou de la pitié pour les critiques de nos jours, qui sans goût et sans sentiment pour les grandes choses, ou prévenus de mauvais principes, semblent vouloir se faire hon-

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